45 ans [45 Years] : éternelle fragilité

Plus imparfait que Weekend, Andrew Haigh nous offre tout de même un film honnête avec 45 ans. ♥♥♥

L’amour ; sujet inépuisable d’inspiration pour les cinéastes, les écrivains, les peintres ou les sculpteurs depuis des millénaires. Pourtant, nombreux sont ceux qui réussissent encore à l’approcher, que ce soit via la comédie ou le drame, avec un angle très personnel et une touche bien originale. Andrew Haigh est définitivement l’un de ceux là. Avec Weekend en 2011, il nous avait offert un film remarquable présentant simplement la fin de semaine d’un couple gay . Cette année, il revient à la charge avec 45 ans, déjà auréolé d’une belle réputation, dans lequel Charlotte Rampling et Tom Courtenay se donnent la réplique.

On y suit ainsi la vie de Kate et Geoff, un couple marié depuis 45 ans, à la veille de célébrer leur anniversaire de mariage. Alors que les préparatifs vont bon train, Geoff reçoit une lettre étonnante venant du gouvernement suisse; le corps de son ancienne copine a été retrouvé parfaitement conservé dans la glace 50 ans après qu’elle eut glissé dans une crevasse lors d’un séjour dans la région. Cette nouvelle étonnante viendra bouleverser les fondements même de leur mariage et de leur amour.

45years

La prémisse amenée est définitivement intéressante; les questions posées par Haigh et ses personnages sont universelles et font mouches. Tous se sont déjà demandés ce qui serait arrivé si une relation amoureuse passée ne s’était pas terminée. Dans le cas d’un décès, ces questionnements sont décuplés chez Geoff étant donné le caractère inéluctable de la situation et Haigh nous l’étale très bien dans 45 Ans. Il nous fait ainsi pénétrer doucement et intelligemment dans les tiraillements intérieurs du couple en nous montrant l’impact de cette découverte. Alternant entre un couple uni et heureux (parfois en forçant un peu trop l’attendrissement) et des situations plus malaisantes qui évoquent les souvenirs d’un amour passé (situations auxquels tous peuvent se rattacher), Haigh dose bien son propos et sa mise en scène.

L’Angleterre grise, froide, pluvieuse, est le décor idéal pour les amours perdus et fait réfléchir sur les sacrifices constants du couple et sa fragilité éternelle, même après 45 ans. Le film n’amène pas de réponse toute faite, et reste même un peu trop en suspend dans son dernier segment en mettant fin un peu abruptement à nos propres questionnements. Même si les dialogues et les réflexions que le film amène sont indubitablement pertinents, la mise en situation de la complicité du couple manque de naturelle et parait souvent trop forcée. Malgré cela, sans atteindre le niveau de Weekend, Andrew Haigh parvient à poursuivre sa recherche thématique honnêtement avec un film somme toute juste, très bien joué et photographié.

Ouvoir.ca

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