films de la décennie : films américains partie 1

Plusieurs membres de l’équipe de rédaction de Cinémaniak ont proposé, compilé, classé et discuté des films qu’ils considèrent être ceux de la décennie. À la suite de leur classement personnel, un pointage a été accolé à chacun des films selon leur position. À cette compilation, ont été ajoutées les différentes cotes des quatre sites spécialisés en cinéma que sont LetterboxdMetacriticRottenTomatoes et le bien de chez nous, Médiafilm. À partir des pointages finaux, le classement a été effectué et compilé en catégories. Chacune d’entre elles font l’objet de deux épisodes dans le cadre du balado produit en collaboration avec CISM 89,3 FM. Pour écouter les débats entourant les films du classement, rendez-vous sur la page de la baladodiffusion.

Pour cette deuxième partie de ce dossier, Cinémaniak se prononce sur les films des États-Unis. Voici les positions 40 à 31 des meilleurs films américains de la décennie.

 

POSITION 40

Asa Butterfield et Chloë Grace Moretz dans Hugo de Martin Scorsese

HUGO de MARTIN SCORSESE

2011

Un grand du 7e art qui explore la magie du cinéma et de celle du maître qui lui a insufflé cet émerveillement enfantin auquel tout adulte ne peut résister : George Méliès. À travers les yeux d’un enfant orphelin, Hugo (personnage titulaire interprété par le très charismatique Asa Butterfield), Martin Scorsese réalise un film d’aventure sur les origines. Origines du cinéma certes, avec de magnifiques reconstitutions des tournages de Méliès (interprété par Ben Kingsley), mais aussi sur les origines qui nous habitent. Hugo, à l’aide de son amie Isabelle (Chloë Grace Moretz), tente de retrouver son père. Un film sur la magie et le pouvoir de l’enfance, mais surtout un film sur la magie et le pouvoir du cinéma. Un Scorsese loin des gangsters, mais si près de notre cœur.

 

POSITION 39

Quvenzhané Wallis dans Beast of the Southern Wild

BEASTS OF THE SOUTHERN WILD de BENH ZEITLIN

2012

Un premier long métrage qui a marqué les esprits. Pour ceux et celles qui l’ont vécu, Beast of the Southern Wild ne peut décevoir lorsqu’on s’y abandonne. Hushpuppy (la sublime Quvenzhané Wallis, d’ailleurs nominée aux Oscars pour sa performance) doit apprendre à survivre dans les bayous inondés, éprise d’un père colérique dont elle ne peut se débarrasser. Benh Zeitlin réalise un film qui surprend constamment avec ses trucs cinématographiques (jeux de perspectives, images fortes), mais qui demeure toujours dans la beauté qu’une enfant peut trouver, même dans les épreuves que la vie lui jette. Un film rempli d’amour et de courage.

Voir ce que l’on en avait dit à sa sortie sur les écrans.

 

POSITION 38

Nicolas Cage dans Mandy

MANDY de PANOS COSMATOS

2018

Le meilleur de Nicolas Cage dans la décennie 2010. Panos Cosmatos offre un film de genre… unique en son genre. Mandy raconte la vie d’un couple isolé en forêt qui est violemment agressé par un culte hippie et leur chef, un démon motard. Mandy Bloom (Andrea Riseborough) se fera enlever, propulsant son copain Red Miller (Nicolas Cage) dans une quête de vengeance brutale que rien ne pourra arrêter. Cosmatos met en image de manière éclatée cette quête qu’il est difficile de décrire, mais que tout cinéphile doit vivre.

 

POSITION 37

Cate Blanchett et Rooney Mara dans Carol

CAROL de TODD HAYNES

2015

Dans les années 1950, une jeune photographe (Rooney Mara) s’éprend d’une femme plus âgée et plus nantie, Carol (évanescente Cate Blanchett). Les deux femmes débuteront une relation taboue dans un New-York homophobe. Mara livre une performance toute en nuances dans l’expression de son désir interdit, alors que Blanchett est hypnotisante. Carol est non-palpitant, mais palpable. Todd Haynes nous offre une histoire non pas sur l’amour, mais sur le désir et toutes ses composantes. La réalisation est élégante, en finesse et joue parfaitement avec les codes de l’observation (plans à travers des vitres, actions du quotidien sans son, leitmotiv de l’appareil photo, échanges de regards), les silences et la fragmentation du corps de Cate Blanchett qui nourrit le mystère qu’est son personnage. Haynes sait parfaitement explorer le désir répressif et il le prouve avec Carol. Du Todd Haynes à son meilleur.

Voir ce que l’on en avait dit à sa sortie sur les écrans.

 

POSITION 36

Daniel Kaluuya dans Get out

GET OUT de JORDAN PEELE

2017

Jordan Peele a fait l’histoire du cinéma de genre américain avec ce film que personne n’attendait vraiment. Issu du monde de l’humour, Peele signe un premier long métrage prenant, rendant la réalité, dans toute sa complexité et sa tension constante. Daniel Kaluuya mène cette descente vers l’enfer social et physique que sont les tensions raciales dans la société américaine d’aujourd’hui. Film efficace, socialement utile, qui, à défaut de ne pas révolutionner le genre, est le film d’horreur le plus pertinent de la décennie. Et que dire de sa fin. Get out est à vivre.

 

POSITION 35

Steve Carell et Channing Tatum dans Foxcatcher

FOXCATCHER de BENNETT MILLER

2014

Deux frères champions olympiques de lutte joignent l’équipe d’un millionnaire excentrique de la famille du Pont. Alors que l’équipe Foxcatcher s’entraîne, le comportement de John, le propriétaire mettra en péril leur participation aux prochains Jeux Olympiques de 1988 à Séoul. Pour cette manière fascinante qu’a Bennett Miller de filmer ce langage corporel particulier, mais surtout pour cette exploration de personnages qui se produit presque exclusivement par le jeu et le corps de ce trio magistral d’acteurs ; Steve CarellChanning Tatum et Mark RuffaloMiller signe un film loin du divertissement au sens commun du terme et pose sa caméra sur le non-dit, et le fait d’une manière tendue pour le spectateur (aux limites du thriller, étrangement) tout en lui laissant la liberté d’interpréter les motivations de chacun. L’écran épouse ces acteurs dans la sombre poésie corporelle qu’est ce film. Foxcatcher surprend, mais séduit par sa subtilité envoûtante.

 

POSITION 34

Michael Fassbender et Chiwetel Ejiofor dans 12 Years a Slave

12 YEARS A SLAVE de STEVE MCQUEEN

2013

Aux États-Unis, un homme noir libre dans l’État de New-York est enlevé et vendu en tant qu’esclave. Basé sur la vie de Solomon Northup (interprété par Chiwetel Ejiofor), 12 Years a Slave voit l’arrivée américaine du réalisateur anglais Steve McQueen. Film qui marque les esprits par sa cruauté et sa grande humanité. Les performances y sont d’un haut calibre, d’une Lupita Nyong’o à fleur de peau, à un Michael Fassbender incarné en propriétaire violent, en passant par la complexité sensible de sa femme interprétée par Sarah Paulson. Sensibles s’abstenir.

 

POSITION 33

INSIDE OUT de PETE DOCTER et RONNIE DEL CARMEN

2015

Une seule phrase pour vous convaincre : un éléphant-chat-dauphin rose fait en barbe-à-papa vous fera verser une larme. La magie de Pixar opère, dans le meilleur qu’ils nous ont offert dans la décennie 2010. Inside Out de Pete Docter et Ronnie Del Carmen c’est aussi beaucoup plus, surtout une bonne introduction des parents à la psychologie de leur enfant ; comme quoi chaque événement aussi anodin soit-il est important pour un enfant… même s’il n’en parle pas. Pour petits et grands, ne boudez surtout pas votre plaisir.

Voir ce que l’on en avait dit à sa sortie sur les écrans.

 

POSITION 32

Christopher Rivera et Brooklynn Prince dans The Florida Project

THE FLORIDA PROJECT de SEAN BAKER

2017

Brooklynn Prince est irrésistible à un point où elle vole la vedette au cinéaste. Sean Baker nous offre tout de même un accès à une tranche de vie que peut être l’enfance, dans toute son innocence et sa cruauté. Dans The Florida Project, Willem Dafoe est sensible comme vous ne l’avez jamais vu. Il est notre point de vue adulte, témoin comme nous spectateur, de ce que vivent ces enfants. Un film coloré aux émotions douces beaucoup trop souvent amères.

 

POSITION 31

Ryan Gosling et Emma Stone dans La La Land

LA LA LAND de DAMIEN CHAZELLE

2016

La magie fonctionne. La nostalgie fonctionne. La musique fonctionne. Damien Chazelle a fait ses devoirs (de Vincente Minnelli à Jacques Demy) et nous offre un hommage/perversion/réactualisation du musical classique… qui est également un hommage au cinéma hollywoodien qui nous fait rêver, tout en ne s’inscrivant pas dans ce rêve inconditionnel. La réalisation est ambitieuse et presque sans faute. C’est entraînant, c’est fait pour être du divertissement (avec nostalgie et juste assez d’arrache cœur). Son point faible : son scénario, qui peut être parfois insipide, mais on lui pardonne ; après tout comment faire une histoire classique hollywoodienne sans sonner faux comme Hollywood sait si bien le faire! Emma Stone est excellente et les talents de pianiste de Ryan Gosling sont impressionnants. La La Land se termine en ramenant ses protagonistes et ses spectateurs à la réalité, une fin qui peut gâcher l’expérience émotionnelle de celui qui regarde, mais ose faire ce qu’Hollywood ne fait pas si souvent.

Ouvoir.ca

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