Page d'accueil FILMS Au Québec Paterson : La poésie du quotidien [Critique de film]

Paterson : La poésie du quotidien [Critique de film]

Paterson : La poésie du quotidien [Critique de film] 4.0
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Note de l'auteur
Malgré son récit on ne peut plus banal, le film est très original.
NOTE DU LECTEUR

À mille lieues du cinéma américain habituel, bruyant et rocambolesque, se trouve la nouvelle offrande du vénéré cinéaste indépendant Jim Jarmusch, Paterson. Un film anti-spectaculaire empreint de grâce, d’une infinie tendresse.

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Ce grand petit film… ou petit grand film raconte l’histoire d’un homme nommé Paterson qui travaille comme chauffeur d’autobus dans une petite ville ouvrière du New-Jersey, elle aussi nommée Paterson, et écrit de la poésie. Paterson est un homme qui se plaît dans son quotidien. Jarmusch le filme sur une durée de sept jours, d’un lundi à l’autre, alors qu’il se lève dans le même lit à chaque matin, va travailler, écrit de la poésie, discute avec sa femme, promène son chien et prend une bière au bar du coin. Rien de très extraordinaire. Et pourtant…

Crédit photo: Vox

Malgré son récit on ne peut plus banal, le film est très original. Un petit je-ne-sais-quoi, une certaine magie se dégage de l’œuvre. Son style épuré et sa modestie créent une ambiance de tranquillité réconfortante. On se laisse bercer, doucement, sur une rivière calme, sans intempérie, et on se sent bien.

Le film baigne dans la poésie, autant grâce aux images, parsemées de petites trouvailles intéressantes, toutes en finesse, que grâce aux mots, simples mais toujours évocateurs. Jarmusch propose une magnifique réflexion sur la beauté du monde qui nous entoure. Jour après jour, le personnage de Paterson écoute et observe les gens et les situations qui l’entourent et, avec une grande sensibilité, y puise l’inspiration pour sa poésie, même dans les gestes et les propos les plus banals. Et le film va habilement transmettre cette poésie aux spectateurs. Le quotidien dans toute sa beauté, sans aucun jugement.

Paterson est un film rempli d’amour. Gracieux, doux et tendre, il est également ponctué de nombreuses touches d’humour franchement drôles. C’est le remède idéal au brouhaha du monde moderne. Bravo monsieur Jarmusch, cette nouvelle œuvre peut être classée très haut dans votre répertoire déjà impressionnant.

Paterson sera en salles à compter du 3 mars au Cinéma du Parc.

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Jules Couturier Entre Jules Couturier et le septième art, c’est une histoire qui dure depuis toujours. Du plus loin qu’il se rappelle, le cinéma l’a toujours fasciné. La critique de cinéma est un prolongement de son discours intérieur. Ouvert à différents genres, il a toutefois une préférence pour les œuvres présentant des personnages issus de cultures marginales, rebelles, des personnages en transformation, confrontés à des expériences initiatiques, animés d’une révolte ou d’un désir de dépassement. Il est adepte d’un cinéma de l’espoir, pourrait-on dire, qui enrichit la réflexion sur la condition humaine sans sacrifier pour autant au plaisir ou au divertissement. Il complète actuellement des études universitaires en écriture de scénario et en création littéraire. Objectif : entretenir sa flamme pour le cinéma.

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