Altman

Un film qui ravira les admirateurs du célèbre cinéaste.♥♥♥½

Un film qui ravira les admirateurs du célèbre cinéaste.

Le nouveau documentaire de Ron Mann (Grass, Green Tower) sur le réalisateur américain culte Robert Altman ravira certainement les admirateurs de ce dernier autant qu’il indifférera les autres. Mann prend en effet le pari de présenter l’ensemble de la vie (ou de la carrière, deux aspects interchangeables de sa vie comme le démontre le film) de manière linéaire et chronologique, sans aucune autre ambition autre que la présentation de données biographiques et d’anecdotes savoureuses sur les films comme sur l’homme. En retrait et en respect, Ron Mann laisse ainsi toute la place au regretté cinéaste et nous laisse pénétré dans son univers unique peuplé de classiques du cinéma américain.

 

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Robert Altman est un réalisateur parmi les grands aux Etats-Unis, mais trop injustement oublié. Comme le mentionne Ron Mann tout au long du film via des interventions des collaborateurs et admirateurs d’Altman, il est l’un des rares metteurs en scène à avoir un style à son nom : altmanesque. Au début des années 1970, Altman a eut une séquence de chef-d’œuvre assurément inégalée dans le monde post-studio et qui ne peut rivaliser qu’avec des cinéastes digne du calibre de Jean-Luc Godard au début des années 1960. Altman a enchaîné MASH, Brewster McCloud, McCabe & Mrs. Miller, Images, The Long Goodbye, Thieves Like Us, California Split et Nashville de 1970 à 1975. Une séquence du tonnerre ! 3 (MASH, McCabe et Nashville) sont aujourd’hui considérés comme des classiques du cinéma américain alors que tous les autres (à l’exception peut-être du léger, mais tout aussi savoureux Brewster McCloud) ont leur fan club. The Long Goodbye, California Split et Images dans mon cas.

Les nombreuses entrevues utilisées pour construire le récit font en somme que nous  nous faisons raconter sa vie par Altman lui-même. La participation de sa défunte épouse et de ses enfants amène une dimension humaine à un cinéaste qui ne semblait vire qu’à travers ses films. Il vécu une vie envers et contre tous, faite d’abus et d’excès par moment, qui l’ont conduit à se faire remercier des studio plus souvent qu’à son tour. Enchaînant les navets comme les chefs-d’œuvre, la vie de Altman est en effet à l’image de son œuvre et le film de Mann, sans être un chef-d’œuvre, demeure un magnifique portrait d’un homme dont la sacralisation inévitable tarde encore à venir.

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