Page d'accueil Critiques de films Au Québec Goon: Last of the Enforcers – Sympathique cassage de gueule [critique de film]

Goon: Last of the Enforcers – Sympathique cassage de gueule [critique de film]

Goon: Last of the Enforcers – Sympathique cassage de gueule [critique de film] 3.0
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Note de l'auteur
Goon : Last of the Enforcers est un film de hockey violent, à l’humour corrosif et au cœur à la bonne place.
NOTE DU LECTEUR

Les comédiens Jay Baruchel et Seann William Scott étaient à Montréal la semaine dernière pour présenter le premier film Baruchel à titre de réalisateur, Goon : Last of the Enforcers, suite du populaire et acclamé Goon, sorti en 2011. Tout comme ce dernier, Last of the Enforcers est un film de hockey violent, à l’humour corrosif et au cœur à la bonne place.

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Dans ce second volet, Doug « The Thug » Glatt, le héros batailleur et bon vivant du film original, interprété par Sean William Scott, est maintenant marié et attend un premier enfant. Cet avènement, ajouté aux nombreuses blessures qu’il a subies, fait en sorte qu’il doit abandonner sa carrière de joueur de hockey pour se trouver un emploi plus sécuritaire et prendre soin de sa famille. Son poste de capitaine est donc relégué à Anders Cain, un nouveau venu dans l’équipe, agressif et désagréable. Voyant que son remplaçant est en train de détruire toutes les chances de son équipe de se rendre en séries éliminatoires et torturé par le désir brûlant de jouer, Doug va devoir mettre ses obligations familiales de côté, rechausser ses patins et réapprendre à se battre pour pouvoir sauver son équipe avant qu’il ne soit trop tard.

Goon - cinemaniak.net

Crédit photo: Les films Séville

Montréalais d’origine, Jay Baruchel en était à sa première expérience de réalisation en plus de coécrire, coproduire et jouer un petit rôle. Portant tous ces chapeaux, il signe ici une œuvre sympathique, divertissante et agréable. Son film est drôle de bout en bout. Sa distribution comique de haut niveau y est pour beaucoup. Seann William Scott est attachant dans son rôle de héros nigaud qui, avec son innocence et sa naïveté attendrissantes, nous offre des moments très rigolos. Liev Schreiber, dans le rôle d’ancien rival maintenant entraîneur, se fait pourtant le plus charismatique et manie l’humour le plus suave. Chacun des membres de l’équipe a son moment pour briller, sa tirade comique, souvent vulgaire, mais qui suscite presque toujours le rire. Étonnamment, ce sont souvent les personnages dont les apparitions sont brèves, comme le commentateur sportif, le patron de Doug et le personnage de Jay Baruchel, qui sont les plus hilarants. Le film profite aussi d’un excellent vilain, interprété par Wyatt Russell, fils de Kurt. Il se fait très menaçant tout en étant drôle et en ayant une profondeur psychologique certaine du fait de sa relation avec un père manipulateur.

La brutalité des combats, hémoglobine à l’appui, qui caractérisait avantageusement le premier film, est encore une fois très présente mais elle est, cette fois, poussée à l’extrême. Baruchel donne peut-être trop dans la caricature et le ridicule pour obtenir l’effet escompté. La violence qui nous prenait aux tripes dans le premier opus perd ici un peu de sa force de frappe ; on sent que Baruchel applique une recette pour obtenir une réaction de son public. De ce côté, la magie s’est quelque peu dissipée avec ce nouvel épisode.

Goon - cinemaniak.net

Crédit photo: Les films Séville

La relation de couple est au cœur du film. Baruchel fait tout en son pouvoir pour éviter de tomber dans le cliché de la femme contrôlante en proposant une Alison Pill presque trop sympathique et obligeante. Or la thématique du film nous amène forcément à ce conflit classique de la femme à la maison qui empêche son homme de vivre ses rêves professionnels, un conflit évidemment réel et fréquent mais qui a quand même déjà été vu maintes fois à l’écran.

Au final, avec des parties de hockey très bien chorégraphiées, un humour efficace, des personnages attachants et un rythme bien calibré, Goon : Last of the Enforcers reste un très bon divertissement, une comédie d’adolescent de bonne qualité, canadienne de surcroît.

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Fondée en 2012, Cinémaniak est une revue de cinéma exclusivement web qui s’est donnée comme mission de promouvoir le septième art sur le continent nord-américain. Notre mission est de donner la parole à des passionnés de cinéma capables de rendre accessible l’art qu’ils affectionnent.
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Jules Couturier Entre Jules Couturier et le septième art, c’est une histoire qui dure depuis toujours. Du plus loin qu’il se rappelle, le cinéma l’a toujours fasciné. La critique de cinéma est un prolongement de son discours intérieur. Ouvert à différents genres, il a toutefois une préférence pour les œuvres présentant des personnages issus de cultures marginales, rebelles, des personnages en transformation, confrontés à des expériences initiatiques, animés d’une révolte ou d’un désir de dépassement. Il est adepte d’un cinéma de l’espoir, pourrait-on dire, qui enrichit la réflexion sur la condition humaine sans sacrifier pour autant au plaisir ou au divertissement. Il complète actuellement des études universitaires en écriture de scénario et en création littéraire. Objectif : entretenir sa flamme pour le cinéma.

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