Je me tue à le dire : la peur de mourir

La peur de mourir est l’idée derrière Je me tue à le dire, une comédie oedipienne qui se positionne entre la vie et la mort. Une étude audacieuse et électrisante de la relation dysfonctionnelle entre un hypocondriaque et sa mère mourante. Le premier film du cinéaste belge Xavier Seron est en lice pour le grand prix des longs métrages dans le cadre du FCVQ. ♥♥♥

Le spectateur est introduit à Michel (Jean-Jacques Rausin), un acteur raté et un livreur qui choisit un cercueil pour sa mère, car Monique (Myriam Boyer) a été diagnostiquée d’un cancer du sein. Au lieu de succomber à la dépression, Monique a choisi de célébrer la vie; ne buvant que du champagne. Michel d’autre part est un loser aux prises avec la responsabilité de prendre soin de sa mère. Il est incapable de secouer l’inévitabilité de sa propre mort. Sa phobie est exacerbée par la découverte d’une masse suspecte sur sa poitrine. Son médecin affirme qu’il s’inquiète pour rien, c’est simplement un symptôme de son hypocondrie, mais Michel est convaincu qu’il va mourir. Et si Michel avait lui aussi un cancer du sein?

Je me tue à le dire
Crédit photo: capture d’écran youtube

Je me tue à le dire : une comédie absurde sur la maladie

Je me tue à le dire est constitué d’une collection de sketches comiques séparés en plusieurs chapitres qui expose la descente aux enfers de Michel. La mélancolie de ce dernier est captée en noir et blanc par l’impressionnante direction photo d’Olivier Boonjing. Déployant sa caméra dans la vie de Michel, il crée des compositions magnifiques qui accentuent son existence mondaine en quelque chose de quasi lyrique. Si le rire est le meilleur remède, le pronostic de Je me tue à le dire n’est pas concluant. Il y a des moments hilarants, comme lorsque Michel se rend dans un centre de soins palliatifs où les rénovations sont assourdissantes. Pendant le dîner des résidents, une infirmière raconte que « tous les patients sont à moitié sourds de toute façon ».

Cependant, l’humour absurde de Seron est destiné à diviser le public, car elle est parfois tendue et trop consciente sur elle-même. Souvent, elle est travaillée tellement méticuleusement pour attribuer un sens qu’elle se réduit à son absurdité la plus totale. Un exemple implique Michel étendu dans une balançoire pneumatique. Il se bascule vers la caméra, ses bras s’agitent comme un bébé essayant d’attirer l’attention de sa mère. C’est comme s’il émergeait de l’utérus en caoutchouc. Vu dans l’isolement, ce gag est relativement amusant, mais il représente qu’une petite tranche de bizarrerie dans ce film surchargé d’excentricité.

Auteur: Justin Charbonneau

Présenté en collaboration avec le Festival du Nouveau CinémaJe me tue à le dire sera présenté le 22 septembre à 21h30 au PALAIS MONTCALM – SALLE D’YOUVILLE précédé des courts-métrages PINK VELVET VALLEY de SEBASTIEN PETRETTI et SUBOTIKA – LAND OF WONDERS de PETER VOLKART.

Cette critique a été écrite dans le cadre du Festival de Cinéma de la ville de Québec.

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