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Noces : Lina El Arabi, révélation dans un film choc et engagé [critique de film]

Noces : Lina El Arabi, révélation dans un film choc et engagé [critique de film] 4.0
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Note de l'auteur
Une étude familiale conflictuelle et de subjugation religieuse habilement maîtrisée, Noces suit une jeune fille pakistanaise vivant en Belgique qui est contrainte à un mariage arrangé par ses parents profondément traditionnels.
NOTE DU LECTEUR

Le réalisateur belge, Stephan Streker (Michael Blancole monde nous appartient), a été inspiré par de véritables événements avec Noces, l’histoire d’une famille pakistanaise déchirée par le désir de leur fille de se libérer de leur emprise.

 

À lire également: Noces: qui est Lina El Arabi, la vedette du film de Stephan Streker? et Entretien avec Stephan Streker

 

Avec une superbe distribution internationale qui inclut la nouvelle venue de Lina El Arabi, Sébastien Houbani (Geronimo) comme son frère aîné et l’acteur iranien Babak Karimi (Une Séparation, Le Client) en tant que père aveuglé par ses propres convictions orthodoxes, ce drame percutant a déjà reçu plusieurs prix en France, incluant des premières internationales à Toronto et à Rome.

Zahira (El Arabi) est une étudiante collégiale plutôt pugnace qui habite avec ses parents musulmans pakistanais (Karimi et Neena Kulkarni) et son frère, Amir (Houbani), dans un quartier calme de banlieue en Belgique. Comme la plupart des filles de son âge, pareillement pour sa meilleure amie d’enfance, Aurora (Alice de Lencquesaing), elle veut pouvoir faire ses propres choix dans la vie, y compris les garçons et ce qu’elle peut éventuellement faire comme carrière.

Noces - cinemaniak.net

Crédit photo: K-films Amérique

Lina El Arabi, un premier rôle inoubliable avec Noces

Mais le père et la mère de Zahira ont d’autres plans pour elle, lui offrant la seule option de choisir entre trois candidats possibles pour un mariage arrangé dans leur Pakistan natal. Le prétendant (Harmandeep Palminder) semble un garçon assez gentil, mais l’idée du mariage est loin dans l’esprit de Zahira, surtout après qu’elle tombe sous le charme d’un jeune mécanicien (Zacharie Chasseriaud) qui lui offre une sortie de secours.

Situé dans les limites de l’appartement de Zahira et l’épicerie modeste de son père, Noces devient de plus en plus claustrophobe alors que les options de l’héroïne commencent à s’épuiser. Le sentiment accablant de l’oppression familiale rappelle l’œuvre de Joachim Lafosse, en particulier son drame déchirant À perdre la raison (2012), qui a également traité d’une jeune femme écrasée par un patriarche implacable.

La différence est que, dans la représentation de Streker, le père de Zahira, Mansoor, montre qu’il est un homme bienveillant, mais qui ne peut échapper au poids des traditions profondément enracinées, et est prêt à tout perdre pour prouver que ses croyances n’ont pas été contrariées par la vie en Europe. La scène où Mansoor confronte André (Olivier Gourmet), le père d’Aurora et un ami de longue date de la famille, est parmi les meilleurs du film, avec Karimi canalisant à la fois l’entêtement et le désespoir d’un père qui refuse de laisser sa fille glisser entre ses mains, moins par amour que par orgueil.

Noces - cinemaniak.net

Crédit photo: K-films Amérique

El Arabi et Houbani sont également excellents en tant que frères et sœurs dont la relation devient sévèrement tendue par la décision de Zahira de s’éloigner de sa famille, surtout lorsque Amir, dévoué et troublé, est obligé de prendre les choses en mains quand son père souffre d’un malaise cardiaque. Grâce à l’intelligence de son réalisateur, Streker établit un drame crédible et pertinent, avec une atmosphère oppressante qui atteint son point d’ébullition quand Zahira décide finalement de se tenir debout.

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Justin Charbonneau Depuis son voyage en France où il a vécu l’expérience de sa vie au Festival de Cannes en 2012, Justin Charbonneau se passionne pour la diversité du septième art. Suite à cet événement enrichissant, il complète un Baccalauréat en études cinématographiques à l’Université de Montréal. Puis, à l’été 2015, il se joint à l’équipe de Cinémaniak à titre de chroniqueur régulier.

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