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Le vendeur

D’un film plutôt lent et lourd, Sébastien Pilote en compose une réalité poignante. Portée par la musique de Pierre Lapointe et Philippe Brault, l’objectif est atteint malgré la noirceur du propos.  ♥♥♥♥
Dans son petit village, Marcel Lévesque est le vendeur de confiance du concessionnaire de voitures usagées. Refusant    obstinément de prendre sa retraite, il est le plus expérimenté et le plus habile vendeur de la région, qui vit de graves difficultés depuis la fermeture temporaire de la seule usine des environs. Marcel aime s’occuper de sa fille et de son petit-fils, mais il ne pense véritablement qu’à une chose : satisfaire ses clients, dont François Paradis, qui envisage de s’acheter un pick-up. Jusqu’au jour où le drame frappe. Pour Marcel, rien ne sera plus pareil.  
Il convient de dire tout d’abord que ce film fonctionne en grande partie grâce à son acteur principal.
Beaucoup récompensé pour son rôle, Gilbert Sicotte livre ici une prestation des plus émouvantes, avec un rôle dont tous les acteurs rêveraient.
Car ce film est un avant tout un portrait.
Certes il s’intéresse à la vie, au quotidien d’un vendeur de voiture…mais il s’attarde surtout sur un fait social…une réalité : celle de    tous ceux qui sont terrorisés par la solitude…Aux paysages blancs du Québec s’ajoutent la tristesse des « vendeurs » simples et qui, faute de clients, se demandent un peu à partir de quand leur emploi pourrait être menacé.
Bien sûr, cette question n’est jamais vraiment soulevée…mais avec la fermeture de l’usine…il y a comme un vent de « morte saison » qui rode dans le village.
L’histoire d’un homme de 67 ans incapable de s’arrêter par la crainte de vivre seul…Le sujet est placé…Il est lent dans sa première partie…puis fortement émouvant dans la seconde (plusieurs événements violents viendront bousculer la routine de notre vendeur) même si l’ensemble fini sur une note quasi-neutre.
L’ambiance et la dureté du film auraient pu le plonger dans un pathos intéressant et nécessaire…Il n’en est rien; c’est peut-être le petit regret face à ce film.

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1 commentaire

  1. […] avec J’ai tué ma mère, Villeneuve avec Polytechnique et Incendies, Pilotte a livré, avec Le vendeur, une des œuvres les plus joliment tristes de ses dernières années quand Robichaud filmait le […]

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