FILMS DE LA DÉCENNIE : FILMS QUÉBÉCOIS PARTIE 2

Pour les positions 20 à 11 de la première partie de ce dossier sur les films québécois de la décennie, c’est ici.

Plusieurs membres de l’équipe de rédaction de Cinémaniak ont proposé, compilé, classé et discuté des films qu’ils considèrent comme ceux de la décennie. Pour écouter les dévoilements et les débats entourant les films du classement, rendez-vous sur la page de la baladodiffusion produite en partenariat avec CISM. Voici les 10 premières positions des 20 films québécois de la décennie selon les rédacteurs de Cinémaniak.

POSITION 10

Théodore Pellerin et Maude Guérin dans Chien de garde de Sophie Dupuis

CHIEN DE GARDE de SOPHIE DUPUIS

2018

Chien de garde raconte l’histoire de Paul (Jean-Simon Leduc), qui évolue dans un quartier défavorisé de Verdun au sein d’une famille dysfonctionnelle; sa mère peine à résister à la tentation de l’alcool, son jeune frère est une véritable bombe à retardement et son oncle, un gangster qui lui fait faire ses jobs de bras. Le premier film de Sophie Dupuis a été l’une des grandes surprises cinématographiques de la décennie 2010 au Québec. Sélectionné par Téléfilm Canada pour les Oscars 2019, Chien de garde possède un excellent sens du rythme, de la musique, du montage et une caméra de proximité hyper attentive. La cinéaste a réussi à réaliser un film sous tension, étouffant et stressant mais aussi très énergique, débordant. Elle a aussi très bien construit ses personnages, leur conférant une complexité intéressante, et créant des dynamiques tordues entre eux. Impossible de ne pas souligner Vincent, et surtout son interprète Théodore Pellerin. Sa performance est exceptionnelle, explosive, à la fois terrifiante et touchante. C’est probablement l’une des meilleures performances dans un film québécois de la dernière décennie et assurément la plus grande révélation. Fort de ses répétitions en amont du tournage, Sophie Dupuis met au cœur de sa démarche ses actrices et ses acteurs, Chien de garde en est la preuve.

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POSITION 9

Martin Dubreuil et Hadas Yaron dans Félix & Meira de Maxime Giroux

FÉLIX & MEIRA de MAXIME GIROUX

2014

Félix & Meira, troisième long métrage de Maxime Giroux, s’est vu remettre la louve d’or du meilleur long métrage au Festival du Nouveau Cinéma ainsi que le prix du meilleur film canadien de l’année au TIFF en 2014. Le film raconte l’histoire d’amour impossible entre un Québécois marginal campé par Martin Dubreuil et une jeune mère de famille juive orthodoxe. Hadas Yaron joue cette femme qui se morfond en compagnie de son mari (Luzer Twersky), un juif hassidique suivant strictement les règles religieuses de sa communauté. Elle rencontre alors Félix qui habite dans la même rue qu’elle et lui fait découvrir un monde bien loin de son quotidien. La force du film est qu’il ne juge pas ses personnages. Le réalisateur essaie d’apporter un regard neutre sur la situation à laquelle les personnages sont confrontés. Un film sensible avec des acteurs d’une grande sensibilité.

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POSITION 8

Émilie Bierre dans Une colonie de Geneviève Dulude-De Celles

UNE COLONIE de GENEVIÈVE DULUDE-DE CELLES

2018

Très présent dans l’univers cinématographique, le récit initiatique du passage de l’enfance à l’adolescence ou de l’adolescence à l’âge adulte est un genre qui doit se réinventer s’il veut continuer à intéresser. Dans Une colonie, la réalisatrice Geneviève Dulude-De Celles poursuit son portrait de l’inconfort de l’adolescence entamé dans son précédent film, le documentaire Bienvenue à F.L. (2015). Avec ce premier long métrage de fiction, elle signe un récit initiatique centré sur une jeune fille timide quittant sa campagne natale pour entrer à l’école secondaire dans la ville voisine. Sans transcender le genre, le traitement sensible et naturel que la cinéaste apporte à son histoire et à sa protagoniste lui confère un charme indéniable et lui permet de justifier son existence dans la marée de films de la même catégorie. Une grande sensibilité émane du travail de la réalisatrice. Visiblement attachée à l’humain, elle transmet l’amour, le respect qu’elle porte à Mylia (superbe Émilie Bierre), son héroïne. Sa caméra, vivante, est extrêmement proche de son héroïne, la frôlant parfois. Elle communique tout l’inconfort et la fragilité de la jeune fille. Le naturel pourrait venir du fait qu’elle a tourné ses scènes en plan séquence, naturel que le monteur, Stéphane Lafleur, a su rendre. Une colonie apparaît comme un plaidoyer pour la différence, prônant la simple et belle idée de faire ce que l’on veut plutôt que ce que l’on attend de nous. Il apparaît également comme la naissance d’une cinéaste en train de se construire une identité. Émilie Bierre est entourée d’une distribution de soutien sans faute : Jacob Whiteduck-Lavoie, Noémie Godin-Vigneau, Robin Aubert, et une Irlande Côté à la fois drôle et brise-cœur.

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Pour lire notre entrevue avec la réalisatrice

 

POSITION 7

Rachel Mwanza (avant) et Serge Kanyinda (arrière) dans Rebelle de Kim Nguyen

REBELLE de KIM NGUYEN

2012

Quatrième long métrage de Kim Nguyen, Rebelle est celui qui l’a réellement propulsé à l’avant-scène. Immense succès critique, le film a tout raflé aux Prix Écrans Canadiens et aux Jutra l’année de sa sortie, en plus d’être sélectionné aux Oscars dans la catégorie du meilleur film en langue étrangère. Cette déchirante histoire d’une jeune enfant soldate en Afrique Sub-Saharienne a touché les spectateurs et marqué les esprits. Le réalisateur propose avec cette œuvre une immersion profonde dans une terrible réalité si loin de celle de l’Occident. Il réussit à traiter le sujet de manière magistrale avec une grande sensibilité. D’une grande violence, le film est aussi, paradoxalement, d’une tendre douceur, principalement à travers la relation entre Komona (Rachel Mwanza) et Magicien (Serge Kanyinda). Son actrice principale avait d’ailleurs gagné le prix d’interprétation à la Berlinale 2012.

 

POSITION 6

Lubna Azabal dans Incendies de Denis Villeneuve

INCENDIES de DENIS VILLENEUVE

2010

La première mondiale d’Incendies a eu lieu en 2010 à la Mostra de Venise. C’est le quatrième film de Denis Villeneuve et le dernier avant son immersion anglophone avec Prisoners et Sicario. Le film a raflé neuf prix à la 13ème cérémonie des Jutra dont celui de meilleur film et du meilleur scénario. Sélectionné dans la catégorie du meilleur film en langue étrangère pour les Oscars et les Césars, il n’a malheureusement rien gagné. Néanmoins, il est considéré comme l’un des meilleurs films de 2011 par le New York Times. Le film est inspiré de la pièce de théâtre de Wajdi Mouawad, elle-même inspirée de la vie de Souha Bechara. L’histoire se situe à Montréal où on y suit le récit des jumeaux Jeanne (Mélissa Désormeaux-Poulin) et Simon (Maxime Gaudette) qui se voient remettre deux lettres à la suite du décès de leur mère Nawal Marwan (Lubna Azabal). L’une est pour leur père qu’ils n’ont jamais connu et qu’ils croyaient mort, et l’autre pour leur frère dont ils ignoraient jusqu’alors l’existence. Les jumeaux s’embarquent, à travers la vie de leur mère, dans une longue quête à la découverte de leurs origines. Sur fond de tensions religieuses, l’intrigue repose principalement sur l’abandon forcé de leur frère né d’un père musulman par leur mère chrétienne. Désavouée par sa famille, elle essayera cahin-caha de le retrouver, quitte à sacrifier sa propre vie. Si aujourd’hui certains choix ne passeraient pas (côté distribution), la force de la réalisation de Villeneuve demeure d’une grande efficacité.

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POSITION 5

Marc-André Grondin et Julianne Côté dans Tu dors Nicole de Stéphane Lafleur

TU DORS NICOLE de STÉPHANE LAFLEUR

2014

Chanteur du groupe Avec pas d’casque, Stéphane Lafleur réalise son troisième long métrage avec Tu dors Nicole qu’il scénarise. Gagnant de la quatrième édition du Prix collégial du cinéma québécois (PCCQ), il repartira bredouille de la Quinzaine des réalisateurs de l’édition cannoise de 2014 et aux Jutra de 2015 malgré 7 nominations.

C’est l’été. Nicole a 22 ans et profite du fait que ses parents soient partis en vacances pour s’approprier la maison familiale. Désintéressée de tout et traînant la patte avec un sourire au repos, Julianne Côté donne vie à ce personnage d’ado à l’humeur léthargique qui semble ne se réveiller qu’au contact du nouveau batteur choisit par son frère venu enregistrer à la maison familiale avec son groupe de musique. Pour trouver ses interprètes, le réalisateur a auditionné des comédiens non professionnels et découvre ainsi Julianne Côté qui n’est pourtant pas à son premier essai. À ses côtés se joint Marc-André Grondin, Catherine St-Laurent et Fanny Mallette dans cette comédie douce-amère comme sait si bien les faire Stéphane Lafleur. On retrouve avec plaisir ses trouvailles scénaristiques singulières (entre autres la voix de l’adolescent plus grave que son âge, les sandwichs aux tomates), autant que son humour qui survient toujours à point. Film en noir et blanc, comédie sur l’ennui en banlieue avec une touche de fantaisie comme seul Stéphane Lafleur peut nous offrir.

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POSITION 4

Sophie Nélisse et Mohamed Fellag dans Monsieur Lazhar de Philippe Falardeau

MONSIEUR LAZHAR de PHILIPPE FALARDEAU

2011

Philippe Falardeau renoue avec le cinéma social qui avait marqué ses débuts et atteint le statut de cinéaste à envergure internationale grâce au franc succès remporté par ce quatrième long métrage, Monsieur Lazhar. Adapté par le cinéaste de la pièce de théâtre d’Évelyne de la Chenelière, Bashir Lazhar. À Montréal, une enseignante du primaire meurt subitement. Apprenant la nouvelle dans le journal, Bachir Lazhar (Mohamed Fellag), un Algérien de 55 ans, offre ses services à titre de remplaçant à la directrice de l’école (Danielle Proulx). Dès son arrivée, le fossé culturel entre Bachir et sa classe se dessine, mais peu à peu, il apprend à mieux connaître un groupe d’écoliers aussi ébranlés qu’attachants. Parmi ceux-ci, Alice (Sophie Nélisse) et Simon (Émilien Néron), deux élèves charismatiques témoins du suicide de leur professeure se révèlent particulièrement atteints. Pendant que la classe amorce un processus de guérison, personne à l’école ne soupçonne le passé douloureux de Bachir qui risque l’expulsion du pays à tout moment outre une collègue qui se lie d’amitié à Mr Lazhar (Brigitte Poupart). Nominé aux Oscars en 2012, le film récolte plusieurs prix (Génie, Jutra, deux à Locarno ou encore meilleur film canadien au TIFF en 2011), le film confirme la grande humanité que le cinéaste insuffle à toutes les histoires qu’il met en images.

 

POSITION 3

Gabrielle Boulianne-Tremblay, Charlotte Aubin, Laurent Bélanger et Emmanuelle Lussier Martinez dans Ceux qui font les révolutions à moitié n’ont fait que se creuser un tombeau de Mathieu Denis et Simon Lavoie

CEUX QUI FONT LES RÉVOLUTIONS À MOITIÉ N’ONT FAIT QUE SE CREUSER UN TOMBEAU de MATHIEU DENIS et SIMON LAVOIE

2016

« Nous ne prendrons rien de moins que la démesure ». Description parfaite pour l’histoire et le film qu’est Ceux qui font les révolutions à moitié n’ont fait que se creuser un tombeau de Mathieu Denis et Simon Lavoie. Film coup de poing qui raconte l’histoire de quatre anarchistes (Charlotte Aubin, Laurent Bélanger, Emmanuelle Lussier Martinez et Gabrielle Boulianne-Tremblay) qui font face à la prise de conscience que la société ne partage pas les mêmes valeurs et convictions sociales qu’eux. Ils s’isolent alors, socialement, politiquement et physiquement pour créer leur propre société. Ceux qui font les révolutions est l’exploration de la violence de cette désillusion à travers le cadrage, la littérature, la musique, les gestes, le désespoir, les personnages et leurs sévices corporels. Fiction où les protagonistes sont 100% ce qu’ils sont, dans leurs convictions, dans leurs qualités et leurs défauts. Il s’agit d’une œuvre d’une dureté qui peut être réfractaire pour plusieurs. Les cinéastes ont tout de même eu l’intelligence de prendre position, subtilement certes, mais position tout de même. La clé pour délimiter les différents gestes des protagonistes se trouve dans les cadrages. Ainsi, le 4:3, le 16:9 et le panoramique cohabitent dans le film, allant jusqu’à alterner au sein d’une même scène. Denis et Lavoie utilisent donc le 4:3 pour optimiser les émotions, le 16:9 pour la neutralité y compris les images d’archives et le panoramique pour transmettre la limite franchie par leurs sujets, lorsqu’ils s’offrent en spectacle. Une œuvre difficile, un film événement, une expérience cinématographique unique.

 

POSITION 2

Édouard Tremblay-Grenier (avant) dans Les démons de Philippe Lesage

LES DÉMONS de PHILIPPE LESAGE

2015

Les démons de Philippe Lesage un premier film de fiction ambitieux et audacieux. On suit les aventures de Félix (Édouard Tremblay-Grenier), un jeune garçon de 10 ans qui se questionne sur l’existence au travers de l’intimidation, le rapport au corps et la cellule familiale. Timide et sensible, il n’arrive pas à comprendre le comportement de son père (Laurent Lucas) qui pourrait mettre en péril la relation avec sa mère (Pascale Bussières). Plusieurs histoires se développent en parallèle : l’amour de Félix pour sa prof de sport, la découverte de ses pulsions sexuelles ainsi que la rumeur d’un pervers (Pier-Luc Funk) qui kidnapperait des enfants. Le film se veut intemporel compte tenu de sa difficulté à pouvoir être daté. De manière frontale mais pudique, le réalisateur nous confronte à l’âpreté de l’intimidation à l’école tout en critiquant le devoir de chacun d’intervenir plus souvent. La pénombre de la forêt où s’enfonce le jeune prédateur sexuel témoigne de la noirceur de son âme. Le petit Félix a justement peur du noir et se questionne sur son orientation sexuelle. Ses tourments traduisent alors très bien les affres et les vicissitudes de l’adolescence.
Souvent tournée en plan séquence, l’action se déroule à l’intérieur de plans fixes qui, grâce à la vacuité qui l’habite, permet à la caméra de révéler l’indicible relatif à la nature des gens. Félix est complice avec sa sœur et son frère conférant à sa famille un semblant d’apparence unie. Pourtant, cette image parfaite vole en éclat lors de ce plan séquence où le père et la mère se déchirent devant les enfants qui tentent désespérément de les séparer. Philippe Lesage signe un film à hauteur d’enfant, avec un regard quasi documentaire.

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POSITION 1

Antoine Olivier Pilon dans Mommy de Xavier Dolan

MOMMY de XAVIER DOLAN

2014

Le cinquième long métrage de Xavier Dolan est l’apothéose de son implication dans un film : réalisation, scénario, costumes, montage, bande-annonce et sous-titres anglais. Mommy raconte l’histoire d’une veuve monoparentale Diane ‘Die’ Després (Anne Dorval) qui hérite de la garde de son fils Steve (Antoine Olivier Pilon), un adolescent TDAH (trouble déficitaire de l’attention avec ou sans hyperactivité, NDLR) impulsif et violent. Au coeur de leurs emportements et difficultés, ils tentent de joindre les deux bouts, notamment grâce à l’aide inattendue de l’énigmatique voisine d’en face, Kyla (Suzanne Clément). Tous les trois, ils retrouvent une forme d’équilibre et, bientôt, d’espoir. Sélectionné en compétition officielle au 67e Festival de Cannes, Mommy a été largement plébiscité par la presse française et internationale. Pressenti pour une Palme d’Or, le film est reparti avec le Prix du Jury ex æquo avec l’Adieu au langage de Jean-Luc Godard. Raflant plusieurs prix sur son passage (César du meilleur film étranger, 9 prix Écrans canadiens, 10 prix Jutra, Prix de la critique québécoise (AQCC), 3 prix Bayard au Festival International du Film Francophone de Namur), le film a fait le tour du monde avec des projections à plus de 60 festivals et distribué dans plus de 50 pays.

Déclaration d’amour de notre collaboratrice Ariane Roy-Poirier :

Comme si Xavier mettait directement sa main dans mes pants. Expérience multi-orgasmique. Suite de tableaux aussi jouissifs les uns que les autres. Céline. Notre trésor national. Antoine. Son eye-liner. Sa moue. Sa tête blonde. Son arrogance. Son « entregent ». « Tu m’attaques ma criss de snake ». Les plans de skate. La danse du panier d’épicerie sur Colorblind. Anne. Sa vulnérabilité cachée. Sa force de femme. Ses kits. Le plan des ongles sur les chaussettes dans l’ambulance. Petit moment fugace d’une tendresse infinie. Suzanne. Sa fragilité. Son trauma jamais nommé. La veine dans son front. Le regard de Kyla dans le rétroviseur. Son cœur brisé. Le mien avec. Le bleu. Le doré. Le rouge. La caméra sensible d’André Turpin. La lumière, les flous, les flairs. La scène de bar cauchemardesque sur Vivo per lei. Le ratio audacieux. Le moment parfait où le cadre s’ouvre et on se sent respirer mieux. Un moment. Trop court. Le fragile équilibre entre les trois personnages. Le temps d’une chanson. La trame sonore. Ludovico Einaudi. La magnifique scène fantasmée. Trop belle pour être vraie. Profondément mélancolique. La camisole de force sur fond noir. L’appel de Steve le « j’tais correct ? » de Steve. L’espoir de Die. Son speech. Ses pommes. La reine Anne qui retient ses larmes. Lana Del Rey. Sa douce voix triste. Un véritable tsunami d’émotions fortes. Du cinéma à l’état pur. Un chef d’œuvre.

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Cette compilation est une collaboration entre Marc-Antoine Lévesque, Alexandre Blasquez, Jules Couturier, Alice Michaud-Lapointe et Ariane Roy-Poirier.

Ouvoir.ca

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