Four Weddings and a Funeral : Sérialisation romantique

Par Marc-Antoine Lévesque, un romantique confortable dans son sofa

FOUR WEDDINGS AND A FUNERAL – saison 1, États-Unis, 2019
Une comédie romantique classique au goût du jour

Où voir ça : Crave (en version originale anglaise)
Production : 3 Arts Entertainment, Kaling International, MGM/UA Television, Philoment Media et Universal Television
Scénario : Mindy Kaling, Matt Warburton
Réalisation : Charles McDougall, Catherine Morshead, Tristram Shapeero et Tom Marshall
10 épisodes, entre 43 et 54 minutes

 

L’actrice et scénariste Mindy Kaling (The Office l’adaptation américaine, The Mindy Project) délaisse le devant de la caméra pour la production. Après une comédie passée inaperçue Champions (NBC, 2018), Kaling s’allie à Warburton pour la création de deux nouvelles séries : Never Have I Ever (Netflix, 2020) et celle qui nous intéresse ici : Four Weddings and a Funeral.

Film et série

Adaptée de la comédie romantique Four Weddings and a Funeral (Mike Newell, 1994), cette nouvelle mouture ne réinvente pas ce genre cinématographique. L’intention semble plutôt de se coller à ses codes avec toute la légèreté ayant bien souvent fait son succès. La réalisation est très classique, sans grande envolée visuelle, laissant le scénario – tout aussi classique – se dérouler devant nos yeux. Ce sont les actions et les péripéties qui deviennent maîtresses dans ce nouveau format. Les créateurs ont fait leur devoir et ont réussi à traduire de manière sérielle l’ambiance et la petite magie si singulière des grandes comédies romantiques. On s’attache à tous les personnages, grâce au temps alloué pour apprendre à bien les connaître. En effet, l’homme derrière le scénario du film éponyme n’est nul autre que Richard Curtis, ici producteur exécutif. Sa filmographie parle d’elle-même : Four Weddings and a Funeral, Notting Hill (Roger Michell, 1999), Love Actually (Richard Curtis, 2003) ou encore About Time (Richard Curtis, 2013). Même si son rôle est possiblement minime, la série rend justice à son travail.

L’histoire de cette première saison est simple : Maya (douce et charmante Nathalie Emmanuel), Ainsley (énergique et dépressive Rebecca Rittenhouse), Duffy (le doux excentrique John Reynolds) et Craig (comique et tombeur Brandon Mychal Smith), se sont liés d’amitié aux États-Unis. Ils se retrouvent quelques années plus tard à Londres pour le mariage d’Ainsley et Kash (le très charmant Nikesh Patel). Lors de son arrivée à l’aéroport, Maya tombe sous le charme de Kash qu’elle croise par hasard sans connaître son identité. S’ensuit une année de relations compliquées, de cœurs brisés et… les funérailles d’un mort.

Politique?

Sans insérer d’enjeux politiques narratifs, Kaling et Warburton ont su écrire des personnages attachants, campés par des acteurs tout aussi charmants et naturels dans leur jeu. La nouveauté vient alors de la diversité culturelle de la distribution que le genre a rarement mis de l’avant. De fait, le seul vrai geste politique de la série n’a rien de superficiel. Cependant, un spectateur à la recherche de commentaires engagés devra passer son tour. Four Weddings and a Funeral la série est dotée d’une nostalgie aux visages bigarrés, et pour les fidèles puristes, vous ne serez pas déçus par le caméo d’Andie MacDowell.

Le charme opère. On aime les personnages, on vit leurs émotions avec eux. L’empathie et la projection de notre personne en eux viennent naturellement. Tout au long de la dizaine d’épisodes, le spectateur, s’il se laisse porter, vivra avec les protagonistes leurs déboires amoureux, des joies aux cœurs brisés.

FOUR WEDDINGS AND A FUNERAL ne marquera pas l’histoire de la télévision, mais elle a le grand mérite de nous plonger dans un univers romancé et romantique qui se regarde avec un très grand plaisir. Ce n’est pas une dramatique prestigieuse et tant mieux, l’austérité et le pessimisme apocalyptique sont au repos. Les spectateurs et spectatrices méritent bien un moment sans angoisse politique où les émotions du cœur sont mises de l’avant. À déguster emmitouflé sur son sofa.

 

Bande-annonce originale :

Crédits photos : Hulu et Robert Viglasky

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