5 personnages féminins puissants

Le cinéma constitue un des plus beaux vecteurs d’idées, d’émotions et de sensations. Il permet d’élargir des horizons, d’ouvrir le dialogue sur des sujets de société et d’inscrire de superbes représentations de l’esprit et du cœur. En ce mois du cinéma au féminin chez Cinémaniak, voici cinq personnages ayant marqué l’univers cinématographique.

 

» Tampopo dans Tampopo

Réalisation : Jūzō Itami
Année : 1985
Pays : Japon

Appartenant au genre western ramen, ce film est une douce histoire qui relate la restructuration de la vie de Tampopo et celle de son fils, par l’entremise de son restaurant de ramen. La jeune veuve interprétée par Nobuko Miyamoto, rencontre deux camionneurs avec qui elle remettra à neuf le restaurant de son défunt mari. Tampopo est un personnage admirable, car elle bouleverse les rôles traditionnels féminins dans ce genre cinématographique très masculin qu’est le western. En tant que femme, elle tiendra tête au machisme de ses concurrents, eux aussi propriétaires de restaurants. La remise à neuf de la cantine métaphorise cette reviviscence d’un amour pour la nourriture et pour la vie. Tampopo est un véritable bijou du cinéma, un film mêlant poésie et comédie. Cette œuvre réchauffera le cœur de quiconque la regardera.

 

» Agrado dans Todo sobre mi madre

Réalisation : Pedro Almodóvar
Année : 1999
Pays : Espagne

Pedro Almodóvar est un cinéaste qui glorifie ses personnages, et particulièrement ses personnages féminins. Ce sont toutes des femmes fortes, intelligentes, belles dans leurs différences et dotées d’une personnalité aussi profonde que chaleureuse. Rossy de Palma, Carmen Mauras, Veronica Forqué, Victoria Abril, Marisa Paredes et bien d’autres encore sont les actrices fétiches du réalisateur et incarnent toutes des personnages féminins remarquables, mais celui de Agrado, une femme trans interprétés par Antonia San Juan, se démarque. Almodóvar a collaboré de nombreuses fois avec des femmes issues de la communauté LGBTQS+, dont Bibiana Fernandez. C’est aussi le cas d’Antonia San Juan qui, dans Todo Sobre mi Madre, livre un long monologue dans lequel elle relate l’entièreté de sa transition et son processus d’acceptation de soi. C’est avec transparence et avec une honnête représentation de soi qu’Agrado nous charme indéniablement. Elle fait preuve d’une ouverture qui est amusante, réconfortante et authentique, et qui ne fait que célébrer la féminité sous toutes ses couleurs.

 

» Cheryl dans The Watermelon Woman

Réalisation : Cheryl Dunye
Année : 1996
Pays : États-Unis

The Watermelon Woman met en scène une jeune Afro-Américaine homosexuelle qui s’intéresse à l’absence de crédit de l’unique personnage féminin racisé dans le film fictif Plantation Memories. Cheryl Dunye livre un authentique discours sur l’histoire des personnages afro-américains, un travail d’analyse à la fois du cinéma et de la société. Le personnage de Cheryl relève en lui-même d’une volonté admirable et d’une nécessité de démocratiser le médium et de le rendre accessible à tous. Elle incarne un véritable message sociétal d’une grande pertinence encore aujourd’hui.

 

» Mad dans Jubilee

Réalisation : Derek Jarman
Année : 1978
Pays : Royaume-Uni

Bien qu’il soit encore nébuleux de déterminer s’il s’agit ou non d’un film punk, celui-ci est une véritable merveille. Il met en scène la reine Elizabeth 1re qui voyage dans l’Angleterre des années 70 et qui observe la vie de Mad, Bod, Crabs, Amyl Nitrate et Chaos dans une société futuriste, anarchique et livrée à elle-même. Les cinq personnages sont formidables, mais Mad, incarnée par Toyah Willcox, l’est particulièrement. Elle conteste tout ce que l’on impose aux femmes, elle est l’inverse de tous les stéréotypes féminins et elle règne dans ce Londres en miettes. Accompagnée de ses consœurs tout aussi fortes, elle domine le jeu, imperturbable, et exerce sa propre loi dans un monde nihiliste. Mad et Amyl castreront un policier, à titre de vengeance. Il s’agit d’un acte véritablement subversif et provocateur, comme le sont les protagonistes. L’excentricité de Mad rend celle-ci difficile à cerner et agréable à observer.

 

» Ellen Ripley de la série Alien

Réalisation : Ridley Scott
Année : 1979
Pays : État-Unis

Interprétée par Sigourney Weaver, Ellen Ripley n’a pas juste des extraterrestres à combattre au sein de son vaisseau spatial. Stéréotypes, préjugés, domination et division sont les autres monstres à éliminer. L’héroïne de la série Alien (on en parlait juste ici) est épatante par la force incroyable dont elle fait preuve dans ses combats autant contre les extraterrestres que face au machisme toxique de ses compatriotes masculins. Elle déconstruit des visions péjoratives de la femme au sein de cet équipage du vaisseau spatial qui constitue une véritable microsociété où règne une forme d’hégémonie masculine. Sigourney Weaver livre d’incroyables performances et élève sans équivoque le personnage d’Ellen Ripley au rang de modèle.

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1 commentaire

  1. Super intéressant, votre article ! Ça donne le goût de voir (ou même revoir) ces films !

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