Le fils de Saul [Son of Saul]: De l’horreur de la guerre

Encore un film sur l’horreur de la seconde guerre mondiale et ses camps de concentration direz-vous ? Et bien non ! Il ne faut pas hésiter une seconde avant d’entrer en salles voir Le fils du Saul. Et pourquoi le premier long métrage de László Nemes est-il le choc annoncé au Festival de Cannes ? Et pourquoi aurait-il dû gagner la palme d’or ? La réponse en quelques mots  ♥♥♥♥

Octobre 1944, Auschwitz-Birkenau.

Saül Ausländer est membre du Sonderkommando, ce groupe de prisonniers juifs isolé du reste du camp et forcé d’assister les nazis dans leur plan d’extermination. Il travaille dans l’un des crématoriums quand il découvre le cadavre d’un garçon dans les traits duquel il reconnaît son fils. Alors que le Sonderkommando prépare une révolte, il décide d’accomplir l’impossible : sauver le corps de l’enfant des flammes et lui offrir une véritable sépulture.

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Le fils de Saul est une réussite à tous les niveaux et ce, sur plusieurs points :

Le long métrage réussit en effet à rendre crédible et extrêmement réaliste un fragment de l’histoire en filmant de l’intérieur une sorte de tragédie qu’on avait rarement approché d’aussi près dans le passé ! En effet, en cadrant de manière quasi-systématique sur Geza Rohrig le personnage principal, László Nemes évoque toute l’horreur sans rien montrer, c’est-à-dire qu’il suggère hors cadre bien plus que tous les films ayant précédemment évoqué la Shoah ou les camps de concentration. La caméra s’arrête rarement ailleurs que sur son héro principal mais c’est ce qui rend le film aussi fort…La suggestion visuelle et forcement le son rendent le film d’une force incroyable !

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Tout voir sans en rien montrer

Véritable film choc à la fois narrativement parlant et esthétiquement parlant, le premier long métrage de László Nemes est déjà un chef d’œuvre qui évite toutefois tout voyeurisme grâce à une mise en scène brillante (et assez inédite). Depuis quelques semaines, toutefois, se pose des questions de réalisme. En effet, ici et là en Europe où le film est déjà sorti, certain historiens auraient soulevé le caractère irréaliste de son histoire: il serait, pour eux, impossible de réussir des allers-retours entre des camps à ce moment de l’histoire; ce qui amène donc le film dans une fiction fantasmée plutôt que réelle.

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Nettement supérieur à Dheepan de Jacques Audiard, il aurait dû gagner la palme d’or au dernier festival de Cannes (il y a remporté le Grand Prix)…mais on ne donne pas une palme d’or comme ça à un néo-cinéaste, Xavier Dolan en sait quelque-chose !

Toutefois, le film est extrêmement bien aligné dans la course vers l’Oscar du meilleur film étranger…qu’il devrait remporter en février prochain…Déjà ça !

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