Les quatre soldats

Film singulier qui mérite qu’on s’y attarde ne serait-ce que par la prise de risque intéressante de son auteur : Robert Morin  ♥♥♥
Dans un climat de guerre civile, un combat qui leur a fait tout perdre y compris leur jeunesse, quatre soldats âgés de 13 à 20 ans, vont se rencontrer et tisser des liens d’amitié. Dans l’emprise d’un conflit d’adultes, auquel ils ne s’intéressent pas plus qu’ils ne le comprennent, Matéo , Dominique, Big Max et Kevin vont se préserver en recréant, au détour d’un étang et d’une cabane, une famille. Petit à petit chacun y trouve sa place. Une famille qui s’agrandira avec l’arrivé du petit Gabriel qu’ils devront former. Dominique, en tant que narratrice, nous fait plonger dans cette histoire aussi belle, poignante, qu’éphémère…
Le grand cinéaste québécois Robert Morin nous revient cette année avec l’adaptation du roman de l’écrivain français Hubert Mingarelli : Quatre soldats.
Si réalisateur semble avoir pris quelques libertés avec    l’histoire, notamment au niveau des âges de ses personnages, il les fait toutefois évoluer dans un décor de guerre civile mais dont l’unité de lieu parait complètement irréelle. Idem pour la temporalité qu’on arrive à peine à situer durant les vingt premières minutes (l’ipod sera sans doute l’accessoire le plus à même de nous ramener à une réalité actuelle)
Il faut avouer que, depuis quelques années, le Québec fournit son lot d’objets insolites tels que les quatre soldats : Nuit#1, Le torrent, Marécages…Autant de longs métrages intriguants et qui démontrent une prise de risque importante chez ses auteurs.
Chez Morin, la mise en scène est ultra chorégraphiée et centrée sur les acteurs (leurs rapports à l’extérieur surtout). Si les dialogues sont relativement pauvres, l’intensité trouvée par son auteur et la musique de Patrick Watson permet toutefois  de créer une adhésion chez le spectateur qui se pose des dizaines de questions durant la première partie. Captivé, il se sent toutefois légèrement abandonné dans une seconde partie où le manque d’intensité dramatique donne l’impression de tourner quelque-peu en rond.
Mais nous louerons quand même la prise de risque de monter un tel projet à l’heure actuel : Les quatre soldats est un projet intéressant et qui mérite qu’on s’y attarde réellement.
Niveau interprétation, Antoine Bertrand irradie de nouveau et Christian de la Cortina tire habillement son épingle du jeu.
Tel un ovni cinématographique dans un univers de films commerciaux, le nouveau long de Robert Morin se trouve une place tout à fait justifiée dans les films d’aujourd’hui.

Ouvoir.ca

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