I, Tonya : Vilain coups de patin !
3.5

I, Tonya : Vilain coups de patin !

I, Tonya : Vilain coups de patin !

78
0
Note de l'auteur
NOTE DU LECTEUR

Qui a oublié cette fameuse affaire sportive du début des années 90 ? A notre droite la gentille fiancée de l’Amérique, Miss Kerrigan; à gauche sur le banc de l’accusée, la méchante Tonya Harding…celle par qui le malheur est arrivé, celle qui aurait commandité à son mari l’attaque de la joli brune Nancy Kerrigan…

Aujourd’hui prêt de 25 ans plus tard, on déterre les dossiers et voici que nait I Tonya, véritable fiction autour de la vie de la méchante patineuse américaine. Et si la vérité était plus complexe que ce qu’on avait bien voulu nous donner ?

“I, Tonya swear to tell the truth…”, c’est cette phrase qui aurait inspiré les producteurs à s’intéresser à un scénario écrit à partir d’entrevues de Tonya Harding et de son ex-mari. Si la narration et le scénario sont d’ailleurs plutôt bien construits, c’est surtout la direction artistique et la véracité de la retranscription qui impressionnent. Non seulement Margot Robbie campe une Tonya Harding plus vraie que nature mais elle semble être née sur des patins à glace alors même que la patineuse américaine avait atteint en 1991 un niveau tel qu’il n’existe aujourd’hui que quatre femmes à l’avoir égalé (avec le fameux triple axel)  .

Le producteur confirmera d’ailleurs : « I was stunned at how difficult it was, that Tonya had achieved it 25 years ago and so few had been able to master it since.  We ended up having to do it with visual effects! » Et en effet, les effets spéciaux sont plus que parfaits. Non seulement ils replacent Margot Robbie en championne capable d’effectuer des triples sauts, mais ils sont ultra-réalistes par rapport au niveau et aux captations vidéos actuelles. Si l’actrice s’est entrainée pendant quatre mois, il paraissait évident qu’elle ne serait pas capable de patiner à un niveau olympique (même de 92) : Rappelons-le, seulement six patineuses ont été capables de passer un triple axel en trente ans et le résultat ici est époustoufflant tout comme il donne à voir la grosse majeure partie de ce qui compose l’Affaire Kerrigan/Harding depuis Albertville jusque Lillehammer; rien n’est laissé de côté.

«  The nature of this movie— it’s a 256-scene script that includes four skating competitions, which incorporates two Olympics. In regard to filming, the scale of what that actually means is a challenge of its own. ».

Les amoureux de sports en auront donc pour leur argent avec un sport formidablement reconstitué et une épée de Damoclès au regard de l’affaire : Tonya Harding était-elle aussi vilaine que ce qu’on a bien voulu nous montrer, l’idée étant que les média et les gens changent forcement le contrôle des histoires.

Alors bien sûr, le film n’est pas fait dans la nuance (cf l’interprétation drolatique d’Allison Janney en mère vacharde) mais il a le mérite de remettre de manière plutôt réelle les choses en perspectives.

(78)

Incrivez-vous à notre infolettre!
Fondée en 2012, Cinémaniak est une revue de cinéma exclusivement web qui s’est donnée comme mission de promouvoir le septième art sur le continent nord-américain. Notre mission est de donner la parole à des passionnés de cinéma capables de rendre accessible l’art qu’ils affectionnent.
Nous détestons les spam. Votre adresse courriel ne sera pas vendue ou partagée avec quelqu'un d'autre. Promis!
Syril Tiar Tombé dans le cinéma alors qu’il était tout petit, Syril Tiar s’est rapidement pris d’affection pour le cinéma francophone… Devenu un connaisseur hors-pair des Sautet, Resnais, Chabrol, Lelouch, Lecomte (oui à cette époque, seuls les vivants comptaient), ce n’est que bien plus tard qu’il a pu élargir ses goûts à d’autres réalisateurs d’abord européens (Von Trier, Almodovar, Leigh…) puis américains (Allen, Burton).

Archives