House of Cards : en attendant la saison 2.

Ce vendredi 14 février prochain, Netflix mettra en ligne la très attendue saison 2 de House of Cards. L’occasion pour nous de revenir sur la première saison… House of Cards est le remake américain de la série éponyme britannique elle-même tirée du roman de Michael Dobbs. Le spectateur est amené à suivre Frank Underwood, démocrate et membre du Congrès Américain. C’est un homme froid, manipulateur et extrêmement calculateur. Suite à sa non-nomination au poste de Secrétaire d’Etat qui lui était pourtant promise, il décide par tous les moyens d’obtenir réparation. Sa femme, Claire, va l’aider dans sa tâche ayant besoin de sa position pour développer son activité. Frank va s’adjoindre les services d’une jeune journaliste très ambitieuse, Zoé Barnes. Il lui donne des informations exclusives en tant que source anonyme dans le seul but d’obtenir ce qu’il veut de ses adversaires. Leur relation n’est par ailleurs pas uniquement professionnelle, ce que Claire accepte. Les Underwood sont un couple ouvert… À cette équation s’ajoute le député de Pennsylvanie Peter Russo, drogué et alcoolique, que Frank va transformer en candidat idéal au poste de Gouverneur de l’Etat de Pennsylvanie laissé vacant par le nouveau Vice-Président.

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House of Cards a été créée et écrite par Beau Willimon et produite notamment par David Fincher, Kevin Spacey, Eric Roth et Andrew Davies, tous de grosses pointures du cinéma américain. Alors que David Fincher réalise le pilote de la série (lui permettant d’obtenir un Emmy Award), Kevin Spacey incarne Frank Underwood. Sa femme est jouée par Robin Wright, récompensée par le Golden Globe de la meilleure actrice pour une série dramatique. Outre ces récompenses, la série a obtenue de nombreuses nominations, toutes vraiment méritées. La première saison offre un thriller prenant où l’on apprend à aimer détester le personnage principal. Il est plein de cynisme et d’humour noir. Ses interludes face caméra où il s’adresse directement au spectateur pour donner son avis sur ce qu’il se passe, sur la personne qu’il a en face de lui, sont de vrais petits bijoux d’écriture. Ces apartés sont parfaitement fluides et viennent bien s’intercaler dans l’histoire. Le casting est excellent et donne vie à des personnages bien écris. Cela dit, le personnage de la jeune journaliste, incarné par Kate Mara, est assez désagréable. Elle est agaçante et son histoire ne nous intéresse finalement que peu. Reste qu’elle est un pion (et parfois un obstacle) important dans la stratégie de Frank Underwood.

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Avec House of Cards et quelques autres séries (comme Orange is the New Black), Netflix a bousculé le modèle de production traditionnel. Si les grands networks américains commandent toujours des pilotes avant de faire leurs choix, Netflix commande une saison complète, ce que Kevin Spacey salue. Dans un discours donné lors du festival de télévision d’Edinbourg en écosse, il explique que le site de streaming a parfaitement compris ce que les téléspectateurs recherchent : « A travers cette nouvelle forme de distribution nous avons prouvé que nous avons compris les leçons que l’industrie de la musique n’avait pas comprises: donnons aux gens ce qu’ils veulent, quand ils le veulent, sous la forme qu’ils veulent, à un prix raisonnable. Et alors ils seront prêts à payer pour ces contenus plutôt qu’à les voler ». Netflix a commandé une étude sur le comportement des spectateurs face à une série qui vient largement soutenir ce type de diffusion. Il en est ressorti que pour une série dramatique, 25% regardent les 13 épisodes en deux jours, 48% en une semaine. Et les spectateurs se sentent de moins en moins coupables de faire du « binge watching » (regarder toute une saison ou toute une série d’un coup). D’un point de vue plus scénaristique, ce type de visionnage est parfait pour une série comme House of Cards. Ne pas faire de pilote permet une entrée en matière moins superficielle où les enjeux et les personnages paraissent trop irréels afin de marquer tout de suite le spectateur. Avoir tous les épisodes d’un coup permet d’étaler l’exposition et rendre l’histoire plus fluide, plus naturelle, peut-être plus proche de celle d’un très long film. Mais si l’on doit voir en une fois tous les épisodes d’une série à fort potentiel d’évènements importants et sortant de l’ordinaire (on pense ici à Lost, Desperate Housewives ou Revenge), cela peut défavoriser le visionnage. La vision à la semaine permet d’étaler ses évènements et les rendre plus crédibles, tout en maintenant l’envie de voir la suite. Au final, il est préférable d’adapter sa façon de regarder une série en fonction de la série même si, je vous l’accorde, cela peut être parfois très difficile…

House of Cards ne devait durer que 26 épisodes, soit deux saisons. Mais avec le succès de la série et avant même la diffusion de la seconde tranche de 13 épisodes, Netflix a déjà commandé une troisième saison. Les adversaires de Frank Underwood n’ont qu’à bien se tenir !

*pour Cinemaniak – Ludovic Feret*

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