Fantasia 2021 : Coup de cœur et coup de gueule

Comme l’an passé, le festival a pris les précautions nécessaires pour s’adapter au contexte actuel. Il a offert une trentaine de films à voir en salle tandis que le reste de la programmation a été diffusée sur une plateforme en ligne. La réputation de Fantasia n’est plus à faire, il s’agit de l’un des festivals de cinéma les plus importants en Amérique du Nord. La majorité des films présentés appartiennent au fantastique, à l’horreur et à l’action, bien qu’il soit parfois impossible de leur attribuer un genre. Les représentations en salle sont souvent dépeintes comme étant des spectacles interactifs, mais l’audience a toujours beaucoup de respect pour le travail des réalisateurs. Chaque film est une surprise, bonne ou mauvaise… Voici un coup de gueule et un coup de cœur de la programmation de cette année.

» Indemnity : Une vengeance manquée

Réalisation : Travis Taute
Pays : Afrique du Sud, 2021
Note : ★★ 1/2

Travis Taute nous présente son premier long métrage Indemnity en grande première mondiale à l’édition 2021 du Festival de Fantasia. Le réalisateur sud-africain a réalisé plusieurs courts métrages, documentaires et séries télé. Malgré une prémisse intéressante, le résultat du film n’est pas tout à fait à la hauteur de nos attentes.

L’histoire suit Theo Abrams, un ancien pompier qui a connu un échec lors d’une mission de sauvetage. Suite à cet événement, il souffre d’un stress post-traumatique qui l’empêche de retrouver un mode de vie sain. Le film commence à dérouter lorsque le héros se réveille au côté de sa femme assassinée. Sans surprise, il devient le premier suspect. Il finit alors par s’enfuir, recherché par la police. Theo découvre un mystérieux lien entre les forces sinistres qui cherchent à le faire taire sans en comprendre la raison et une enquête récente que sa femme menait sur un homme d’affaires international.

La direction d’acteurs est impeccable et les séquences d’action sont très divertissantes. Cependant, à un certain moment, le scénario présente trop de pistes non résolues et c’est à cet instant que les faiblesses du film commencent à se ressentir. En effet, plusieurs scènes arrivent dans le film comme un cheveu sur la soupe et complexifient inutilement la trame. L’incompréhension et l’incohérence émanent considérablement de ce film à suspense. Les revirements de situations sont tous prévisibles et aucune scène n’arrive à nous surprendre. Pour un premier film de format long métrage, Travis Taute semble pourtant avec de bonnes intentions et propose de bonnes idées. Par contre, le manque de finesse du scénario empêche la réalisation de sortir des sentiers battus. De fait, les spectateurs décrochent plus rapidement du film.

Bande annonce :

 

Durée : 2h04
Crédit photos : Gambit Films

 

» Midnight : Un long cauchemar

Réalisation : Kwon Oh-Seung
Pays : Corée du Sud
Note : ★★★★

Pour un premier long métrage, Kwon Oh-Seung réussit merveilleusement bien à capter l’attention des spectateurs. Le film a été tourné avant la pandémie, mais il a fallu attendre plus d’un an avant de le sortir en salle.

Au coeur de ce thriller, nous avons affaire à un tueur en série méthodique dans sa manière d’exécuter ses victimes. Sur son chemin, il va croiser une fille cherchant l’amour (So-jung) et son frère surprotecteur. Plus tard, il rencontrera une autre jeune femme (Kyung-mi) et sa mère, toutes les deux malentendantes. Un long et lent cauchemar s’annonce pour les protagonistes.

L’histoire se met en place lorsque les deux victimes Kyung-mi et So-jung se croisent dans une ruelle. Les spectateurs sont alors constamment sur le qui-vive, sachant que les personnages se retrouvent perpétuellement en danger. En raison du handicap de Kyung-mi, il devient facile de s’attacher à elle. De plus, le travail sonore du film permet de plonger dans la peau de l’héroïne, démontrant ainsi l’écart entre son point de vue et la réalité. Le jeu des acteurs, juste et crédible, apporte définitivement une plus-value au film.

Dès les premières minutes du film, le réalisateur coréen ne cache pas l’identité du meurtrier (Do-sik), au contraire, il nous impose sa présence tout au long du récit. Le suspense est à son paroxysme compte tenu du fait qu’il est impossible de savoir si le meurtrier va finir par se faire arrêter ou non. La grande maîtrise du scénario permet à la réalisation de briller par sa méticulosité. Avec un travail de montage remarquable, chaque scène est construite de façon précise pour maintenir le suspense de l’intrigue. Le réalisateur impose un rythme sans pause grâce à une histoire bien ficelée. Kwon Oh-Seung donne une leçon de cinéma avec ce premier opus et nous offre un avant-goût d’un talent que l’on espère retrouver dans ses prochains films. Retenez bien son nom et tentez de mettre la main sur cette oeuvre surprenante.

Bande annonce :

Durée : 1h43
Crédit photos : Finecut Co., Ltd

 

Retrouvez ici notre couverture de Fantasia 2020.

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