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All Eyez on Me : Les faits et rien d’autre [critique de film]

All Eyez on Me : Les faits et rien d’autre [critique de film] 1.5
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Note de l'auteur
All Eyez on Me sera fort probablement une très grande déception pour les amateurs de Tupac. Il est assurément un produit à éviter pour les amateurs de bon cinéma.
NOTE DU LECTEUR

Après quelques documentaires à son sujet, la vie mouvementée et tragique de Tupac Shakur, probablement le rappeur le plus vénéré de l’histoire du hip-hop, se devait d’obtenir un traitement cinématographique de fiction un jour ou l’autre. À la suite de l’énorme succès du biopic sur N.W.A. Straight Outta Compton en 2015, l’industrie hollywoodienne a cru qu’il était possible de faire un film de qualité sur cette légende du rap. Malheureusement, ce n’est pas avec ce nouveau All Eyez on Me de Benny Boom que le succès de Straight Outta Compton se répètera. Ce nouveau long-métrage est complètement à l’opposé de la vie de Tupac : sans nuance, sans aucune vision artistique et beaucoup trop long.

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Né en 1971 d’une mère liée au mouvement des Black Panthers, Tupac Shakur a grandi dans un milieu qui a alimenté l’esprit de rébellion qui l’a toujours habité. À l’adolescence, il se découvrira un intérêt marqué pour Shakespeare et la poésie qui le mènera à écrire du rap. Sa carrière de rappeur et d’acteur prendra son envol assez rapidement. Malheureusement, ses démêlés avec la justice et ses mauvaises fréquentations lui attireront plusieurs ennuis. En septembre 1996, à l’âge de 25 ans, il est abattu à Las Vegas. Son assassin ne sera jamais identifié.

All eyez on me
Crédit: YouTube

Ce dernier paragraphe résume All Eyez on Me de A à Z. Le film est laborieux et trop linéaire. À partir du procédé beaucoup trop facile de l’entrevue, vu et revu dans un grand nombre de films biographiques, l’équipe de scénaristes (car oui, il a fallu une équipe pour écrire un scénario aussi simplet…) s’attarde longuement, et surtout de façon beaucoup trop épisodique, à nous raconter la vie de Tupac, de son enfance jusqu’à sa mort. Et on nous raconte cette histoire sans aucune nuance, toujours dans les faits, jamais dans la psychologie du personnage, qui était pourtant reconnu pour son esprit extrêmement complexe. Si l’on avait voulu connaître la vie de Tupac de façon si factuelle, on aurait simplement pu lire sa page Wikipédia plutôt que de se taper les interminables deux heures et vingt minutes que dure ce film !

Le film manque de subtilité, autant dans sa mise en scène que dans son scénario ou dans le jeu des acteurs qui frisent tous, à un moment ou un autre, le ridicule. C’est également sans aucune finesse que Benny Boom propose quelques réflexions sur le racisme ou la brutalité policière. Faciles, voire même grossières tant elles sont peu subtiles, ces réflexions n’ont aucun impact et apparaissent même gênantes lorsqu’on les compare à des séquences du même genre vues dans d’autres films afro-américains où elles frappent avec beaucoup plus de force.

All Eyez on Me sera fort probablement une très grande déception pour les amateurs de Tupac. Il est assurément un produit à éviter pour les amateurs de bon cinéma. Il est d’ailleurs difficile de parler de cinéma tant le film est pauvre d’un point de vue purement cinématographique, ne comprenant aucun plan, angle, jeu de caméra ou procédé filmique intéressant.

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Jules Couturier Entre Jules Couturier et le septième art, c’est une histoire qui dure depuis toujours. Du plus loin qu’il se rappelle, le cinéma l’a toujours fasciné. La critique de cinéma est un prolongement de son discours intérieur. Ouvert à différents genres, il a toutefois une préférence pour les œuvres présentant des personnages issus de cultures marginales, rebelles, des personnages en transformation, confrontés à des expériences initiatiques, animés d’une révolte ou d’un désir de dépassement. Il est adepte d’un cinéma de l’espoir, pourrait-on dire, qui enrichit la réflexion sur la condition humaine sans sacrifier pour autant au plaisir ou au divertissement. Il complète actuellement des études universitaires en écriture de scénario et en création littéraire. Objectif : entretenir sa flamme pour le cinéma.

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