Guy : Plus vrai que vrai

France, 2018.
Note: ★★★★

Guy Jamet est un chanteur de variété français ayant connu un succès retentissant entre les années 1960 et 1990. Aujourd’hui, il enregistre un album de reprises de ses vieux classiques et part en tournée. Gauthier, un jeune homme qui vient d’apprendre qu’il est le fils illégitime du chanteur vieillissant, décide de se faire passer pour un journaliste et de le suivre, caméra au poing, tout au long de sa tournée. Il apprendra ainsi à connaître ce père inconnu.

Au visionnement, difficile de garder en tête que Guy Jamet, en fait, n’existe pas réellement, qu’il est la pure invention de son créateur, le comédien Alex Lutz. Et difficile de croire également que derrière cette caméra ne se trouve pas vraiment un fils à la rencontre de son père, mais plutôt une équipe de tournage d’un film de fiction. C’est dire à quel point le film de Alex Lutz, qui prend également les traits du personnage de Guy, est bluffant de vérité.

Apollo Films

On est ici devant un « documenteur » plus vrai que vrai. Lutz arrive à nous faire croire complètement à son personnage et à son histoire. Le maquillage qu’il arbore pour se glisser dans la peau de Guy est hyperréaliste et sa performance l’est autant. Il est impressionnant qu’un homme de 40 ans soit capable de personnifier quelqu’un de 76 ans de façon aussi juste et précise, autant dans les expressions et les tics que dans le langage corporel. C’est fascinant.

L’exploit de Lutz n’est pas seulement dans le réalisme qu’il confère à son personnage, mais également dans le caractère qu’il lui prête. Guy est drôle, beau, touchant. Chaque scène où il s’adresse directement à la caméra, avec son regard perçant et ses expressions hilarantes, est savoureuse. On ne veut plus quitter le personnage.

Et si cette formule du faux documentaire permet de faire rayonner le talent de comédien d’Alex Lutz, là n’est pas sa seule fonction. Autant la formule est au service du personnage, autant elle l’est également à l’histoire. De l’impression de réalité et de proximité que la caméra au poing apporte se dégage une profonde émotion qui ne tombe jamais dans le sentimentalisme. Lutz garde ses mots pour les gags et mise plutôt sur les non-dits pour l’émotion. Nous voici donc devant un film qui décompose le cliché pour revenir à l’humain et propose une touchante et mélancolique réflexion sur la filiation et le temps qui passe.

Durée: 1h41

Ce film a été vu dans le cadre du Festival du nouveau cinéma 2018.

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