H.

H. réalisé par Rania Attieh et Daniel Garcia, est un film post-apocalyptique argentino/américain magnifiquement revisité. Présenté à Fantasia en première canadienne, ce long métrage était en sélection officielle pour le Festival International du film de Venise’14, de Sundance’15 et la Bernlinale’15. ♥♥♥½

H. raconte l’histoire de deux femmes, l’une obsédée par les poupées de bébés hyperréalistes ( dites «reborn»), déviance tolérée par son mari, et l’autre, une jeune artiste de scène enceinte de son mari infidèle. Un soir, une météorite s’abat sur la ville et déclenche une multitude de phénomènes étranges : des changements au niveau de la gravité, des yeux soudainement injectés de sang, des gens qui disparaissent et d’autres particularités comme ces étranges nuages identiques qui se déplacent dans le ciel comme une armée de vaisseaux spatiales. Ce boulversement du monde qu’ils connaissent amènera ces deux femmes sur de tristes sentiers jusqu’à ce qu’elles rencontrent leur désolante destinée.

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Un drame sur fond apocalyptique.

H. est une tragédie sur fond d’invasion extra-terrestre. C’est un film où le drame humain prend définitivement le pas sur la part de science-fiction. Le drame se concentre plutôt sur les répercussions de ce monde qui se dérobe sous leurs pieds, et de la manière dont les personnages vont gérer ces bouleversements qui s’ajoutent au drame qu’ils vivent déjà. Il y a une tristesse tellement belle qui émane du regard de ces deux femmes, et cette tristesse nous porte tout au long du film. À cette tristesse s’ajoute aussi une réflexion sur le rôle de mère ainsi que le rapport avec le bébé. Chacunes d’elles ont une relation étrange au bébé. L’une idolâtre les poupées de bébés, la projetant dans des situations pathétiques mais désolante. L’autre, la jeune artiste enceinte, est si confuse face à ce bébé d’un père infidèle que sa grossesse devient tout à coup fictive.  Ce qui est certain est que le rapport de la mère au bébé est un rapport difficile.

H., une réalisation remarquable.

Extrêmement réaliste dans son approche visuelle et appuyée par une magnifique direction photo de Daniel Garcia, H. se sectionne en chapitres, comme dans un livre. Chacun des chapitres est précédé d’une séquence où l’on voit la tête d’une statue qui flotte sur l’eau, comme un leitmotiv visuel. Voilà donc un film apocalyptique extrêmement réussi qui, propulsant l’action et l’invasion au second degré, innove et réinvente la manière de concevoir ce genre de film. L’un des meilleurs films que j’ai vu à Fantasia cette année !

Ouvoir.ca

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