Catégorie : On défriche

Ici, ON DÉFRICHE les nouveautés des salles obscures et du petit écran !

2 février 2017 / / On défriche
18 novembre 2016 / / Cinémania

Sans chercher à faire de compromis, entre audace et doigté, la réalisatrice lève le voile sur une génération esseulée, plongée dans l’obscurantisme. Premier film à vraiment prendre la radicalisation à bras le corps, elle braque sa caméra sur ces jeunes femmes et démantèle intelligemment les ramifications du phénomène afin de mieux les analyser et de nous les expliquer au moyen d’un montage alterné qui joue sur les nerfs du spectateur, à la fois impuissant et outré. Le ciel attendra un jour, deux mois peut-être ou quelques années, avec l’espoir qu’elles puissent réapprendre à (s’)aimer.

9 novembre 2016 / / Cinémania

Si on passait d’un sexe à l’autre dans Tiresia, d’un père à un fils dans Le pornographe, avec Nocturama, la figure du passage ressemble plus à une mise à mort de l’espérance, une sorte de régression intellectuelle qui conduirait cette génération infantile à sa perte. C’est riche, complexe et dérangeant…pour notre plus grand plaisir.

Mademoiselle est un thriller érotique haletant. C’est surtout un film sur le désespoir d’une héroïne aux prises avec un passé douloureux. Par l’entremise d’une réalisation inventive au rythme soutenu, Park Chan-wook fait de sa Mademoiselle un film singulier, en accord avec  le classicisme de l’époque dépeinte, et qui néanmoins rassemble ses thèmes de prédilection : la vengeance, le sadisme et la justice.

Repoussant les limites du spectateur en titillant sa libido, Rodrigues transforme son œuvre en une expérience cinématographique sensorielle où plane le spectre de Pasolini dans la manière d’érotiser le corps de son héros. Il fait de ce dernier un être aux comportements sexuels paraphiliques en agrémentant son récit de scènes bondage et d’ondinisme.

Les flashbacks insistants et les effets de montage alternant percussions et violences conjugales lors de la nuit de noce sont autant d’éléments qui amoindrissent le sujet et le rendent  plus mielleux. Lesté d’un vocabulaire cinématographique appauvri, le film mise alors tout sur son récit terriblement attachant et ses acteurs, pour la plupart non professionnels, conférant à l’œuvre une crédibilité indéniable.

Entre humour grinçant et critique acerbe du monde moderne, le cinéaste ne ménage pas le spectateur. A tort, il privilégie, un rythme lent dans le but de mettre en relief les travers d’une société occidentale à la dérive. Ainsi, le récit apathique et décousu annihile toute intensité dramatique qui n’apparaît qu’à de rares moments. Les ruptures de ton qu’insuffle le réalisateur à son propos sont alors autant de moments drôles et caustiques que de malaises qui raidissent le spectateur au fond de son siège.

C’est un au revoir tendre et sincère que nous livre Solveig Anspach. À 54 ans, celle qui se battait contre le cancer et gagnait la partie dans Haut les cœurs, son premier film autobiographique, a finalement raccroché les gants après plusieurs combats. Malgré la maladie, sa plus belle victoire aura surement été d’accoucher de projets cinématographiques à son image, empreint d’une fantaisie et d’une douceur de vivre communicative. Dorénavant, il faudra parler d’elle au passé, tourner la dernière page d’un livre que l’on ne souhaite pas refermer. Solveig Anspach nous quitte sur une note joyeuse, laissant derrière elle un cinéma atypique et haut en couleur, qui continuera encore longtemps de faire rêver l’enfant qui sommeille en chacun de nous.