The grandmaster (Le grand maître)

Drame épique ♥♥♥♥
On retrouve Wong kar Waï en grande forme avec ce drame épique retraçant la vie d’Yip Man (Tony Leung), grand maître du wing chun (et mentor de Bruce Lee), pris entre les luttes d’influences des grands maitres d’arts martiaux et de leurs écoles, les remous historiques de l’invasion japonaise et de la seconde guerre mondiale et ses déchirements sentimentaux entre sa femme (Song Hye-Kyo) et Gong Er (Zhang Ziyi), fille du grand-maître du Nord, Baosen. La scène d’introduction, spectaculaire, semble installer l’intrigue dans un film de kung-fu classique mais les combats passent    rapidement au second plan pour s’attacher aux personnages et à la trajectoire du héros. Le drame historique se surimpose sans trop appuyer sur la résistance du héros à l’invasion japonaise. On assiste ici à un film d’actions à la trame de fond classique, à savoir un héros malgré lui, aux convictions ancrées, opposé à un méchant aux allégeances mouvantes, franchissant des étapes initiatiques pour être reconnu comme le nouveau grand maître du kung-fu chinois.
The_GrandmasterLes amateurs de cet art martial seront servis, l’intrigue prenant place à son âge d’or (seul le personnage d’Ip Man a cependant réellement existé), et sa diversité et son importance politique sont appuyées. Suite à la bluette sentimentale insipide My Blueberry Nights (2007), on pouvait se demander ce qui restait du cinéma unique et d’un esthétisme parfait du réalisateur d’Happy Together, Les anges déchus ou encore In the mood for love. Wong kar Waï reprend la recette de ce qui a fait leur réputation en s’entourant des meilleurs artistes de chaque catégorie. Ainsi, la participation de Woo-Ping Yuen (grand maître d’art martial ayant notamment chorégraphié Tigre et Dragon, Matrix ou Kill Bill) permet de donner aux combats une superbe efficacité, Shigeru Umebayashi compose la musique d’un film peu loquace et Philippe Lesourd (directeur de la photographie), avec une mi-ombre quasi-constante donne à l’image un grain et une couleur participant à donner à chaque plan une composition de tableaux. La forme reprend bien les caractéristiques de Wong kar-Waï, à savoir un mouvement de caméra alternant ampleur, plans serrés, accélérés et ralentis, chaque plan proposant une image léchée comme un tableau et le peu de dialogues étant contrebalancé par une voix off et une superbe direction d’acteurs. Quelques scènes, notamment avec les retrouvailles de Yip Man et de Gong Er au pavillon d’or, conjuguent esthétisme, nostalgie, sentiments suggérés et jeu d’acteurs tout en    nuances pour faire de ce film l’un des plus beaux sortis cette année.

Ouvoir.ca

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