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Le cinéma américain (Les 5 ans de Cinémaniak)

Le cinéma américain (Les 5 ans de Cinémaniak)
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Cinémaniak fête ses cinq ans cette année. Cinq ans de nouveaux films vus à chaque semaine dont un bon lot sont…américains. Qu’on l’admire ou qu’on le snobe, il n’y a pas à dire, le cinéma américain est incontournable et a probablement eu la plus importante influence dans l’histoire du 7e art. Encore aujourd’hui, c’est celui qui est le plus vu, le plus analysé, le plus festoyé. Pour célébrer ses cinq ans, Cinémaniak se replonge dans le cinéma américain des cinq dernières années. Voyez quels ont été les films, les artisans et les phénomènes qui ont marqué le cinéma de nos voisins du Sud au cours de cette demi-décennie.

Trois réalisateurs qui ont marqué les cinq dernières années :
Le vétéran authentique, le virtuose mexicain et le jeune prodige

Richard Linklater

cinéma américain : Richard Linklater

Crédit photo: Wikimedia Commons

Richard Linklater n’est pas un petit nouveau dans le grand échiquier du cinéma américain puisqu’il est à l’origine de plusieurs œuvres marquantes des années 1990 et 2000 tels que le film-culte Dazed & Confused ou le romantique Before Sunrise. Mais il apparaît tout particulièrement sur une belle lancée depuis quelques années. En 2013, il a mis fin à sa trilogie de l’amour avec Before Midnight, un excellent opus qui concluait admirablement ce qu’il avait si bien commencé 18 ans plus tôt avec Before Sunrise. Linklater suit sa formule classique de longs dialogues philosophiques pour présenter Ethan Hawke et Julie Delpy, maintenant mariés et parents, confrontés au vieillissement de leur couple. Deux ans plus tard, il révolutionne le monde du cinéma de fiction avec Boyhood, dont il avait commencé le tournage 12 ans plus tôt. Le film suit sur plus d’une décenniele parcours d’un jeune garçon et de sa famille, les personnages étant tous interprétés par les mêmes comédien sau fil des années, à travers une Amérique en constante transformation. Enfin, l’année dernière, il nous a offert la suite spirituelle de son classique Dazed & Confused en proposant Everybody Wants Some!!!, un film sympathique qui s’inscrit parfaitement dans sa filmographie et qui a reçu, une fois de plus, un excellent accueil de la part de la critique. Avec près de 30 ans de carrière, Linklater est un des rares cinéastes américains à avoir trouvé une voie qui lui est propre et à savoir l’enrichir œuvre après œuvre, et ce, au plus grand bonheur de son auditoire.

Alejandro González Iñárritu

cinéma américain : Alejandro González Iñárritu

Crédit photo: Wikimedia Commons

Les dernières années ont marqué un point de rupture dans la carrière du cinéaste mexicain Alejandro GonzálezIñárritu. Après sa trilogie de la mort sortie entre 2000 et 2006 avec les trois puissants films chorals Amores Perros, 21 Grams et Babel, et un détour du côté de la spiritualité avec Biutiful en 2010, Iñárritu a complètement changé de style et s’est replongé dans le cinéma américain en 2014 en nous offrant Birdman, une comédie spirituelle décalée, originale, enivrante, réalisée d’une main de maître. Birdman est définitivement l’une des meilleures œuvres cinématographiques des cinq dernières années. Racontant l’histoire d’une ancienne vedette de films de super-héros qui tente de relancer sa carrière en montant une pièce de théâtre, le film a impressionné tout le monde par son inventivité, sa virtuosité et son délire. Il est même allé jusqu’à remporté l’Oscar du meilleur film, battant ainsi le favori Boyhood, en plus de revitaliser la carrière de Michael Keaton, l’ancien Batman de Tim Burton, dont la carrière ressemblait étrangement à celle du personnage du film. Comme si l’exploit de ce film ne lui avait pas suffi, Iñárritu remet ça l’année suivante en réalisant The Revenant, l’histoire d’un homme gravement blessé à la suite de l’attaque d’un ours dans le Grand-Nord qui fait son chemin à travers les paysages glaciaux du Canada dans le but de venger la mort de son fils. Si le film n’a pas obtenu l’Oscar du meilleur film, Iñárritu est tout de même reparti avec celui du meilleur réalisateur, pour une deuxième année consécutive, en plus de permettre à Leonardo DiCaprio d’ obtenir enfin son premier Oscar.

Damien Chazelle

cinéma américain : Damien Chazelle

Crédit photo: Wikimedia Commons

En remportant l’Oscar du meilleur réalisateur pour La La Land en 2017, Damien Chazelle est devenu le plus jeune récipiendaire de la statuette dorée dans cette catégorie. Si l’Oscar du meilleur film lui a échappé, dans la controverse et le malaise le plus total, La La Land a quand même été l’un des films les plus acclamés et récompensés de la dernière année. Chazelle a fait preuve d’une grande virtuosité pour créer l’une des meilleures comédies musicales vue depuis longtemps. Un succès qui risque de lui ouvrir des portes pour de fabuleux projets dans les années à venir. Si son nom était sur les lèvres de tous les cinéphiles en 2016, c’est pourtant en 2014 que Chazelle a été découvert par le grand public avec Whiplash, un film extraordinaire qui traitait de la relation entre un jeune musicien de jazz et son professeur avec une rare intensité. J.K. Simmons a d’ailleursremporté l’Oscar du meilleur acteur de soutien pour ce rôle de professeur tyrannique.

Deux acteurs qui ont marqué les cinq dernières années avec un retour:


Joaquin Phoenix et Matthew McConaughey

cinéma américain : Joaquin Phoenix et Matthew McConaughey

Crédit photo : Wikimedia

Après la sortie de I’m Still Here en 2010, un étrange« mockumentaire » qui présentait sa transition d’acteur à rappeur, pour lequel il a maintenuune fausse nouvelle identité dans tous les médias pendant un an, Joaquin Phoenix s’est imposé une pause, sa santé mentale visiblement affectée par l’expérience. Il revient en force en 2012 avec The Master, film de l’extraordinaire cinéaste Paul Thomas Anderson. Sa performance dans le rôle d’un vétéran de guerre alcoolique et obsédé sexuel est à couper le souffle. Définitivement l’une des meilleurs performances d’acteur des dernières années et qui permet à Phoenix de confirmer sa place dans la cour des grands. L’année suivante, Phoenix continue sur cette lancée d’excellente performance dans d’autres films,  tout aussi excellents, notamment en tenant le rôle-titre dans la comédie romantique de science-fiction Her de Spike Jonze. Il y joue le rôle d’un homme solitaire, dans un futur rapproché, qui développe une relation amoureuse avec une intelligence artificielle. Enfin, Paul Thomas Anderson semble avoir apprécié l’acteur dans son film précédent puisqu’il le choisit une fois de plus pour jouer le rôle principal dans Inherent Vice. Il y incarne un détective privé, avide amateur de stupéfiants, qui aide son ex-copine à résoudre un crime. Sa performance est encore une fois acclamée par la critique.

Matthew McConaughey était connu dans les années 2000 comme le beau gosse, toujours torse nu, dans des films de qualité médiocre. Son statut d’acteur a changé tout d’un coup dans les dernières années grâce à de puissantes performances dans plusieurs films de qualité. En 2012, Jeff Nichols le recrute pour jouer le rôle-titre de son excellent film Mud pour lequel l’acteur et le réalisateur reçoivent des éloges bien mérités. Quelques mois plus tard, c’est le Québécois Jean-Marc Vallée qui fait appel à ses services pour interpréter, dans Dallas Buyers Club, le rôle d’un cowboy redneck qui contracte le virus du Sida et se lance dans la revente de médications pour les autres patients dans le besoin. Ce rôle, son meilleur à ce jour, est un point marquant dans la carrière de McConaughey. Le rôle requiert une intense transformation physique de l’acteur qui perd énormément de poids. Le tout en vaut la chandelle puisque McConaughey obtient l’Oscar du meilleur acteur en 2014 pour ce rôle. L’acteur va également jouerpar la suite dans deux grands films de cinéastes de renom, The Wolf of Wall Street de Martin Scorsese et Interstellar de Christopher Nolan, dans lesquels il offre encore de mémorables performances.

Deux actrices qui ont marqué les cinq dernières années


De films d’adolescents aux films oscarisés, Brie Larson et Emma Stone

cinéma américain: Brie Larson et Emma Stone

Crédit photo : Wikimedia

Après être apparu dans la télésérie United States of Tara et quelques autres comédies adolescentes, Brie Larson a réellement commencé à se faire un nom au cinéma dans les cinq dernières années. Sa consécration ultime s’est faite en 2016 lorsqu’elle a remporté l’Oscar de la meilleure actrice pour son rôle déchirant de jeune mère captive d’un violeur dans le film de Lenny AbrahamsonRoom. Quelques années plus tôt, en 2013, elle apparaissait dans deux des meilleurs films indépendants de l’année, The SpectacularNow et Short Term 12. Si sa performance dans Room l’a révélé au monde entier, c’est celle dans Short Term 12 qui l’a révélée aux cinéphiles avertis. Le film ainsi que sa performance dans le rôle principal sont absolument bouleversants. Par la suite, Larson a opté pour un cinéma plus grand public puisqu’ellejoue présentement dans le énième film de King Kong, Kong : Skull Island et interprétera le rôle-titre du prochain film de super-héros Captain Marvel.

Depuis la fin des années 2000, Emma Stone a enchaîné les tournages de comédies adolescentes telles Superbad, Zombieland ou Easy A. Dans les dernières années, elle semble avoir quelque peu abandonné ce style pour s’attaquer à des projets de plus grande envergure. En 2014, on a pu la voir aux côtés de Michael Keaton et Edward Norton dans Birdman, rôle pour lequel elle a obtenu sa première nomination aux Oscars. Deux ans plus tard, elle était la vedette de La La Land, un rôle pour lequel elle a cette fois remporté la statuette de la meilleure actrice. Ces deux films font définitivement partie de la liste des films américains les plus marquants des dernières années et son flair pour les bons projets ne semble pas s’être dissipé. En 2017, on devrait la voir dans Battle of the Sexes, du duo Jonathan Dayton et Valerie Faris, qui nous ont offert Little Miss Sunshine et, en 2018, elle sera de la distribution de The Favorite, un nouveau film de Yorgos Lanthimos (deux en 2018 ???), le réalisateur grec derrière The Lobster.

 

Nouvelle société de distribution : Le sédentaire et l’indépendant

Netflix

cinéma américain: Netflix

Crédit photo: Wikimedia Commons

Si une société de distribution a su s’imposer comme un grand joueur dans l’échiquier du cinéma américain ces dernières années, c’est bien Netflix. En 2013, avec la série House of Cards, Netflix a commencé à produire du contenu original. Trois ans plus tard, en 2016 seulement, Netflix a distribué environ 126 séries ou films originaux, ce qui est plus que n’importe quelle chaîne de télévision.

Avec tout ce contenu original et la sortie de films de qualité directement sur Netflix sans passage par les salles (on pense ici notamment à Beasts of No Nation en 2015), la plateforme de streaming en flux continu risque-t-elle de réduire à néant la fréquentation des cinémas ?À la lumière des projets à venir, ce débat, l’un des plus importants des dernières années, risque de continuer de faire parler… En effet, Netflix compte investir de plus en plus dans le cinéma. Il a récemment déboursé 105 millions de dollars pour acquérir les droits du prochain film de Martin Scorsese, The Irishman, qui réunira les trois légendaires comédiens Robert De Niro, Al Pacino et Harvey Keitel. D’autre part, certains cinéastes refusent les offres souvent très alléchantes de Netflix pour avoir droit à une véritable sortie en salle. Ce fut récemment le cas de Philippe Falardeau qui a décidé de vendre les droits de distribution de son prochain film, The Bleeder, à IFC Films pour un montant deux fois moins élevé que celui proposé par Netflix mais qui lui assurait au moins une sortie en salle en bonne et due forme.

A24

cinéma américain: A24

Crédit photo: Wikimedia

Les cinq dernières ont vu se multiplier les remakes, les films de super-héros, les reboots, les suites, etc. Et c’est ce qui attire le public. Si l’on regarde la liste des films les plus populaires des cinq dernières années, on ne retrouve aucune œuvre originale. À l’écart de cette accumulation de films destinés à remplir les cinéplex, le cinéma indépendant n’a heureusement pas dit son dernier mot. En 2013 est né A24, une société de distribution de films américains indépendants qui vient sauver la face du cinéma américain et apporter une lueur d’espoir pour le 7e art. La société a commencé en distribuant des films comme Spring Breakers ou The Bling Ring pour continuer à distribuer des films de plus en plus acclamés par la critique tels que A Most Violent Year, Ex Machina, Amy et Room. En 2016, le logo d’A24 apparaissait avant plusieurs des meilleurs films de l’année dont The Witch, Green Room, The Lobster, American Honey, 20th Century Women et le récemment oscarisé Moonlight, dont la société assure également la production. Preuve que A24 joue maintenant dans la cour des grands et que le cinéma indépendant n’est pas mort au États-Unis.

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Fondée en 2012, Cinémaniak est une revue de cinéma exclusivement web qui s’est donnée comme mission de promouvoir le septième art sur le continent nord-américain. Notre mission est de donner la parole à des passionnés de cinéma capables de rendre accessible l’art qu’ils affectionnent.
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Jules Couturier

Entre Jules Couturier et le septième art, c’est une histoire qui dure depuis toujours. Du plus loin qu’il se rappelle, le cinéma l’a toujours fasciné. La critique de cinéma est un prolongement de son discours intérieur.

Ouvert à différents genres, il a toutefois une préférence pour les œuvres présentant des personnages issus de cultures marginales, rebelles, des personnages en transformation, confrontés à des expériences initiatiques, animés d’une révolte ou d’un désir de dépassement. Il est adepte d’un cinéma de l’espoir, pourrait-on dire, qui enrichit la réflexion sur la condition humaine sans sacrifier pour autant au plaisir ou au divertissement.

Il complète actuellement des études universitaires en écriture de scénario et en création littéraire. Objectif : entretenir sa flamme pour le cinéma.

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