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The eternal night of the twelve moons (La Eterna Noche De Las Doce Lunas)

Rite initiatique du passage à l’âge mature et dévoilement du patrimoine identitaire aux jeunes Wayuus – ♥♥½

Sur la péninsule de Guajira , dans le nord de la Colombie, les vieilles traditions du peuple autochtone Wayuu commendent aux jeunes femmes d’être recluse, hors du monde, pendant un cycle de 12 lunes, dès que commencent leurs menstruations. Pili a 12 ans lorsque, pour l’amour de sa grand-mère , elle décide de suivre cette coutume.

Eternal_night_of_the_twelve_moonsPriscilla Padilla Farfan propose ici un documentaire sur ​​la persistance d’anciennes coutumes dans un monde moderne. On y découvre avec beaucoup d’intérêt les légendes, croyances, rites et rituels d’un peuple autochtone du nord de la Colombie : l’ethnie Wayuu. Le symbole même de cette réclusion volontaire de 12 lunes est superbe : la jeune fille, emmaillotée dans un drap puis dans un hamac, ne doit bouger ni les bras ni les pieds, comme dans une chrysalide. Sortie de son enfermement, durant lequel elle aura appris l’artisanat traditionnel et les tâches ménagères, mais aussi beaucoup sur elle-même (à savoir la persévérance, l’introspection et la force de caractère), la jeune fille devient désormais femme et pourra choisir de suivre le système traditionnel, à savoir la dot et le choix d’un mari par sa grand-mère maternelle (dot dont le montant est équivalent aux qualités dont elle aura su faire preuve durant cette réclusion) ou choisir elle-même son mari. En cela, la réalisatrice nous amène à réfléchir sur l’essence même de la féminité, aujourd’hui. Dans la forme, le film a cependant quelques défauts et quelques longueurs, qui gâchent un peu notre plaisir. Ainsi, l’habillage sonore, qui propose au début un beau mélange de bruits de la nature et de musique traditionnel, sombre au milieu du film dans la répétition régulière de la chanson titre. L’image, très belle et travaillée, vire dans le répétitif avec des fondus enchainés malheureusement assez kitsch. Ne boudons cependant pas cependant cette belle découverte d’une culture autochtone peu connue, que nous permet le RDM.

Réalisatrice : Priscilla Padilla Farfan, production : Johana Peñuela, Gustavo Pazmin Perea & Priscilla Padilla Farfan, montage : Ximena Franco, son : Vladimir Diaz, pays : Colombie & Bolivie, durée : 87 min. 

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