L’art de la fugue

Le genre de la comédie française s’offre une nouvelle casserole dont elle ce serait bien passée ! ♥
L’Art de la fugue de Brice Cauvain, avec Laurent Lafitte, Agnès Jaoui, Nicolas Bedos ou encore Guy Marchand, démontre qu’un bon casting ne suffit pas pour faire un bon film.

Explication :

Le film se concentre sur la famille d’Antoine. On suit tour à tour les pérégrinations des principaux membres. Les parents angoissés à l’idée de perdre leur magasin de vêtements, angoissés suite aux problèmes de santé du père et angoissés à l’idée de ne pas réussir le mariage de leur aîné. Aîné, qui préfère courir les jupons que de faire face à son engagement. Le second fils, Gérard, chômeur et prêt à tout pour reconquérir sa femme. Au milieu de tout ça, on trouve donc Antoine, qui ne sait plus trop où il en est vis à vis de son conjoint, et qui commence à se demander si sa vie ne serait pas mieux ailleurs.

Le majeur défaut du film reste ses acteurs et leur direction. La plupart d’entre eux ont pourtant déjà fait leurs preuves, notamment dans la comédie. On est donc assez surpris de les découvrir, ici, sonnant complètement faux et ce tout au long du film. Aucune émotion n’émane d’eux et on est à la limite du sur-jeux dans chacun des moments supposés « forts ». S’ajoutent à cela des dialogues d’une lourdeur incroyable, réduisant toute la crédibilité de la moindre scène. Tout est souligné par des mots, on ne laisse jamais sa chance au spectateur de lire le sens dans l’image (si tenté qu’il y en ai un …).

Ce principal défaut démontre combien la direction d’acteur est primordiale dans un film. Il ne suffit pas de prendre un acteur/actrice connu(e), un temps soit peu talentueux et attendre qu’il produise, par lui-même, le résultat escompté. Robert Bresson l’a bien souvent expliqué et montré dans ses films : des acteurs, même non professionnel, peuvent être juste et tenir leur rôle à condition qu’ils soient bien dirigés.

L'art de la fugue

Parmi les autres défauts du film on ne s’attardera pas sur les questions de montage (et de réalisation). Le nombre de faux raccords, grossiers et frôlant l’amateurisme, démontrent le manque de soin flagrant apporté à l’œuvre.

Le scénario quand à lui aurait pu tenir toutes ses promesses. La fuite d’un quotidien trop monotone pour plus d’exotisme était une bonne idée à aborder mais, dès le début, le film s’enlise dans une boucle de questionnement quasi sans fin, où le personnage d’Antoine agace de part son indécision. Le scénario tourne donc en rond  jusqu’au final, grotesque, coupé au couteau et qui illustre, ô combien, les scénaristes  ont eu de la difficulté (fainéantise?) à se sortir de la répétition de leur histoire. Tout le monde n’a pas la justesse et la précision d’un Arnaud Desplechin ou d’un Alain Resnais pour ce qui est de faire des films sur les destins croisés.

Le film est donc totalement dispensable. Il peut être intéressant de le visionner ne serait-ce que pour se rendre compte de l’importance qu’a la direction d’acteur et que le manque de soin apporté à son œuvre peut être nuisible, voir dévastateur. L’expérience du spectateur est grandement impactée, on passe le plus clair de son temps à chercher les défauts qu’à se concentrer sur l’histoire. Histoire qui, malgré sa bonne idée de départ, souffre du même syndrome que bon nombre de comédie française : son manque d’âme et d’inspiration.

Auteur: Johan Bel

Retrouvez notre entrevue avec le réalisateur

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