Every Thing Will Be Fine : (sur)vivre au drame

Après 2 excellents films, Every thing will be fine est un Wenders plus mineur. ♥♥

Quand on regarde l’ensemble de sa carrière, on réalise qu’il y a différents Wim Wenders ; celui de Alice in the Cities n’est pas le même que celui de Don’t Come Knocking ou Pina. On reconnaît la signature, les préoccupations, mais les thématiques ou la vision sont en mouvement, adaptées à la situation actuelle. Son plus récent film, Every Thing will be fine, le ramène à sa dans les drames façon 2015.

James Franco campe ici un écrivain qui tue par accident un enfant sur une route enneigé du Québec (où le film a été tourné). Traversant tout d’abord une période très sombre, il canalisera cet événement dans l’écriture et connaîtra de plus en plus de succès dans sa carrière et sa vie amoureuse. Toutefois, le drame reviendra périodiquement troubler ce succès, notamment par le retour de la mère et du frère de sa victime.

La scène d’introduction est assez très forte et mets la table pour le ton dramatique du récit. La mise en scène de Wenders est mobile et solide et accompagne en retrait les éléments narratifs de l’introduction. De mettre le personnage de James Franco en écrivain est en ce sens intéressant et révélateur. Un artiste habitué à l’intériorité comme lui verra les démons résultants d’une telle expérience décupler par sa propension à l’introspection. Par contre, sa façon de vivre les émotions tellement intérieurement en vient à rendre perplexe et agacer le spectateur (l’expression emotionally constipated employée par Guy Lodge dans Variety est tout indiquée !). Cette propension anti-émotionnelle de James Franco semble se propager à l’ensemble de l’équipe alors que, malgré des noms comme Rachel McAdams, Charlotte Gainsbourg ou Marie-José Croze au générique, le jeu d’acteur ne se démarque pas outre-mesure.

 Everything will be fine 2

 Everything will (not) be fine

Une fois la première séquence passée et le purgatoire terminé, le reste de la progression narrative est plus difficile. On a l’impression que le film manque de matière et les quelques éléments déclencheurs qui surviennent tout au long du film ne parviennent pas à garder le rythme. La finale, montée comme un climax cinématographique, mais très pauvre au plan narratif, est l’exemple le plus probant. La mise en scène de Wenders se fait également plus malhabile tout au long du film ; les transitions, les fondues ou les ellipses sont souvent superflus et agacent trop souvent.

Wim Wenders ne marquera malheureusement pas les esprits avec cette nouvelle œuvre, d’autant plus qu’il ne s’agit même pas de son meilleur film de 2015 (cet honneur revient à son excellent documentaire Le Sel de la Terre). Avec le mémorable Pina en 2011, Wenders marque un pas de recul avec une œuvre sans grande originalité et manquant de poigne narrative pour véritablement s’imposer dans la filmographie si riche qui est la sienne.

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