Little sister : étude d’une famille américaine en 2008

Little sister

En sélection officielle au SXSW et au Festival du Underground de Boston, Little sister suit une religieuse avec un côté rebelle qui rend visite à sa famille dysfonctionnelle dans cette comédie noire du réalisateur américain Zach Clark. ♥♥♥½

« Fail to see the tragic? Turn it into magic », extrait de la chanson de Marilyn Manson Dope Hat, une piste en grande partie sur la dépendance, une ouverture appropriée pour un film où tous les membres d’une famille sont accros à quelque chose. Après White Reindeer en 2013, Zach Clark, l’un des cinéastes américains les plus indie du circuit réalise Little Sister, un long métrage imprégné de propos politiques qui met en scène une collection excentrique de personnages.

La mise en situation se déroule juste avant l’élection du président américain Barack Obama en 2008, une période où l’espoir était renouvelé chez les États-Unis. La jeune religieuse Colleen ( Addison Timlin ) se fait passer une voiture par son couvent pendant une période de cinq jours afin de renouer avec sa famille en Caroline du Nord. Invoquée par sa mère troublée Joani ( Ally Sheedy ), elle marque le retour de son frère Jacob ( Keith Poulson ) de l’hôpital, après avoir été gravement brûlée au visage en temps de guerre. Sa chambre est comme elle l’a laissé, couverte d’affiches punk de ses jours en tant que gothique où elle a autrefois partagé avec son frère. Ses deux parents toxicomanes et Jacob qui se refoule complètement du monde extérieur, Colleen doit faire face à ses problèmes non résolus avec sa famille et les aider dans leur propre voie.

L’humour irrévencieux de Zach Clark

Après avoir été informée par la mère supérieure que Dieu a créé le monde en sept jours, cette dernière déclare à Colleen qu’elle devrait être en mesure de régler ses problèmes en seulement cinq jours. Colleen est un personnage adorable grâce à sa petite taille et son attitude trompeusement bizarre, quelque chose que célèbre Little Sister à chaque occasion. Parmi les scènes les plus marquantes, on retrouve la jeune femme qui lipsync la chanson Have You Seen Me? du groupe métal Gwar en habit de religieuse couverte de faux sang qui est étrangement charmant. La capacité de Colleen de se rapporter au spectateur est essentielle dans cette étude d’une famille désunie par les évènements marquants.

La direction photo de Daryl Pittman capte quelques belles pièces qui font pleinement usage de la lumière naturelle, en contraste avec les couleurs accrues des décors intérieurs. Le cinéaste américain aborde de nombreux sujets tout en évitant de tomber dans le sentimentalisme, en passant par les horreurs de la guerre aux effets de la drogue, mais jamais de façon manifeste. Un film où l’étrange est essentiel pour atteindre l’acceptation de soi.

*Little sister sera présenté le 29 juillet à 14h45 à la salle J.A. De Sève EN PRÉSENCE DU SCÉNARISTE ET RÉALISATEUR ZACH CLARK ET DE L’ACTRICE BARBARA CRAMPTON.

Cette critique a été écrite dans le cadre du Festival International de films de Fantasia.

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