Le fils de Jean – Intimité québecoise

Drame intimiste et faux polar, Le nouveau film de Philippe Lioret, Le fils de Jean laisse la part belle à l’émotion et à une distribution québécoise de prestige ! ♥♥♥½

À trente-trois ans, Mathieu ne sait pas qui est son père. Un matin, un appel téléphonique lui apprend que celui-ci était canadien et qu’il vient de mourir. Découvrant aussi qu’il a deux frères, Mathieu décide d’aller à l’enterrement pour les rencontrer. Mais, à Montréal, personne n’a connaissance de son existence ni ne semble vouloir la connaître…

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Quel bonheur que de retrouver cette pléiade de comédiens québécois au service d’un maitre du drame français ! De Gabriel Arcand à Catherine De Léan en passant par Marie Thérèse Fortin, Pierre-Yves Cardinal et Patrick Hivon, ce sont les comédiens les plus en vogue de leur génération qui accompagnent Pierre Deladonchamps dans cette quête d’un père décédé sur un lac québécois. Le jeune français (qui a tourné l’été dernier à Montréal et en région)  trouve là un second rôle de taille dans le nouveau film de Philippe Lioret.

A l’instar du Cas Sneijder adapté au grand écran cette année avec Thierry Lhermitte, Le fils est Jean est en fait le roman Si ce livre pouvait me rapprocher de toi de Jean-Paul Dubois.

Les yeux au ciel photos: Sébastien Raymond. seb©sebray.com

 

Le système « Lioret », on le connait bien (pour les adeptes de ses films)… à savoir ancrer une narration, une histoire, afin de diriger le spectateur dans une routine, quitte parfois à l’endormir jusqu’à la révélation finale que personne n’attendrait. Dans un thriller américain, on appellerait ça un twist. Ici, comme de coutume, Philippe Lioret filme l’intime et donc propose une fin alternative qu’on anticipe pour autant qu’on connaisse un minimum son univers.

Ce twist [sans jamais le relever ici] apparait donc durant les vingt dernières minutes… sans toutefois altérer l’émotion, bien au contraire. Lioret dépose ses indices ici et là et finit par faire accepter bien lourdement l’évident. La suite est bien plus belle à défaut d’être subtile. Lioret met les pieds dans le plat afin de ratisser large et il le fait bien. L’émotion est palpable et réconfortante ; on voudrait même que ces minutes s’éternisent.

Le film est simple, intime, peut-être moins poignant que Je vais bien ne t’en fais pas, Welcome ou Toutes nos envies, mais quel bonheur de sentir ce vent québécois dans l’univers du réalisateur français !

Ouvoir.ca

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