5 films pour dédramatiser la rentrée

Croyez-le ou non, en milieux scolaires, il peut y avoir pire qu’un enseignant désagréable car son rêve de devenir chirurgien s’est limité à coacher des ados dans une piscine grouillante de germes et de manque d’estime. Au moins, vous n’êtes pas la proie d’une cheerleader cannibale, d’un animateur radio offensif ou d’une mère qui a oublié son xanax.  Comme quoi, l’éducation au 7e art prend parfois une forme délicieusement dérangeante. Voici 5 perles de cinéma d’adolescent-e-s qui vous feront renouer avec la rentrée scolaire. Du moins, avec la vôtre.

 

» Jennifer’s Body de Karyn Kusama (2009)

Mordez à dents acérées dans ce film sous-estimé lors de sa sortie en 2009 et qui depuis, ne cesse d’alimenter une réputation de film culte.

Lors d’un concert rock dans un bar miteux de Devil’s Kettle, un mystérieux incendie éclate, laissant sous le choc Needy Lesniki (Amanda Seyfried) et sa meilleure amie Jennifer Check (Megan Fox).  Après cette terrible soirée où Jennifer quitte les lieux seule avec les mystérieux membres du groupe, plusieurs garçons du lycée sont retrouvés atrocement mutilés jour après jour. Needy découvre ainsi que le corps de son amie d’enfance est devenu la demeure d’un démon cannibale. 

Avec son côté « série B » complètement assumé, Jennifer’s Body aborde beaucoup de thématiques typiquement adolescentes sans nécessairement tomber dans les clichés habituels du cinéma pour ado, ce qui s’avère plutôt rafraîchissant pour un concept aussi macabre (du moins, autant que Megan Fox réussi à l’être, mais on ne lui en veut pas). 

De plus, aux sous-entendus homosexuels fréquents et aux punch lines de la mort s’ajoute une trame sonore mêlant Panic! At The Disco et Cobra Starship. Et J.K Simmons. Un comfort-ish-film idéal pour la rentrée. 

« I am going to eat your soul and shit it out, Lesnicky! »

Bande annonce :

 

» Pump Up the Volume de Allan Moyle (1990)

Enchaînons sur les trames sonores électrisantes avec ce film qui démarre solidement une décennie.

Dans Pump Up the Volume, nous suivons Mark Hunter (jeune Christian Slater), étudiant timide et asocial qui, en venant de s’installer dans une petite ville de l’Arizona, prend anonymement les commandes d’une émission de radio pirate dans laquelle, sans aucune retenue, il évacue ses discours anarchistes et son humour croquant. Malgré sa personnalité cachée qui gagne en popularité à son école, Mark se retrouve confronté à plusieurs obstacles, comme le suicide d’un étudiant suite à une intervention à son émission, ou encore son identité peu à peu découverte par une fille de son école pour qui il éprouve des sentiments.

À la façon d’un Virgin Suicides (Sofia Coppola, 1999), le long métrage aborde des thématiques plus sombres et plus réalistes que celles exploitées dans le cinéma adolescent plus traditionnel, sans toutefois négliger les moments cocasses. Le long métrage est un habile hybride entre la mélancolie, la romance et la bouffonnerie. Si vous appréhendez votre cours de chimie de demain matin, c’est ce soir que vous vous réconfortez avec les mélodies de Leonard Cohen et la nostalgie du cinéma d’il y a trois décennies (ouch). 

« Is it bigger than a baby’s arm? »

Bande annonce :

 

» J’ai tué ma mère de Xavier Dolan (2009)

Retour en 2009 pour un film n’ayant absolument rien à voir avec Jennifer’s Body autre qu’un protagoniste adolescent (et étudiant, bien entendu). Le premier long métrage de Xavier Dolan dégage l’authenticité de l’âge ingrat, le cinéaste ayant lui-même écrit le scénario en très jeune âge.

Hubert (Dolan) ne peut endurer sa mère, Chantal (Anne Dorval), qui est selon lui sans écoute, sans manières, humiliante et manipulatrice. Il ne se voit pourtant pas la sortir de sa vie, essayant tant bien que mal de renouer avec cet être de qui il fut jadis très proche. Cependant, si certains moments de tendresses se présentent, ce n’est que pour mieux éclater en violente dispute par la suite. Sans repères, Hubert s’accrochera à la bienveillance de son enseignante d’art (Suzanne Clément) et de son amoureux (François Arnaud) pour affronter ses séquelles familiales et son futur placement en pensionnat…

Oeuvre d’art à la fois tragique, drôle et visuellement atypique, J’ai tué ma mère est un film auquel l’adolescent en nous peut facilement s’identifier d’une façon ou d’une autre, que ce soit dans son traitement de la solitude, de la famille dysfonctionnelle, de la diversité sexuelle et de ses détracteurs, ou de la dure épreuve qu’est le secondaire, surtout en contexte disciplinaire. 

Tendre, amer, comique, hystérique, le 1er long métrage de Dolan est une expérience à découvrir et redécouvrir sans modération, et sans votre mère. 

« J’t’haïs »

Bande annonce :

 

» Welcome to the Dollhouse de Todd Solondz (1995)

Accrochez vos corps (et surtout vos oreilles) pour le premier long métrage de Todd Solondz, parce que ça va pincer. 

Plus cruel que Jennifer’s Body et pourtant plus drôle que Pump up the Volume, Welcome to the Dollhouse aborde plus que tous les autres films précédemment mentionnés la dureté et l’injustice du milieu scolaire. 

La jeune Dawn (Heather Matarazzo), 12 ans, est constamment victime des méchancetés et du mépris de ses camarades de classe. Si elle subit les commentaires violents et les agressions psychologiques des autres étudiants à longueur de journée, c’est pour vivre dans l’ombre de sa soeur cadette le soir, avec des parents sans écoute et sans coeur.

Comme la filmographie entière de Todd Solondz, cette oeuvre est une expérience emplie de malaises et d’humour (très) noir. On voudrait que ce film ne soit pas représentatif de la réalité, on aimerait se dire que la petite Dawn n’est qu’un personnage, qu’elle n’existe pas. Pourtant, même si la caricature est poussée à l’extrême, en voyant ce personnage, on ne peut s’empêcher de repenser à cette personne du secondaire qui fut la victime de la cruauté injustifiée de ses camarades, si la personne en question ne fut pas nous-même. Un regard poignant sur la réalité adolescente, et une critique douloureuse sur l’hypocrisie des familles à fond dans l’American Dream.

« You think you’re hot shit, but you’re really just cold diarrhea »

Bande annonce :

 

» Madame Hyde de Serge Bozon (2017)

Pour ce dernier film de la compilation, on se plonge dans un univers mêlant le terre-à-terre et l’artificiel avec une Isabelle Hupert en flammes (littéralement).

Madame Géquil est une enseignante de physique timide et désuète dans ses méthodes qui, malgré une trentaine d’années dans le domaine, n’a jamais su gagner le respect de ses élèves. Tous les jours, elle subit les moqueries et le mépris de ses élèves, jusqu’au jour où, dans son laboratoire, elle subit accidentellement un violent choc électrique qui la transforme complètement du jour au lendemain, la rendant charismatique, optimiste et … dangereuse. 

Drame, comédie, épouvante, il est difficile de classer ce film ovni dans une catégorie précise tant il parvient à s’incruster dans toutes les genres, et ce d’une façon franchement efficace. Se voulant clairement une critique du système d’éducation français, le film parvient à nous émerveiller par ses effets spéciaux minimalistes et ses performances savoureuses, malgré ses thématiques assez lourdes, telles que la difficulté d’adaptation à un environnement conservateur ou bien la violence envers les marginaux. 

« Pourquoi elle est pas morte ? »

Bande annonce :

 

Bonne rentrée, bon cinéma, bons malaises ! xox

 

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