Catégorie : On défriche

Ici, ON DÉFRICHE les nouveautés des salles obscures et du petit écran !

S’il est une chose que l’on ne reprochera pas à Renée Beaulieu, c’est d’écrire et filmer avec le cœur. Tour à tour, on est ému, tourmenté et soulagé. Ici pas de fioritures, ni d’artifices, elle filme la vie de gens ordinaires qui essayent de réparer leurs erreurs tout en restant libres. Ici le trépas n’effraie pas. Ici, on se sent bien entre ses mains qu’on a déjà hâte de retrouver.

Malgorzata Szumowska sait comment interpeller sans jamais choquer. Ses plans d’une précision implacable témoignent d’un grand sens de la direction d’acteurs qui, enfermés au début par un cadrage de fenêtre, s’émanciperont à la fin. Une fenêtre parmi tant d’autres. Derrière chacune se cache une souffrance, une histoire, ici celle d’un père qui aime sa fille, la maladresse d’un être qui ne sait pas toujours comment s’y prendre, mais qui s’essaie malgré tout. De sombres âmes abîmées, éclairées par les épreuves de la vie.

8 octobre 2015 / / On défriche

C’est à l’hôpital Ville-marie, lieu de leur rencontre, que ces âmes en peine vont peu à peu se relever pour s’acheminer vers la guérison. Il faudra qu’ils confrontent leurs peurs pour pouvoir vivre à nouveau et lâcher prise à l’image de cette scène où un ballon s’envole du balcon de Marie. Avec ses néons, la ville n’est alors qu’une immensité engloutissant l’humain, où les perpétuels travaux font écho aux réparations qu’ils devront entreprendre dans leur propre vie. 

26 septembre 2015 / / On défriche

Malgré tout ce soucis du détail, Sicario n’est pas un film bavard. Même s’il a beaucoup de choses à dire, le réalisateur n’a de cesse de suggérer plutôt que d’imposer. À l’action principale, Denis Villeneuve greffe des scènes de tendresse entre un père, policier corrompu, et son jeune fils, joueur de soccer. Ces moments de pause semblent être là pour faire écho aux intentions d’Alejandro qui ne cherche finalement qu’à se battre pour sauver ces vies de familles instables, dont la violence fait partie intégrante du quotidien. De bien rares moments de silence annonçant le chaos à venir qui ne nous quittent pas, même une fois sorti de la salle.

Le réalisateur s’est visiblement amusé avec les codes du genre fantastique. Ici, pas de scènes ou de prologue expliquant l’origine du pouvoir surnaturel de son héros. Il ancre le personnage dans la réalité somme toute banale du quotidien pour créer une authenticité en opposition totale avec sa condition. Vincent mange, travaille, et trouve même le temps de tomber amoureux. Toutefois, à trop vouloir ressembler au quidam du village du coin, le réalisateur perd l’intérêt du spectateur qui ne comprend plus si l’on se situe dans la comédie ou le fantastique.

3 août 2015 / / Fantasia

Si le titre du film renvoie au matricule que porte le héros (référence au milieu carcéral), c’est pour mieux mettre en exergue la critique d’une société qui corsette les manières de penser et conditionne les gens à ses fins personnelles. Le labyrinthe que forme le parc de la bâtisse Coopération X et les nombreuses images de tuyaux ne sont alors qu’une métaphore du long chemin que le héros devra encore parcourir afin de trouver la clef de son existence.

29 juillet 2015 / / Fantasia