10 réalisatrices du cinéma expérimental à découvrir 1/2

Quoi de plus vaste que le cinéma expérimental? N’importe qui peut y trouver quelque chose à son goût. Du grand classique de Luis BuñuelUn Chien Andalou (1929) au Inland Empire (2006) de David Lynch, en passant par des documentaires expérimentaux comme Deseret de James Benning (1995) ou des films d’animation comme Alice de Jan Švankmajer (1988), les choix sont nombreux et variés. Cependant, trop souvent, on parle de réalisateurs de films expérimentaux. Voici, pour balancer l’équation, dix réalisatrices expérimentales importantes.

Cette première partie de la compilation se penche sur cinq réalisatrices qui explorent le surréel et l’abstrait.

 

» Germaine Dulac

France, 1882 – 1942

Figure importante du cinéma français impressionniste ainsi que du surréalisme, Germaine Dulac a commencé sa carrière en tant que journaliste, écrivant pour des publications féministes telles que La Française et La Fronde. Son court-métrage La Souriante Madame Beudet en 1923 (disponible ici), mettant en vedette une femme mécontente de son mariage, est considéré par plusieurs comme étant l’une des premières vraies œuvres féministes, et son fameux La Coquille et le Clergyman en 1928 (disponible ici) est l’inspiration derrière plusieurs films surréalistes, dont le susmentionné Un Chien Andalou (1929). C’est un accomplissement d’autant plus impressionnant si l’on prend en considération la domination masculine du cinéma à cette époque.

 

» Maya Deren

Ukraine, 1917 – États-Unis, 1961

Le but du cinéma, selon Maya Deren, c’est de créer une expérience. La réalisatrice avait plusieurs passions (chorégraphie, ethnographie, poésie, psychologie) qu’elle a entrelacées avec son amour pour la photographie et le cinéma, produisant plusieurs films expérimentaux qui décortiquent la psyché humaine à travers des visuels oniriques et un style de montage unique. Meshes of the Afternoon en 1943 (disponible ici), son court-métrage le plus connu, emploie des images répétitives et un montage brusque pour désorienter le spectateur, amenant celui-ci à remettre en question la différence entre la réalité et le rêve. Similairement, At Land, 1944 (disponible ici) est une méditation sur le monde des rêves qui se passe sur une plage où les marées sont inversées.

 

» Věra Chytilová

République Tchèque, 1929 – 2014

Pionnière de l’avant-garde et de la nouvelle vague tchèque, Věra Chytilová est surtout connue pour son chef-d’œuvre Daisies (1966). À l’époque, le film a été banni en Tchécoslovaquie à cause des scènes où les protagonistes, toutes les deux appelées Marie, gaspillent de la nourriture, mais a connu un grand succès international. Le style de Chytilová est ancré dans le cinéma vérité : à travers le montage abrupt, le manque de structure narrative définie et les allégories visuelles, la réalisatrice incite ses spectateurs à se détacher de l’histoire afin d’objectivement observer les personnages.

 

» Chantal Akerman

Bruxelles, 1950 – Paris, 2015

Issue d’une famille de survivants de l’holocauste, Chantal Akerman nomme Jean-Luc Godard comme la personne qui l’a motivée à faire du cinéma, et les formalistes (surtout Michael Snow) comme l’inspiration derrière son style expérimental et abstrait. Ses œuvres se démarquent par leur caractère féministe, traitant des sujets tels que le style de vie des femmes et leur relation avec la sexualité. Akerman a également enseigné au City College of New York. Elle est surtout connue pour son superbe long-métrage Jeanne Dielman, 23 quai du Commerce, 1080 Bruxelles (1975), mais l’initiation essentielle à son répertoire reste Saute ma Ville, 1968 (disponible ici), qui est son tout premier film.

 

» Akosua Adoma Owusu

États-Unis, 1984

Dans ses films extrêmement variés, Akosua Adoma Owusu explore souvent ce qu’elle appelle la triple conscience des immigrants africains. Utilisant les cheveux des femmes africaines comme point de repère culturel, elle représente à l’écran des anxiétés liées à son héritage. Versatile dans sa réalisation et dans les sujets qu’elle aborde, elle a réalisé des documentaires expérimentaux, tels que Me Broni Ba (2009) et également des adaptations de fables, comme dans le cas de Kwaku Ananse (2013).

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