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C’est le cœur qui meurt en dernier : Pour l’amour de Denise [critique de film]

C’est le cœur qui meurt en dernier : Pour l’amour de Denise [critique de film] 4.0
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Note de l'auteur
Toujours présentée de façon intimiste, sans fioritures, la relation entre Julien et sa mère évolue de manière très naturelle tout au long du film, sans faux pas, sans artifice. Tantôt tendre, tantôt dure.
NOTE DU LECTEUR

C’est drôle la vie. On sort un livre, un best-seller, dans lequel on raconte son enfance et la relation parfois tumultueuse avec sa mère, cette femme à qui on ne parle plus depuis maintenant dix ans. Cette femme qui n’a pas lu votre livre. Qui ne doit surtout pas lire votre livre !

Jusqu’au jour où elle vous rappelle, de sa résidence Soleil, pour vous demander un service qui ne se demande pas. Jusqu’au jour où la relation mère-fils mise en pause il y a une décennie peut prendre un nouveau départ. Mais aux obstacles déjà présents viennent s’ajouter ceux de l’âge avancé de cette femme.

Et surtout, cette question : le savait-elle ? Tout ce temps, le savait-elle ?

C’est le cœur qui meurt en dernier nous présente donc les retrouvailles entre Julien (Gabriel Sabourin, également scénariste du film d’après le roman de Robert Lalonde) et sa mère, incarnée par la grande, la magnifique, l’extraordinaire Denise Filiatrault. Devant la caméra d’Alexis Durand-Brault, nous retrouvons aussi Paul Doucet, Geneviève Rioux, Céline Bonnier et Sophie Lorain. Du beau monde !

Du beau monde, il en fallait pour tenir tête à Denise Filiatrault. C’est simple, à côté d’elle, on a intérêt de bien jouer si on ne veut paraître plate tant le jeu de l’actrice est juste et sans fausse note. Celle qu’on n’avait pas vue devant un kodak depuis Laurence Anyways (2013) nous livre une performance absolument magistrale.

C'est le cœur qui meurt en dernier - cinemaniak.net
Source : cestlecoeurquimeurtendernier-lefilm.ca

L’auteur de cet article pensait fortement arrêter d’écrire là, tout de suite, tant cet argument lui semble suffisant pour vendre le film à l’internaute qui passerait par ici. Denise Filiatrault. That’s it, that’s all. Filiatrault, Denise de son prénom.

Un message véhément de son rédacteur en chef oblige tout de même l’auteur à continuer sa critique, mais pardonnez-le si vous sentez que la suite de ce texte ne transpire pas autant la passion et l’amour du grand jeu, de la justesse sans faille et du « donnez-lui un Iris, un Oscar pis un César avec ça tabarslack !».

Bref.

C’est le cœur qui meurt en dernier y touche directement, au cœur, en plaçant une bonne majorité de son intrigue dans une résidence pour personnes âgées. Triste, clinique et profondément déprimant, cet environnement réveille chez le spectateur une angoisse – celle de finir ses jours dans ce genre d’endroit – et une honte – celle de savoir qu’un parent ou grand-parent y finit ses jours, sans que cela nous préoccupe tant que ça, finalement.

Outre le thème de la vieillesse des corps et des esprits, encore une fois, le film se concentre, bien entendu, sur les rapports mère-fils. Sur ces choses que l’on dit et ces choses que l’on ne dit pas. Toujours présentée de façon intimiste, sans fioritures, la relation entre Julien et sa mère évolue de manière très naturelle tout au long du film, sans faux pas, sans artifice. Tantôt tendre, tantôt dure.

Un film juste. Un grand film intimiste. Et puis, ne l’oublions pas, un film avec Denise Filiatrault.

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Yohann Thiou

Scénariste, auteur et amateur de Nutella, Yohann fatigue son entourage en parlant sans cesse de cinéma. Pour éviter de se retrouver seul et rejeté de tous, il en critique donc sur Cinémaniak à des lecteurs et lectrices consentants.

Commentaire(1)

  1. Je viens de visionner le film : C’est le coeur qui meurt en dernier. Ayant 70 ans, je me reconnaissais dans plusieurs scènes..et la musique. J’aimerais savoir de quel enregistrement, le producteur a choisi les 2 chansons de Dean Martin: Everybody loves somebody sometime et And the door is still open to my heart.
    Merci à l’avance de me répondre

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