Les 20es Sommets du cinéma d’animation

Les 20es Sommets du cinéma d’animation se sont terminés le 15 mai dernier et nous devons revenir sur les 4 compétitions canadiennes, qui ont pu célébrer la richesse, l’audace et la multiplicité des visions artistiques que nous propose l’animation canadienne. Voici donc une sélection de 10 courts-métrages qui se démarquent de la compétition.

» Meneath: The Hidden Island of Ethics (Terril Lee Calder, Canada-Québec, 2021)

Le dernier film de Calder, réalisatrice prolifique métisse, qui fut même célébrée par une rétrospective aux Sommets cette année, nous offre une fable sur l’identité religieuse et sa complexité. Une jeune autochtone se voit prise entre des dilemmes moraux, un réel combat interne entre valeurs ancestrales et l’influence du catholicisme. Entre la punition et la libération. Un film important sur une dualité qui demeure d’actualité.

 

» Caresses magiques (Masturbation : la petite histoire d’un grand tabou) (Lori Malépart-Traversy, Canada-Québec, 2022)

Le premier film d’une série de documentaires animés présentés par l’ONF traitant de la masturbation est une belle surprise. À la fois tendre, éducatif et charmant, le court-métrage se permet d’explorer sans retenue et de façon rassembleuse l’histoire tumultueuse du plaisir personnel. La réalisatrice du très beau Le Clitoris reprend ainsi une forme de mission instructive sur la sexualité féminine, avec toute sa candeur et son animation pastel.

 

» SOUND LAB (Nicolas Bertrand, Canada-Québec-France 2022

Petit bijou de simplicité et d’efficacité, le réalisateur s’est amusé à inventer des instruments biscornus pour créer des sons et de la musique. Une expérience qui dépasse le contexte du film, concrétisée sous forme d’un site web pour donner la chance à tous de jouer de ces instruments fantasmés.

 

» Triangle noir (Marie-Noëlle Moreau Robidas, Canada-Québec, 2021)

Dans le contexte mémorable pour une génération de Québécois, le film fantasme et se souvient de ce dur hiver de 1998 lors de la crise du verglas. Ce triangle est incarné par une vieille femme, entrant dans une maison qui semble abandonnée pour se réchauffer. Par une animation épurée et un design sonore précis, la réalisatrice propose une vision personnelle (et bleutée) de cette période bien marquée dans l’histoire du Québec.

 

» Pas de titre (Alexandra Myotte, Canada-Québec, 2021)

Rafraîchissant et décalé, ce film aux accents régionaux nous amène dans la petite ville de Saint-Amable pour nous raconter la véritable histoire de l’incendie de pneus de 1990 sous forme d’un reportage déjanté. Un journaliste tente d’en apprendre davantage sur une femme affirmant s’être fait enlever par les aliens. Le film, comme un virage imprévu dans une route inconnue, nous amène avec lui sur un chemin peu exploité par le cinéma d’animation québécois et nous fait du bien par son humour complètement champ gauche (pour rester dans la thématique du rang).

 

» Angakuksajaujuq – The Shaman’s Apprentice (Zacharias Kunuk, Canada-Nunavut-Canada-Ontario, 2021)

Comment passer à côté du dernier film de Kunuk, qui put profiter d’une vie en festival particulièrement impressionnante (TIFF, nomination aux Oscars, Annecy, Canadian Screen Awards), dénote d’une incroyable maîtrise de son sujet et de sa forme. Avec un stop-motion et une maîtrise de la photographie qui rendraient Wes Anderson jaloux, nous suivons les pas d’une jeune shamane initiée lors d’une première épreuve. Un film puissant, brillamment mis en scène ainsi qu’une prise de parole aussi puissante qu’en 2001 avec son Atanarjuat.

 

» Le Triangle des Bermudes (Alice Gaboury-Moreau, Canada-Québec, 2021)

Comment mieux terminer les compétitions qu’avec cet hilarant et profondément montréalais court-métrage. Sous forme d’essai d’animation avec enregistrements de discussions de différents intervenants, le film propose une analyse presque ethnographique du secteur très nocturne de l’intersection Saint-Denis/Mont-Royal. Avec des anecdotes personnelles et un franc parlé authentique, il est agréable de se remémorer une époque prépandémique où le nightlife montréalais était vivace au point de créer sa propre faune. Une pépite qui réchauffe et fait sourire.

Pour en savoir plus sur d’autres films de cette édition des Sommets, cliquez ici.

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