Marius et Fanny

Raimu est mort depuis 1963, Pagnol, depuis 1974. Daniel Auteuil, vêtu d’un costume ridicule et d’un faux-ventre coussiné, vient de cracher sur leurs tombes. ♣

Le deuxième volet de la trilogie, César,verra malheureusement le jour en 2014, se termine par le plus beau plan des deux films: César et Marius marchent vers la gare, sur le sommet l’établissement un drapeau français en berne. En berne, pleurant la deuxième mort d’un génie de la francophonie, Pagnol; Auteuil lui fait l’ultime injure en réadaptant son chef-d’œuvre à l’écran.  Daniel Auteuil avait, en 2011, réalisé La fille du Puisatier, un remake du film que Pagnol lui-même avait réalisé en 1940; déjà il avait commencé la dénaturalisation de l’œuvre du célèbre aubagnais. En 2011, on pouvait pardonner les maladresses de la première réalisation, mais aujourd’hui, on ne tient plus.

Auteil est assommé sous le poids du texte, il ne fait qu’une bête mise en image des dialogues, sans donné aucune direction à ses acteurs, croyant que quelques plans de la méditerranée et quelques autres sur des bateaux et accompagné par La Mer de Charles Trenet seraient suffisant pour créer une ambiance. Les moments qui devraient être dramatiques ou poignants sont plats et tournent vite au ridicule, heureusement que la musique d’Alexandre Desplat, l’un des plus formidables compositeurs de musique de films en activité, vient parfois sauver la mise.

Raimu, le plus grand acteur de tous les temps selon Orson Welles, avait créé César au cinéma, le personnage centrale de la trilogie marseillaise. Lorsque Charles Boyer repris le rôle pour Fanny en 1962, la version réalisé par Joshua Logan, réalisateur américain sous-estimé qui réalisa deux des plus beaux films américains des années 50 [Bus Stop et Picnic], il réussit à réinventer la proposition raimuienne. Chose qu’Auteil n’a pas réussit à faire, devenant un pastiche ridicule de l’acteur français.

Un conseil d’ami, ne perdez pas votre temps avec cette objet filmique indigeste, réécoutez plutôt les originaux. Dans ceux-là, il y a plus inventivités, plus de fluidités que dans les présentes versions. L’historien du cinéma Patrick Brion trouve dans les originaux, avec les décors naturels et le son direct, une ligne directrice qui mènera au néoréalisme Italien. Le version d’Auteil  ne mène nul part, sauf vers la certitude que lorsque qu’il est bien dirigé, Daniel Auteil est un acteur plutôt talentueux, mais que comme réalisateur, il devrait s’abstenir.

Laurent

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