MIDSOMMAR : LUMIÈRE EXTRÊME

États-Unis, 2019
Note: ★★★★

Avec Midsommar, son second film, Ari Aster propose une toute autre exploration du genre de l’horreur. Si visuellement Hereditary (premier long métrage, 2018) et Midsommar n’ont pas de véritable connexion, Aster semble poursuivre son exploration de la maladie mentale comme thématique. Une œuvre unique qu’il est nécessaire de déchiffrer et démystifier.

Une scène de Midsommar | Crédit : A24

Dani (l’actrice anglaise Florence Pugh), jeune Américaine dans la vingtaine, subit un traumatisme; sa sœur bipolaire assassine ses parents tout juste avant de se suicider. En couple avec Christian (interprété par Jack Reynor), la protagoniste tentera de s’en remettre, mais la chose s’avérera difficile. Le couple, ainsi que quelques collègues étudiants d’université en anthropologie de Christian (Josh interprété par William Jackson Harper, Mark interprété par Will Poulter et Pelle interprété par Vilhelm Blomgren), iront en voyage en Suède pour les festivités du Midsommar, célébration du solstice d’été (ici la Saint-Jean-Baptiste pour les chrétiens). Dans cette communauté éloignée des grandes villes dont Pelle est membre depuis sa naissance, les événements et rituels prendront une tournure extrême.

Florence Pugh, Vilhelm Blomgren et Jack Reynor dans Midsommar | Crédit : A24

Midsommar n’est pas un film d’horreur classique en ce sens qu’il ne joue pas particulièrement sur la tension, le noir, les sursauts et l’inconnu. Le film joue plutôt sur l’absurdité des situations, l’incompréhension, l’inconfort et l’installation d’une ambiance en décalage avec ce qui est jugé normal. Le tout dans une lumière extrêmement présente, frôlant la surexposition. Cela dit, le film en est bel et bien un d’horreur, respectant les règles du genre cinématographique : un groupe de jeunes dans un lieu isolé font face à une menace.

Josh (William Jackson Harper), Mark (Will Poulter), Dani (Florence Pugh) et Christian (Jack Reynor) | Crédit : A24

Points de vue

L’enjeu dramatique de Hereditary résidait dans la transmission familiale de la maladie mentale du côté maternelle. Si dans ce premier film la jeune fille semblait être l’élue, un revirement de situation en décidera tout autrement. Le premier film de Ari Aster est familial puisqu’il met en scène les relations non seulement d’une famille nucléaire (parents et deux enfants) mais également élargie à travers la grand-mère maternelle. Ce sont leurs relations qui nourrissent le film, la menace provenant de leur lien de sang. L’affiche sous-entendait d’ailleurs cette filiation mère-fille (voir plus bas). Midsommar, comme le suggère différemment l’affiche (voir plus bas), est un film davantage subjectif et personnel en ceci qu’il se concentre principalement sur un unique point de vue: celui de Dani. Dani est centrale de la première scène au plan final, les autres sont relégués au second plan.

Affiches de Hereditary (2018) et Midsommar (2019) | Crédits : A24

Et le réalisateur met toute la lumière sur cette subjectivité, épousant les états émotionnels de sa protagoniste. La lumière y est centrale. Elle révèle tout, même et surtout, l’irrationnel. Midsommar aborde la maladie mentale, mais le fait du point de vue d’un personnage qui vit avec cette maladie plutôt que de celui de quelqu’un qui ignore complètement sa situation. Là où Peter (le fils dans Hereditary) était dans un noir perpétuel quant à la condition mentale de sa mère et donc à la possibilité de sa condition, Dani se trouve en présence perpétuelle des troubles mentaux. Peter ne savait pas ce dont il pouvait souffrir, le film était alors plongé dans la pénombre. La menace est davantage insidieuse. Dani, en revanche, se trouve dans une toute autre réalité puisqu’elle est baignée dans le trouble mental: sa sœur est bipolaire, elle-même est obsessive (voir la conversation sur sa relation avec Christian qu’elle a avec une amie au téléphone) et fait une thérapie. Tous ces indices ne sont pas nécessairement tributaires de sa condition, seulement, elle est sensible et familière à ce genre de problématiques.

Tout comme le meurtre involontaire par Peter de sa sœur dans Hereditary est un traumatisme qui déclenchera sa descente vers les méandres de la maladie mentale familiale, c’est le traumatisme qui déclenchera la descente ou prise de conscience de Dani. Ce traumatisme est bien sûr la mort de ses parents et de sa sœur. Aster se dissocie ici de son précédent film tout en conservant la même thématique, seul le point de vue change. Et pour changer ce point de vue, il campe son film sous les rayons d’une lumière paroxystique: le solstice d’été. Rien n’est caché, tout est à la lumière du jour. Les premières scènes de Midsommar sont les plus sombres du film. Plans aériens de l’hiver du Nord américain, intérieurs tamisés. Une fois en Suède, la lumière ne quittera pas les pupilles des spectateurs.

Christian (Jack Raynor) et Dani (Florence Pugh) dans une des premières scènes de Midsommar | Crédit : A24

Arrivée progressive, réalisation progressive

La route depuis Stockholm vers cette communauté isolée est principalement montrée par des plans surélevés, voire aériens. La caméra effectuera même une rotation sur elle-même pour nous montrer un long plan inversé de la route, pour se rétablir à l’apparition d’une bannière annonçant les festivités. Un changement de perspective et de vision sont évidemment mis de l’avant. Suivra un plan aérien du chemin vers la forêt, premier lieu avant le petit village.

Plan inversé dans Midsommar | Crédit : A24/Bande-annonce

Même si ce n’est pas nécessairement une référence exacte, ce plan, avec la thématique de cette descente dans la maladie mentale, rappelle les plans aériens de The Shining (1980), célèbre film de Stanley Kubrick. Le titre original anglais fait également référence à la lumière (shining signifie brillance). Autre lien avec ce film, le prénom du fils de Jack Torrance (interprété par Jack Nicholson) se prénomme Danny (interprété par Danny Lloyd). Plutôt qu’un hôtel et l’isolation, Dani se trouve dans un village au sein d’une communauté. Comme peuvent le suggérer les plans inversés de la route, il s’agit d’une autre société, d’une autre réalité. Cette réalisation sera progressive : la consommation d’une première substance, le premier repas commun, le rituel de sacrifice volontaire de deux membres, les premières disparitions.

Un des rituels pendant les célébrations | Crédit : A24

Lors de la première consommation de champignons dans un champ avant l’entrée du village (l’arrivée au village est progressive), Dani, sous influence, ira se réfugier dans une toilette isolée. Une fois dans le noir, une jeune femme muselée apparaîtra dans le miroir, subtil, mais inquiétant. Il s’agit d’un sursaut facile (easy scare pour utiliser le terme anglophone) en apparence inutile, mais il s’agit du premier instant sombre depuis son arrivée en terre scandinave.

Apparition dans l’obscurité | Crédit : A24/Bande-annonce

Au moment où l’obscurité apparaît, elle est menacée. Pour Dani, la menace vient de l’absence de clarté, l’absence de lumière. Chacun des moments où son équilibre mental vacille se déroulent dans l’obscurité (avec comme sommet ce cauchemar où tous ses amis l’abandonnent au village). Après cette première expérience avec des hallucinogènes, le groupe se déplacera vers le village où ils seront introduits aux différents membres.

Première scène de consommation d’hallucinogènes dans Midsommar | Crédit : A24

Dans la communauté

Dani se trouve dans à une constante distance des autres personnages lorsqu’elle est dans la société régulière (la nôtre). Elle parle au téléphone, communique par courriel ou encore laisse des messages sur une boîte vocale. Au sein de la communauté, il y a une proximité principalement physique; les gens se font des accolades, s’embrassent, se touchent les uns les autres lorsqu’ils se saluent. Les membres de la communauté toucheront surtout Dani (bises, main sur l’épaule) alors qu’ils n’agiront pas de cette façon avec les autres visiteurs étrangers invités par Pelle que sont Christian, Mark, Josh ou encore Connie (interprétée par Ellora Torchia) ou Simon (interprété par Archie Madekwe) deux londoniens invités par un autre membre. La division entre les étrangers et les membres de la communauté se traduit visuellement par les costumes choisis par le réalisateur. Les vêtements sont plus sombres chez les Américains et les Anglais alors que tous les membres de la communauté suédoise sont vêtus de tuniques blanches à l’exception du couple d’aînés. Dani évolue pour sa part dans ses couleurs, débutant avec des t-shirts beige vers une camisole sombre et une veste très pâle la couvrant. Elle se situe alors à ce moment entre les deux états, entre les deux réalités.

Les quatre Américains vêtus de couleurs plus foncées pendant le premier repas avec la communauté | Crédit : A24

Les indices de la thématique de la maladie mentale ne reposent pas que sur Hereditary et une référence minimale à The Shining. La consommation récurrente de substances vise toujours à modifier la réalité des personnages. Elle est transformée. Souvent, les maladies mentales s’expriment par des divergences dans les perceptions de la réalité. S’opposent alors une réalité admise, ne plus « neutre », plus stable à celle plus extravagante du malade. Midsommar jette constamment la lumière sur ces subjectivités hors de la perception « normale ».

Un exemple de réalité modifiée dans Midsommar | Crédit : A24/Bande-annonce

Tout comme dans les films d’horreur, le film a son lot de disparitions et de morts. Les londoniens, Josh et Mark ne pourront y échapper. La tête est une récurrence inquiétante puisque toutes les morts qui sont données à voir au spectateur se produisent principalement par un coup à la tête (ou une  altération du visage), à l’exception de la scène finale de sacrifice au bûcher. La tête et le feu sont également deux symboliques qui relient Hereditary (la mort de la sœur et celle du père) à Midsommar.

Un autre exemple de rituel dans Midsommar | Crédit : A24

C’est au plein cœur de cette communauté que la « vraie » nature de chacun sera révélée, révélée parce qu’ils se trouvent tous désormais dans un contexte entièrement différent de leurs réalités respectives. Et cela devient évident dès les sacrifices volontaires de deux aînés. Aucun camouflage n’est ici possible pour les Américains. Dani trouve les siens ou du moins ceux qui lui permettent de voir qu’une autre réalité est possible. Christian trahit Dani et copie le sujet de thèse de Josh démontrant, tout comme au début du film, son incapacité à décider et à agir (il était incapable de laisser Dani dès la seconde scène et n’avait toujours pas choisi de sujet de thèse). Josh, présent pour accumuler des données pour sa thèse, fera tout pour sa démarche académique y compris ce qu’on lui interdit. Mark se révèle n’être qu’intéressé par la sexualité en plus d’être le bouffon du groupe. Pour sa part, Pelle, qui jongle bien entre les deux réalités, se dévoilera être celui qui a le plus d’intérêt et d’empathie envers Dani étant attentif à ses besoins.

Mark (Will Poulter) dans Midsommar | Crédit : A24

Si l’appartenance à cette communauté est la métaphore d’une condition avec des troubles mentaux, les personnages agissent différemment relativement à cette condition. Dani embrasse progressivement cette nouvelle réalité, ce qui serait sa condition. Josh porte quant à lui un regard anthropologique sur les rituels et les membres de la communauté. Malgré leur gravité et leurs conséquences extrêmes, il fait preuve de fascination morbide envers cette culture (il se fera expliquer la littérature, les rituels en détails). Mark quant à lui ne fait preuve d’aucun respect pour ces traditions, urinant entre autres sur l’arbre ancestral de la communauté. Même s’il a un malaise à y être, à la première occasion de sexualité avec une jeune femme se présentant, il passera outre ses réticences ; il ne considère alors que son propre plaisir. Christian, dans son incapacité à laisser Dani, s’entêtera à s’intéresser à la communauté, non pas par curiosité morbide comme Josh, mais parce qu’il s’y trouve. Il fait preuve de peu d’initiative et de paresse. Il trouvera une certaine valorisation de la part de la communauté dans cette nonchalance.

Dani (Florence Pugh) pendant la cérémonie de l’élection de la reine du Midsommar | Crédit : A24

Pendant tous ces événements, aucune de ces personnes ne portera de vêtements clairs ou de tuniques blanches, habits traditionnels de la communauté. Seule Dani, somme toute passive tout au long des quelques jours au sein de la communauté, portera une tunique pour participer à la cérémonie de l’élection de la reine du Midsommar, compétition qu’elle remportera.

Un autre exemple de rituel autour du mât de fleurs | Crédit : A24

Métaphore de la secte

Ari Aster utilise la perception absurde que la société actuelle a des mythes païens et/ou des sectes pour mettre en images (ou devrais-je dire pour incarner narrativement) cette absurdité, cette incompréhension et ultimement cette aliénation qu’une personne qui souffre d’une maladie mentale ou de troubles mentaux peut provoquer aux personnes de son entourage. Dans le cas de Midsommar, comme il s’agit d’une subjectivité, en l’occurrence celle de Dani, le film met en images sa réalité, sa perspective. Pour le spectateur, conscient de la réalité (du moins la nôtre), la subjectivité imagée de Dani (on pense ici à la symbolique de l’ours et de Christian) nous paraît d’une extrême absurdité. Le rituel du Midsommar n’est qu’une métaphore pour transmettre au spectateur les émotions de Dani puisque nous nous trouvons dans SA subjectivité, du début à la fin. Parce qu’au final, la tradition du Midsommar n’est en fait que la Saint-Jean-Baptiste où les célébrations se font par des feux de joie et la levée d’un mât fleuris. En déformant une tradition existant depuis des siècles, le cinéaste est conséquent de son sujet des troubles mentaux : il nous montre une réalité modifiée.

Dani (Florence Pugh) est témoin d’un évènement perturbant | Crédit : A24

Trahison

Avant de découvrir l’acte de trahison de Christian, Dani se dirigera vers la caméra qui se situe où Christian commet son geste. En se tournant vers ce lieu, Dani le fera avec un quasi regard caméra, interpellant le spectateur. Geste lourd de signification en ce moment charnière. Pourquoi charnière? Parce que Christian est la dernière personne étrangère à cette communauté, appartenant à son ancienne réalité, qui se trouve toujours dans l’ombre en ce qui concerne ce qu’elle est. Christian est le dernier qu’elle ne s’est métaphoriquement pas aliéné, les autres ayant tous disparus. Ce geste qu’il commet marque la fin d’appartenance à la réalité extérieure à la communauté pour Dani. Dans ce geste, Christian aliénera Dani. Ce faisant, il démontre qu’il peut accepter l’autre, être charmé par l’autre alors que Dani, sous le soleil d’été, reine d’entre toutes, est invisible à ses yeux. Plus la lumière est forte dans Midsommar et plus Christian s’éloigne de Dani. Il passera du réconfort à l’invitation au voyage à une certaine préoccupation (il ne veut pas prendre de champignons sans Dani) à l’oubli de son anniversaire à l’obsession sur sa thèse plutôt que d’écouter les préoccupations de sa copine jusqu’à ce geste de trahison. Ce geste changera quelque chose en Dani, provoquera une forte réaction.

Une scène perturbante de solidarité dans Midsommar | Crédit : A24

Ari Aster met souvent l’accent sur la respiration de ses personnages. Ces éléments, surtout sonores, nourrissent ce sentiment d’angoisse qu’il ne peut plus ici transmettre par l’inconnu qu’apporte l’obscurité. À travers deux scènes douces amères, aux limites de l’insupportable, Aster souligne l’évolution de Dani. Dans ces deux moments, elle est en crise d’angoisse extrême : cris, pleurs, respiration violente. Dans les deux cas, elle n’est pas seule. La première se produit à la suite de la mort de sa famille, elle est en état de choc dans les bras de Christian qui la tient en silence. La caméra sortira alors par la fenêtre pour quitter la pièce. La seconde scène se produit à la suite de l’acte de trahison de Christian. Au moment de sa réaction d’angoisse extrême (métaphoriquement elle vient de perdre sa dernière attache à l’autre réalité, à un premier degré elle comprend que son couple est terminé), les autres jeunes femmes de la communauté l’entoureront et produiront les mêmes cris et respirations qu’elle. Deux moments d’angoisse, tant pour la protagoniste que pour le spectateur, deux conditions entièrement différentes. L’une où elle est en quelques sorte seule (nous venons d’apprendre que Christian voulait la laisser), l’autre où il y a une solidarité (somme toute irrationnelle). Dani n’arrive à voir sa réalité que parce qu’elle est parmi « les siens », à l’extérieur de la société normative (la nôtre, celle de Christian). Tant qu’elle vit dans notre société, elle sera inapte à vivre sa réalité.

Les dessins à l’intérieur de la bâtisse où les 18-36 ans dorment au sein de la communauté | Crédit : A24

Un film de détails

Midsommar comporte une grande quantité de détails qui peuvent paraître insignifiants ou purement esthétiques, mais tout semble bien calculé par le scénariste-réalisateur et son équipe. Ainsi, un dessin sur lequel une jeune fille avec une couronne regarde front collé un ours est affiché dans l’appartement au début du film, cette image fait directement référence à la fin de la relation entre Dani (la reine) et Christian (l’ours) qui se produit lors de la dernière scène. La couleur des breuvages et des vêtements ou encore les jeux lors des festivités (tel «Skin the fool») sont des indices sur le sort réservé à certains personnages. Les deux films The Wicker Man (l’original de Robin Hardy en 1973 et le remake de Neil LaBute en 2006 avec Nicolas Cage) sont clairement cités par la scène finale, les deux pour le bûcher et le second pour l’ours. L’original The Wicker Man demeure LA référence en ce qui à trait à l’horreur folklorique. Le folklore est omniprésent dans le film à travers, certes les cérémonies, mais surtout par les dessins à l’intérieur des maisons ainsi que les runes brodées sur les tuniques. Les dessins, tout comme les modèles miniatures dans Hereditary, sont autant d’illustrations des événements qui se dérouleront tout au long du film.

Le film a également entretient aussi un rapport obsessif avec le chiffre 9. Il y a neuf sacrifices. La cérémonie, sous cette forme, se produit tous les 90 ans. La vie des êtres humains, selon leurs croyances, est divisée en quatre saisons de 18 ans, facteur de 9. Ces différentes délimitations des saisons totalisent 9 chiffres : 0-18-36-54-72 (0-1-2-3-4-5-6-7-8). Sans oublier le cœur de tous ces chiffres : le solstice d’été qui se produit tous les 21 du sixième mois (21/06, 2+1+6).

 

Midsommar est aussi l’histoire d’une séparation (comme le réalisateur l’a répété à chacune des entrevues effectuées pendant la période de promotion précédant la sortie), mais le film est bien plus. Ne serait-ce que pour cette richesse symbolique et/ou métaphorique, Midsommar est une œuvre assurée de vous interpeller, positivement ou négativement. Aster prouve par là, qu’il est une, sinon la, nouvelle voix du cinéma d’horreur.

Bande-annonce en version originale anglaise :

Durée : 2h27m

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