Page d'accueil FILMS Au Québec Embrasse-moi comme tu m’aimes : Un bon goût sur les lèvres [critique de film]

Embrasse-moi comme tu m’aimes : Un bon goût sur les lèvres [critique de film]

Embrasse-moi comme tu m’aimes : Un bon goût sur les lèvres [critique de film] 3.5
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Note de l'auteur
Foisonnant par sa distribution, Embrasse-moi comme tu m’aimes l’est aussi par sa reconstitution exceptionnelle du Montréal des années 40.
NOTE DU LECTEUR

« Foisonnant » est un mot qui résume de manière parfaitement adéquate le dernier long métrage d’André Forcier.

Dans Embrasse-moi comme tu m’aimes, le jeune Pierre pense sérieusement à s’engager dans l’armée. Car dans le Montréal de 1940, on a besoin de soldats pour partir au front combattre les nazis déféquant sur le lit de la démocratie. Notre héros ferait d’une pierre deux coups puisqu’il fuirait également les avances de son infirme de sœur jumelle, Berthe, folle amoureuse de son frère. D’une jalousie maladive, elle voit d’un mauvais œil l’arrivée de la belle Marguerite dans l’entourage de Pierre.

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Autour de ce triangle amoureux à tendance incestueuse gravitent un nombre impressionnant de personnages secondaires qui, fait plus impressionnant encore, sont interprétés par une pléthore de comédien.ne.s talentueux. C’est simple, l’ensemble des « A » de l’Union des Artistes est présent dans ce film.
Outre Émile Schneider (formidable dans Là où Attila passe et Le rang du lion), Juliette Gosselin et Mylène Mackay (la seule et unique Nelly), on retrouve à la distribution Céline Bonnier, Réal Bossé, Roy Dupuis, Antoine Bertrand, Remy Girard, Pier-Luc Funk et des dizaines d’autres… Le tout couronné par un caméo savoureux de Donald Pilon.

Crédit photo: Capture d’écran Youtube

Foisonnant par sa distribution, Embrasse-moi comme tu m’aimes l’est aussi par sa reconstitution exceptionnelle du Montréal des années 40. Doté d’un budget modeste pour un film historique – environ 4 millions de dollars – le film tire son épingle du jeu en se concentrant sur ses personnages, Pierre et Berthe en tête. L’écriture est aussi une qualité imparable au film de Forcier. Les répliques cinglantes et cultes fusent et donnent du cachet à ce Montréal du passé.

Parlons-en de l’écriture, et du ton. Le ton d’André Forcier est unique. Jamais totalement un drame, jamais complètement une comédie, Embrasse-moi comme tu m’aimes touche parfois cette frontière entre le génie et le ridicule. Il n’y a qu’à voir Antoine Bertrand plaquer violemment Roy Dupuis contre un mur pour ressentir une tension presque instantanément dénouée par le gag looneytunesque qui suit – et que nous garderons pour nous histoire de garder le punch intact.

Embrasse-moi comme tu m’aimes n’est donc pas entièrement un film historique, mais avant tout un film de personnages, souvent en amour. C’est aussi un mélange parfois improbable, une poutine dans laquelle l’humour vient relever le goût d’un drame mélancolique comme un extra fromage en grains le ferait pour une sauce d’un brun intense. Le dernier long métrage d’André Forcier pourrait provoquer l’indigestion chez certains, mais pour les autres, c’est finalement eux, qui l’embrasseront tout entier, comme ils l’aiment.

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Yohann Thiou Scénariste, auteur et amateur de Nutella, Yohann fatigue son entourage en parlant sans cesse de cinéma. Pour éviter de se retrouver seul et rejeté de tous, il en critique donc sur Cinémaniak à des lecteurs et lectrices consentants.

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