Page d'accueil Critiques de films Au Québec Ma vie de courgette : De l’émotion pure en vraie pâte à modeler [Critique de film]

Ma vie de courgette : De l’émotion pure en vraie pâte à modeler [Critique de film]

Ma vie de courgette : De l’émotion pure en vraie pâte à modeler [Critique de film] 4.0
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Note de l'auteur
Ma vie de courgette est une petite merveille du cinéma d’animation. Lumineux, sensible, touchant.
NOTE DU LECTEUR

Ma vie de courgette du réalisateur suisse Claude Barras était en lice dimanche dernier dans la course aux oscars dans la catégorie du meilleur film d’animation. La statuette lui a échappé mais il avait précédemment  raflé, à Paris, le César dans la même catégorie. Le film a connu un succès critique incroyable dans tous les festivals où il est passé depuis son lancement à la quinzaine des réalisateurs à Cannes en mai dernier. Toute cette reconnaissance est bien méritée. Ma vie de courgette est une petite merveille du cinéma d’animation. Lumineux, sensible, touchant.

Le film raconte l’histoire de Courgette, un petit garçon de dix ans qui, après un tragique incident, se retrouve face à lui-même dans un foyer d’accueil. Il y fera la rencontre de six autres enfants, aux histoires familiales toutes plus troublantes et brisées les unes que les autres. Grâce à cette rencontre, Courgette et ses camarades trouveront enfin le sens de l’amitié, de l’amour, du bonheur.

Ma vie de courgette

Crédit photo : Rita Productions

Quel exploit que d’aborder les thèmes de la maltraitance et de l’abus aussi finement dans un film d’animation pour toute la famille! On se doit de lever notre chapeau aux créateurs du film. Abus sexuel, addiction, alcoolisme, racisme, criminalité, maladie mentale, violence conjugale sont tous des fléaux dont les enfants du film ont été des victimes collatérales. Le film aborde ces sujets graves et douloureux de façon directe, sans passer par quatre chemins, mais il le fait avec énormément de délicatesse et d’humanité. Le cinéaste respecte l’intelligence de son spectateur, autant le plus jeune que le plus vieux, et ne le prend jamais pour un idiot. Même s’il s’agit d’un film d’animation, l’approche reste tout de même très réaliste. On est dans une situation réelle avec des émotions réelles. Tous les personnages sont également très bien construits. Ils ont chacun leurs distinctions qui les rend uniques et attachants. Ils arrivent à nous faire rire ainsi qu’à nous émouvoir profondément.

Visuellement, le film est aussi splendide. Claude Barras maîtrise très bien le stop-motion. Avec des personnages en pâte à modeler, on est ici assez loin des animations Disney. Autant dans les décors que dans les traits des personnages, on perçoit une touche artistique propre à son auteur, dans laquelle on peut reconnaître une certaine influence du grand réalisateur Tim Burton. Sur ces magnifiques images se superpose une trame musicale de qualité qui se conclut d’ailleurs avec une excellente interprétation de la célèbre chanson de Noir désir, Le vent nous portera.

D’une durée d’à peine 70 minutes, Ma vie de courgette est un film qui, bien que court et simple, traduit à merveille la magie de l’enfance. Une belle expérience de cinéma, autant pour les petits que pour les grands.

 

Ma vie de courgette sera présenté tous les jours du Festival international du film pour enfants de Montréal (FIFEM) qui a lieu du 4 au 12 mars au Cinéma Beaubien, au Cinéma du Parc et à la Cinémathèque québécoise.

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Fondée en 2012, Cinémaniak est une revue de cinéma exclusivement web qui s’est donnée comme mission de promouvoir le septième art sur le continent nord-américain. Notre mission est de donner la parole à des passionnés de cinéma capables de rendre accessible l’art qu’ils affectionnent.
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Jules Couturier

Entre Jules Couturier et le septième art, c’est une histoire qui dure depuis toujours. Du plus loin qu’il se rappelle, le cinéma l’a toujours fasciné. La critique de cinéma est un prolongement de son discours intérieur.

Ouvert à différents genres, il a toutefois une préférence pour les œuvres présentant des personnages issus de cultures marginales, rebelles, des personnages en transformation, confrontés à des expériences initiatiques, animés d’une révolte ou d’un désir de dépassement. Il est adepte d’un cinéma de l’espoir, pourrait-on dire, qui enrichit la réflexion sur la condition humaine sans sacrifier pour autant au plaisir ou au divertissement.

Il complète actuellement des études universitaires en écriture de scénario et en création littéraire. Objectif : entretenir sa flamme pour le cinéma.

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