Marche avec moi

Marche avec moi, et essayons d’être synchro! ♥♥½

Marche avec moi est le premier long métrage de fiction de Laurence Ly, un réalisateur québécois d’origine cambodgienne. Tourné en 2011 pendant 5 semaines, ce film se termine quatre ans plus tard dû à certains problèmes de son. Obligé de refaire toute la bande sonore du film en post-synchro, certains comédiens comme Shahriar El Kosht, d’Argentine, avouent après la projections du film lundi aux RVCQ qu’ils ont trouvé l’expérience plutôt difficile. Malgré tout, ils semblaient très heureux, après ces quatre années d’attente, de découvrir enfin le film sur grand écran.

 

Marche avec moi raconte l’histoire d’une jeune fille de 12 ans, Clara, qui décide de ne pas aller au camps de jour cette année mais plutôt, de vagabonder dans la rues du quartier Saint-Henri. Un matin, elle fait la rencontre d’un jeune homme de 29 ans au « drôle d’accent » qui cherche la maison décrite dans le livre Bonheur d’occasion de Gabrielle Roy. Extrêmement attachante, cette jeune Clara réussit à percer la ferme coquille du jeune homme pour le convaincre de chercher la maison avec lui. Plusieurs jours durant, ils parcourrons les rues de la ville à la recherche de cette maison, symbolique, où il développeront une amitié aussi improbable que sincère.

 

Autoproduit par Laurence Ly, le film propose une belle histoire douce et poétique, lente et contemplative, dans laquelle l’ellipse ainsi que le hors-champ sont brillamment utilisés. Malgré la douceur du scénario et des personnages, le film n’arrive pas à crée chez le spectateur un désir fort de voir ou d’en connaître davantage sur cette maison qu’ils recherchent. Le personnage interprété par Shahriar devient sympathique à nos yeux avec le temps, mais il n’est pas assez fort pour soutenir le projet. À la limite, il est plus ou moins intéressant. C’est plutôt la jeune Clara, interprété par Claude Larivée, qui retire toute l’attention. Avec son physique élancé, sa gestuelle enfantine et sa vitalité, elle réussit presque à nous faire oublié son manque d’expérience, observable par ses intonations de jeu. D’ailleurs, la postsynchronisation s’avère plutôt pénible. Elle n’est pas toujours précise et n’est pas non plus discrète, on la sent énormément.

 

Bref, malgré ces voix quelque fois irritantes, la musique nous offre quelque chose d’assez intéressant. Ponctué d’un leitmotiv musical au piano, le film s’avère une sorte de valse maladroite mais charmante. Par ailleurs, les inégalités de la direction photo nous font souvent sortir de l’histoire du film. Parfois superbe et juste, souvent insuffisante ou trop contrastée, l’image offerte par le directeur photo Guy-Carl Dubé aurait pu bénéficier d’un tout petit peu plus d’attention. Toutefois, le cadrage immensément cinématographique, caractérisé par la présence des corps filmés de la tête au pieds, séduit et nous entraîne à mettre de côté ces quelques faiblesses d’éclairage. Au final, Marche avec moi s’avère visuellement cinématographique, plutôt sympathique mais reste simplement une belle histoire.

 Auteur: Simon Plante

Marche avec moi – Bande-annonce from Productions VOI on Vimeo.

Écrit par :

Soyez le premier à commenter

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *