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Entretien avec les artisans du film Ça sent la coupe

Entretien avec les artisans du film Ça sent la coupe
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Ça sent la coupe, la nouvelle comédie dramatique de Patrice Sauvé mettant en vedette Louis-José Houde, ouvre les Rendez-vous du cinéma québécois ce mercredi avant de prendre l’affiche un peu partout au Québec le vendredi 24 février. Le film relate, sur toute la saison de hockey du Canadien de Montréal de 2009-2010, la peine d’amour d’un trentenaire fanatique de hockey, tout en nous présentant ses relations avec sa famille et ses amis. Pour l’occasion, Cinémaniak a rencontré le réalisateur Patrice Sauvé, le scénariste Matthieu Simard et l’acteur Maxime Mailloux qui nous ont parlé d’une expérience de tournage exceptionnelle et de son résultat : un film dont ils sont tous les trois très fiers.

Ça sent la coupe - Cinémaniak.net

Crédit photo: Les Films Séville

Patrice Sauvé, le réalisateur également derrière les séries La vie, la vie et Grande Ourse, se remémore une fabuleuse expérience de tournage, vécue au printemps 2016 : « Ce fut le plus beau tournage de ma vie, une expérience unique puisque pour la première fois de ma carrière, j’avais un scénariste en résidence. Normalement, le scénariste d’un film vient visiter le plateau de temps à autre mais ne reste jamais. Matthieu [Simard], lui, a décidé de revenir à tous les jours ». Le principal intéressé, Matthieu Simard, ajoute : « J’avais extrêmement de plaisir sur le plateau. À chaque fois, j’avais envie de proposer de nouvelles idées. J’ai donc passé le tournage à écrire sur place, à modifier le scénario au fur et à mesure ».

 

Patrice Sauvé évoque aussi une gang d’acteurs et d’artisans avec qui il était « facile et plaisant de travailler ». Il avait un réel désir d’avoir une gang solide et accueillante puisque Ça sent la coupe est justement un film qui parle de gang d’amis. Maxime Mailloux, qui incarne le meilleur ami du personnage de Louis-José Houde, ajoute que « la gang s’est créée instantanément. Elle reste tissée très serré même après un an, ce qui est très rare dans le milieu ».

 

Le hockey est au cœur du film. Plus qu’un thème, c’était aussi un outil pour ses créateurs. Mathieu Simard nous dit : « Le hockey est un décor, une toile de fond au film servant à regrouper la gang ». Patrice Sauvé ajoute que « le hockey servait aussi à jouer dans le temps, sur la linéarité, en fonction des matchs, en les marquant à l’écran ».

 

Ça sent la coupe met en vedette Louis-José Houde, l’une des grandes vedettes du Québec actuel, et parle de hockey, le sport favori des Québécois. Avec ces atouts, le film est appelé à connaître du succès. Ses artisans ne ressentent pourtant pas réellement cette pression. « On veut que le film dure, confie Patrice Sauvé, pas au box-office, mais dans le cœur des gens, pour que dans plusieurs années, il soit encore pertinent, que des parents puissent le montrer à leurs enfants. Ce serait pour nous le plus grand succès. » Le réalisateur ajoute aussi que le choix de Louis-José Houde pour le rôle principal n’avait pas pour but de faire de l’argent. « Le casting de Louis-José s’est fait tout naturellement. Il avait reçu le roman de Matthieu Simard par hasard. Un jour, ses productrices se sont retrouvées dans le même bureau que l’agent de Matthieu à parler du roman. C’est de cette manière que le choix s’est fait, sans aucune planification. »

Ça sent la coupe - cinémaniak.net

Crédit photo: Les Films Séville

Louis-José Houde est un humoriste dont on connaît bien le côté très hyperactif. Pourtant son rôle dans Ça sent la coupe nécessitait beaucoup de sobriété. C’est un personnage très calme. Il peut donc sembler étrange d’avoir choisi cet humoriste pour le rôle. Patrice Sauvé répond : « Louis-José a voulu se risquer. C’était un défi qui l’intéressait. Il dit de ce rôle que c’est lui sur le neutre et non pas dans sa personnalité publique. Outre son humour hyperactif, Louis-José regarde les humains avec beaucoup d’acuité, un trait que l’on remarque dans ses spectacles. Dans le film, il est beaucoup spectateur de sa gang. On utilise donc une de ses forces à notre avantage ». Maxime Mailloux se souvient « d’une gang d’acteurs exaltés, toujours en train de s’amuser et de se faire rire mutuellement ». Louis-José devait donc souvent se retirer des autres pour rester dans son personnage. « Il ne pouvait pas toujours rire avec nous. »

 

Matthieu Simard a écrit le roman Ça sent la coupe en 2004. Il a ensuite écrit le film qu’il dit être très différent du livre. « Je n’ai pas voulu entrer trop dans le roman. Celui-ci était derrière moi. J’avais envie d’être un scénariste et non pas un écrivain qui adapte son film. Je dirais donc que le film est inspiré du roman plutôt que d’en être une adaptation. » Simard en était à sa première expérience de scénarisation lorsqu’il a écrit le film. Auteur de plusieurs romans à succès, il n’avait par contre aucune base en scénarisation. « J’ai eu de l’aide et j’ai travaillé fort. Patrice [Sauvé] m’a bien supervisé. J’ai appris à mesure que j’avançais dans le scénario. Ce fut réellement un beau travail d’apprentissage qui m’a donné envie de continuer d’écrire des scénarios. Par contre, je ne veux pas faire d’autres adaptations de mes romans, je veux écrire des projets originaux. »

 

Ça sent la coupe a l’honneur d’ouvrir la 35e édition des Rendez-vous du cinéma québécois. Ses artisans en sont surpris mais aussi très heureux. Lorsqu’on leur demande pourquoi, selon eux, le choix s’est arrêté sur leur film, Patrice Sauvé nous répond : « C’est un film qui parle du “nous”, dans l’intime et le social, et les RVCQ sont le “nous” du cinéma québécois. Il y a donc un accord parfait ».

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Fondée en 2012, Cinémaniak est une revue de cinéma exclusivement web qui s’est donnée comme mission de promouvoir le septième art sur le continent nord-américain. Notre mission est de donner la parole à des passionnés de cinéma capables de rendre accessible l’art qu’ils affectionnent.
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Jules Couturier Entre Jules Couturier et le septième art, c’est une histoire qui dure depuis toujours. Du plus loin qu’il se rappelle, le cinéma l’a toujours fasciné. La critique de cinéma est un prolongement de son discours intérieur. Ouvert à différents genres, il a toutefois une préférence pour les œuvres présentant des personnages issus de cultures marginales, rebelles, des personnages en transformation, confrontés à des expériences initiatiques, animés d’une révolte ou d’un désir de dépassement. Il est adepte d’un cinéma de l’espoir, pourrait-on dire, qui enrichit la réflexion sur la condition humaine sans sacrifier pour autant au plaisir ou au divertissement. Il complète actuellement des études universitaires en écriture de scénario et en création littéraire. Objectif : entretenir sa flamme pour le cinéma.

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