Maleficent et The Grand Seduction

Maleficent (♣) et The Grand Seduction (♥½), deux films, que presque tous opposent, mais qui sortant la même semaine, nous exposent la même problématique.

 Je n’ai rien contre les remakes, les réadaptions et les réappropriations d’une histoire connue. Ce qui me dérange, c’est quand on veut trop en faire, trop en mettre ou qu’on le fait sans réelle ambition ou inspiration. Malifient est une revisite du conte de la Belle aux bois Dormant, tandis que The Grand Seduction est le remake de La Grande Séduction.

Maleficent.♣

Qu’est-ce qui peut pousser l’un des génies des effets visuels et spéciaux, Robert Stromberg (le collaborateur des Martin Scorsese, James Cameron, Tim Burton, Paul thomas Anderson et Ang Lee entre autres), à choisir ce film comme premier essai à la réalisation? Sur papier, le projet était déjà douteux… sur l’écran, c’est insupportable !

Narrativement, nous ne sommes pas obligés de tout savoir sur tout. Lorsque nous écoutons le chef-d’œuvre des Studio Disney, Slepping Beauty, personne ne se pose la question : Pourquoi la fée Maléfique est-elle méchante? Ni Grimm, ni Perrault dans leur version du conte ne s’attachent à ce questionnement. En 2014, presque 400 ans après que Perrault a donné sa version définitive au conte populaire, il y a des chez Disney qui sont se dit : «On ne peut pas raconter la Belle aux bois dormant, sans en raconter le prologue, il nous faudrait inventer ce qui aurait pu être l’enfance de la fée Maléfique». On ne s’étonnera pas de voir que la scénariste de Maleficent, Linda Woolverton, est la même qui, il y a quelques années, avait porté sacrilège au roman de Lewis Carroll pour le film de Tim Burton. Mme Woolverton est aidée par Paul Dini qui s’est fait un nom dans la scénarisation de dessins animés pour la télévision adaptés des aventures de Batman et autre superhéros. Conte de fée et Superhéros, un mélange indigeste que réalisateur essaie, plutôt maladroitement, de ne faire qu’oublier la pluie d’effets spéciaux, tics visuels inutiles (flash lumineux, jump-cut et ralenti).

Il y a quelques années Catherine Breillat avait réinvesti ce populaire conte. Sa Belle Endormie devenait une exploration des doutes et mœurs de l’adolescence. Sans être une réussite, son film a le mérite de vouloir explorer et questionner, s’inscrivant par le fait-même dans les thématiques de son auteure; le nouveau film des studio Disney, lui n’a aucun mérite.

The Grand Seduction

Si Maleficent se voulait une réappropriation du conte, il n’y a aucune réappropriation dans la Grand Seduction, ce n’est qu’un pâle copier-coller de la version québécois, jusqu’à la distribution, l’exemple le plus frappant est Gordon Pinsent en sosie de Pierre Colin. Le film n’est pas mauvais, il est juste inutile. Par le passé, Don McKellar, qui signe sa première réalisation en presque 10 ans, nous avait démontré qu’il avait du talent et de l’originalité, lui qui avait co-signé le scénario du Violon Rouge et de 32 short films about Glen Gould de Francois Girard et qui avait réalisé Last Night, élue en 2002 le 9e meilleur film Canadien de tous les temps. Où est donc passé son inventivité d’antan?

Le remake peut-être quelques chose de formidable. À bout de Souffle Made in U.S.A. de Jim McBride avec Richard Gere, en est la preuve. Les scénaristes avaient complètement changé la logique même du film de Godard pour en faire quelques chose de très ancré dans l’imaginaire étatsunienne. Même chose quand Gus Van Sant reprend Psycho plan-par-plan, son travail est de l’ordre du l’expérimentation esthétique, idem pour Haneke lorsqu’il reprend son propre Funny Game. Dans The Grant Seduction, il y a aucun travail esthétique, aucune inspiration, rien que vent, idem pour Maleficent qui peine à cacher sous un travail décoratif la faiblesse de son idée inaugurale. Triste semaine pour les scénaristes anglo-saxon….

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