Faits Divers : Le réalisateur Stéphane Lapointe évoque ses influences et ses succès de Tout sur moi à Lâcher Prise

Faits Divers : Le réalisateur Stéphane Lapointe évoque ses influences et ses succès de Tout sur moi à Lâcher Prise

Faits Divers : Le réalisateur Stéphane Lapointe évoque ses influences et ses succès de Tout sur moi à Lâcher Prise

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Son nom ne vous dit peut-être rien. Pourtant l’artisan Stéphane Lapointe est un réalisateur de comédie les plus prisées depuis plus de dix ans au Québec. Côté télé c’est lui qui a signé les séries Tout sur moi, Lâcher Prise ou dernièrement Faits divers tandis qu’au cinéma, on lui doit notamment Les maitres du suspens ou La vie secrète des gens heureux.

Cet automne, il signe un changement de style en réalisant la série policière de Radio-Canada : Faits divers avec Isabelle Blais et Émile Proulx-Cloutier. Nous l’avons rencontré afin de connaitre ses influences et les raisons de ses succès.

Stéphane Lapointe - Faits divers

Synopsis de la série :  Mike Pratt (Fabien Cloutier), un loser sympathique, propriétaire d’un commerce de portes et fenêtres met le feu à sa grange dans l’espoir de profiter de la manne des assurances. Il a comme complice sa comptable, Marlène Charbonneau (Mylène Mackay), laquelle a plus d’un tour dans son sac mais qui manque aussi un peu de jugeote.

Près ou loin d’eux gravite toute une brigade de «méchants» qui en verront eux-mêmes de toutes les couleurs : Éric «la bottine» Charbonneau (David Boutin), frère de Marlène, la distinguée avocate-galeriste Anne Dupuis (Marie-Ève Beaulieu), Joël Savard (Francis La Haye) et Yvan-Gilles (Jean-Pierre Bergeron). Face à eux enquêteront donc Constance Forest (Isabelle Blais), une superwoman de 37 ans et Frédérik Bérubé (Émile Proulx-Cloutier) .

 

Si les médias se sont longuement entretenus avec Joanne Arseneau (Le Clan/19-2) au sujet de la série qu’elle a écrite « à la Fargo » comme on peut lire bien souvent, on sait moins comment Stéphane Lapointe a réussi à imposer son univers à ce polar par ailleurs très bien écrit.

D’ailleurs, c’est en répondant à un appel d’offres de pitch que le réalisateur a été rappelé pour présenter sa vision de la série qu’il ait voulu d’inspiration Broadchurch ou True Detective avec des musiques scandinaves: « Le mystère qu’il y a dans la caméra de Broadchurch avec les hors-foyers collait bien avec ce que j’avais envie de montrer dans Faits divers »

L’action se passe à Saint-Canut dans les Laurentides… et débute avec une caméra embarquée sur un chien qui découvre les cadavres de ses maitres à terre ce qui donne déjà le ton d’une série qui tentera des choses d’un point de vue de la mise en scène.

Visuellement, la série apporte une touche différente de ce qu’on voit habituellement à la télé québécoise : « Comme pour L’Imposteur, nous aussi on a joué avec des drones et des ralentis qui amenaient pour moi du côté humain parce que je trouve que les shows de police sont très froids parfois ».

Stéphane Lapointe - Faits divers

Lorsque l’univers est installé, on se rend compte assez vite qu’un certain humour vient ponctuer la série à l’instar de cette gang de policière toute enceinte en même temps. C’est aussi grâce à une distribution de premier plan (que Stephane Lapointe a voulu mixée de têtes d’affiches et de visages moins connus) qu’il réussit à faire vivre la série dont Isabelle Blais est l’héroïne. Pour sa comédienne, le réalisateur ne tarit pas d’éloges comme pour bon nombre de comédiens qui se sont vus rendus moins beaux que tels qu’on les voit habituellement : « Je voulais aussi faire une série qui était sur les anti-look. À la télé, on coiffe trop, on maquille trop, on sent trop le travail du CCM (l’équipe chargée des costumes, de la coiffure et du maquillage NDLR) … »

Faits divers sera donc sans nul doute un nouveau succès pour Stephane Lapointe suite à la vague Lâcher Prise (succès public et critique sorti vainqueur de 6 Gémeaux il y a quelques semaines) qui a rejoint les gens à différents niveaux : « Dans Lâcher Prise, je voulais que le drame fonctionne même si ça reste une comédie dramatique. Je pense que ça a touché parce que tout le monde est vraiment à deux doigts du Burn-out et qu’on est proche du personnage de Valerie. Il y a aussi l’efficacité comique d’Isabelle avec des textes forts aussi… »

crédit photos: Stephane Lapointe

Côté cinéma, Stéphane Lapointe a réussi à faire un premier film très bien accueilli (la vie secrète des gens heureux) qui a obtenu de nombreuses distinctions et qui était une chronique douce-amère autour des relations amoureuses…mais sa dernière réalisation (Les maîtres du suspens) l’a vu aux prises avec des désaccords vis-à-vis du distributeur ce qui en a résulté un long métrage décevant selon lui : « J’ai un peu un amour haine avec le projet. Cela a été vendu et monté comme une comédie populaire et moi je voulais faire quelque chose de plus arty… Entre le distributeur et moi, on dirait qu’on ne faisait pas le même film. J’ai eu un petit six mois de blues après la sortie du film »

Il travaille actuellement au développement d’un nouveau scénario « à la Spielberg avec une sorcière qui lance un sort à des enfants… influencés par les Goonies », un projet qu’il monte avec la société de production Caramel Film et qui se tournera sans doute en anglais… Le film a déjà obtenu ses financements et Stephane Lapointe se réjouit de pouvoir monter des projets différents de ce pourquoi on a fait appel à lui jusqu’à maintenant : « J’ai envie de me promener un peu…je vois mes confrères Jean Marc, Denis et Xavier…c’est sûr que j’aimerais ça suivre leurs traces en Californie ou en Europe…». Il est conscient que « c’est la jungle à LA » et que certain sont revenus déçus (cf Maxime Giroux il y a deux ans) mais il aime aussi rêver les yeux ouverts et pourquoi fait travailler avec Cate Blanchet un jour.

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Syril Tiar Tombé dans le cinéma alors qu’il était tout petit, Syril Tiar s’est rapidement pris d’affection pour le cinéma francophone… Devenu un connaisseur hors-pair des Sautet, Resnais, Chabrol, Lelouch, Lecomte (oui à cette époque, seuls les vivants comptaient), ce n’est que bien plus tard qu’il a pu élargir ses goûts à d’autres réalisateurs d’abord européens (Von Trier, Almodovar, Leigh…) puis américains (Allen, Burton).

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