Catégorie : On défriche

Ici, ON DÉFRICHE les nouveautés des salles obscures et du petit écran !

23 février 2018 / / On défriche

Si le film a fait sensation à la Berlinale 2017, recevant l’Ours d’argent du meilleur scénario et le Teddy award du meilleur film, il serait dommage de limiter ce métrage à une curiosité malsaine autour de son actrice principale. Bien plus qu’une fiction avant-gardiste, Una mujer fantastica est avant tout un film d’amour, un film à la philanthropie affichée qui saura venir toucher le plus impassible des spectateurs. La dimension mystique et hyperbolique imputée à son parcours atypique n’a de fantastique que les utopies projetées sur cette créature qui finit par devenir, sous l’œil de la caméra de Lelio, une femme ordinaire, une femme, tout simplement.

26 novembre 2017 / / Cinémania

De Lynch à De Palma, sans oublier Hitchcock et Polanski, ce thriller érotique semble avoir été conçu pour contenter les nostalgiques des années 80 en ayant recours à une facture visuelle qui se voudrait grisante mais qui devient vite désincarnée, lasse de n’être qu’une pâle copie de maîtres jamais égalés. À trop vouloir jouer dans les méandres du subconscient et de la mémoire, Ozon mystifie le spectateur et démultiplie à outrance des twists qui finissent maladroitement et malheureusement par le décontenancer en raison des mises en abîme itératives rappelant le 4ème volet de la saga Scream. C’est dire…

Il est dommage que l’œuvre de Trier pèche par son manque de substance n’utilisant son potentiel qu’à des fins pernicieuses. La religion apparaît souvent comme un ressort dramatique factice pour générer du stress chez Thelma, tout comme ses pulsions sexuelles qui l’exhortent à lutter contre des sentiments contradictoires. Si la grotesquerie et l’absurdité du twist final déroute et détruit tout le travail du cinéaste à s’éloigner du film d’adolescent classique, Thelma est une œuvre mineure dans sa jeune filmographie malgré tout prometteuse.

13 novembre 2017 / / Cinémania

Depuis ses débuts Haneke n’a de cesse de questionner notre rapport à l’image. N’en déplaise à ses détracteurs, la demi-mesure est un concept inexistant chez celui qui orchestre systématiquement des œuvres calibrées au millimètre près par le biais d’un schéma narratif déroutant. C’est là où résident toute la maturité et l’intensité du travail d’Haneke pour amener subrepticement l’ignominie dans la comédie noire sans que les poncifs de sa rhétorique sublimée dans Funny games n’apparaissent outrecuidants

10 novembre 2017 / / Cinémania

Après l’excellent Quand on a 17 ans effleurant avec tact et délicatesse les affres de l’adolescence, la direction d’acteur, ici plutôt obsolète, efface tout le travail établit en amont pour composer des personnages attachants. D’une richesse indéniable sur les plans formel et historique, les raccourcis hasardeux dans le temps viennent malheureusement plomber le film déjà lourd de sens.

Dès les premières minutes du film, le réalisateur ne joue pas sur l’attachement du spectateur au personnage principal, balayant tout effet de suspense inopportun. Présageant une fatalité inexorable, la caméra en plongée suit deux hommes fauchant des herbes jusqu’à la découverte de la dépouille de Gabriel. Il est là, inerte, le corps lové sous une roche, dans un linceul bucolique que la nature vient rendre apaisant. Pendant un instant, Gabriel ne court plus après le temps. C’est dans ce seul plan emprunt de poésie que se dessine sous nos yeux toute l’affection du metteur en scène pour son ami.

Sans atteindre l’impact psychologique de Family life ou la force des invectives dans Sweet sixteen, I, Daniel Blake n’en demeure pas moins une œuvre cohérente dans la longue filmographie engagée du Britannique.

24 mars 2017 / / On défriche

Avec Personal shopper, Olivier Assayas ne réduit pas son film au genre fantastique et suggère plus qu’il n’impose à l’œil son univers étrange, certes déconcertant, mais non moins intéressant qui glace le sang tout au long de cet automne presque sans fin.