Penguin Bloom : Impossible de voler

Australie et États-Unis, 2020
Note : ★★★

Dans ce drame australien bien senti, le réalisateur Glendyn Ivin raconte l’histoire vraie de la famille Bloom. Une histoire touchante, surtout parce que vécue, mais qui ne lève jamais véritablement, et ce, même si elle se laisse bien regarder. Un film sur la persévérance par la zoothérapie accidentelle.

En vacances familiales en Thaïlande, Sam Bloom (Naomi Watts) chute du balcon de l’hôtel alors qu’elle joue avec son fils. L’accident laissera la mère de famille paralysée dans le bas du corps. De retour à la maison, l’adaptation est difficile, Sam s’isolant dans sa nouvelle condition. Elle est forcée hors de son apitoiement lorsque son fils trouve et prend soin d’une pie blessée. La matriarche doit alors s’occuper de l’oiseau de jour alors que son mari (Andrew Lincoln) est au travail et ses trois fils à l’école. La relation avec la pie baptisée Penguin à cause de son plumage noir et blanc donnera une nouvelle perspective sur sa condition, l’oiseau forçant Sam à sortir de son isolement.

La réalisation de Ivin est appropriée mais pas particulièrement inspirée. La musique très présente peut agacer. La facture visuelle est léchée avec des couleurs chaudes pour rendre la maison chaleureuse, chaleur qui fait le contrepoids de l’attitude négative, voire autodestructrice, de Sam. 

Le film fonctionne pour deux principales raisons : la performance de Watts et le fait qu’il s’agit d’une histoire vécue qui soutire la sympathie du spectateur. D’autant plus que le père de la famille Bloom, Cameron, est un photographe professionnel, il a donc documenté la présence de Penguin dans leur nid familial. Magnifiques photos qui garnissent le générique. Si le film n’est pas particulièrement original, il n’empêche qu’il est efficace, réussissant à faire vivre des émotions à son spectateur. La combinaison de la situation dans laquelle se trouve la protagoniste principale qui appelle à la sympathie et l’incapacité de ses enfants à l’aider, crée des situations dramatiques efficaces. Comme toute histoire où une épreuve doit être surmontée, les victoires sont inspirantes et célébrées. C’est le cas dans cette histoire d’amitié entre deux blessés; pour Sam sa passion du kayak et pour Penguin son retour au vol (scène la plus réussie du film). La courbe narrative est prévisible, mais Penguin Bloom ne s’en cache pas, le film ne prétend pas être autre chose que ce qu’il est.

Andrew Lincoln apporte suffisamment d’intensité à son rôle de soutien. Jacki Weaver n’a pas assez de scènes pour se démarquer comme nous savons qu’elle peut le faire (voir Animal Kingdom, Silver Linings Playbook, Stoker). Chez les enfants, seul Griffin Murray-Johnston tire son épingle du jeu, ayant plus de matériel dramatique avec lequel jouer; de la culpabilité à sa sensibilité mise de l’avant. D’autant plus impressionnant qu’il s’agit de son premier rôle.

Penguin Bloom n’est pas un échec, c’est un film prévisible mais émotif sur une histoire qui peut inspirer, à condition de se laisser emporter sans trop chercher l’originalité. Un drame convenu, pour une histoire sympathique où l’on s’accroche à Naomi Watts qui est rarement mauvaise. Un film à voir ou non, pour ce qu’il est.

 

Bande-annonce originale :

Durée : 1h35

 

Disponible sur Netflix à partir du 27 janvier 2021

Crédits photos : Village Roadshow, Made Up Stories et Broadtalk

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