Ludwig II

Biopic historique – Allemagne – ♣ – 140 min. – À 18 ans, Louis II, devient roi de Bavière après la mort accidentelle de son père, Maximilien II. De son soutien passionné à Richard Wagner et sa musique, à sa croyance en l’art et la culture comme ferments d’un monde nouveau, ce monarque mégalomane fut aussi le bâtisseur de palais extravagants, se retirant peu à peu du monde dans un monde de rêve solitaire.

Luwig_II_afficheLe personnage de Louis II, roi incontournable de l’histoire allemande du XIXème s., continue d’être source d’inspiration au cinéma. Après le chef d’oeuvre de Luchino Visconti (1972), ce film aux 16 millions d’euros de budget vise à retracer la vie du souverain, depuis son accession au trône jusqu’à sa mort. On trouve l’attirail de toute reconstitution historique, mais ici le luxe et le clinquant sonnent affreusement faux, manquent de naturel et de sincérité.

Dans la distribution, seule Hannah Herzsprung (Élisabeth D’Autriche) se sauve du désastre en offrant une prestation crédible et un personnage habité. Le contexte historique est aussi maltraité et la guerre franco-prussienne ou l’absorption de son royaume par une Allemagne unifiée sont résumées à grands traits pour justifier la décision de Ludwig de se retirer du monde. Les rencontres avec Napoléon III (Christophe Malavoy), feront ainsi sursauter plus d’un historien. Le film lève le voile sur l’homosexualité – longtemps passée sous silence – du monarque, brièvement fiancé à sa cousine, Sophie de Bavière. Mais même son histoire d’amour avec Richard Hörnig (Friedrich Mücke), son maître de la cavalerie, manque cruellement de souffle et de crédibilité. Le genre même du biopic n’est pas respecté et les différents épisodes de sa vie sont disproportionnés, sans justification. La relation avec Richard Wagner, certes centrale dans la compréhension du caractère de Ludwig, prend une place essentielle, justifiant peut-être l’énorme ellipse temporelle nous transportant à la dernière année du règne. Celle-ci est d’autant moins compréhensible qu’elle est accentuée par le remplacement de l’acteur principal (Sabin Tambrea) par Sebastian Schipper, alors que tous les autres acteurs sont conservés et sont juste grimés pour paraître plus âgés. Dans cette seconde partie, pour mettre en scène les réalisations du souverain, le film cherche à exploiter les magnifiques paysages de Bavière et les châteaux construits sous son règne (Neuschwanstein, Linderhof et Herrenchiemsee) mais le rendu ne dépasse pas la qualité d’un support publicitaire pour l’office du tourisme bavarois.

Finalement, si l’on peut accorder une valeur à ce film, ce serait celle de l’info-tainment et on comprend ainsi mieux l’objectif initial des réalisateurs (Peter Sehr & Marie Noelle) : que cette production rejoigne les classiques télévisuels du genre, comme la saga de sa cousine, Sissi (l’impératrice).

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