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La venus à la fourrure

Jolie mise en abîme théâtrale pour le réalisateur du Pianiste. ♥♥♥♥Seul dans un théâtre parisien après une journée passée à auditionner des comédiennes pour la pièce qu’il s’apprête à mettre en scène, Thomas se lamente au téléphone sur la piètre performance des candidates. Pas une n’a l’envergure requise pour tenir le rôle principal et il se prépare à partir lorsque Vanda surgit, véritable tourbillon d’énergie aussi débridée que délurée. Vanda incarne tout ce que Thomas déteste. Elle est vulgaire, écervelée, et ne reculerait devant rien pour obtenir le rôle. Mais un peu contraint et forcé, Thomas la laisse tenter sa chance et c’est avec stupéfaction qu’il voit Vanda se métamorphoser.

Le cinéma français n’en finit plus de mettre en abîme le théâtre…Après Resnais et Vous n’avez encore rien vu, c’est cette fois-ci Roman Polanski qui s’y colle avec un long métrage autrement plus intriguant et complet que cette réalisation du réalisateur récemment passé à la postérité.

Pour La Venus à la Fourrure le réalisateur franco-polonais s’inspire de Leopold von Sacher-Masoch, auteur autrichien du XIXeme siècle dont le premier ouvrage (Venus in Fur) est l’un des fondements de ce qui sera appelé plus tard le masochisme. Certes plus que de l’inspiration, il adapte même la pièce américaine qui connut un vif succès à Broadway…

La réussite du film réside en deux éléments forts : Son personnage féminin interprété avec beaucoup de conviction par Emmanuelle Seigner…et son texte adapté (prix Lumière du scénario adapté). La mise en scène, si elle fonctionne, n’est pas non plus phénoménale, ce qui nous questionne sur le récent prix de  Polanski (Meilleur réalisation aux Cesars)…Ce dernier avoue même avoir vu ce projet comme un jeu lorsqu’il a contacté Mathieu Amalric…

Le résultat est toutefois délicieux pour le spectateur qui voit en cette Venus une seconde adaptation réussie d’une pièce de théâtre pour Polanski (après Carnage) : Une jolie parenthèse dans une filmographie déjà bien complète !

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